Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.
Utiliser la firme Beethoven aurait sûrement voué à l’échec toute nouvelle production hollywoodienne. Le Saint-bernard préféré des gosses ne fait plus recette. Alors les producteurs se creusent la tête et nous dégote un concept qui pourrait tenir la route : voir l’évolution par étapes d’un couple à travers la vie d’un gentil toutou. On espère un temps assister à une petite satire sociale du mode de vie à l’américaine. C’était sans compter sur la médiocrité de David Frankel, réalisateur de quelques épisodes de Sex and the City et du Diable s’habille en Prada.

Ce mec a une sorte de fascination agaçante pour le petit WASP américain friqué. Il veut nous faire gober que la vie du couple de Jenny et John est un modèle de banalité. Vous en connaissez beaucoup vous des vies banales où le mari se torture l’esprit car il voudrait être journaliste et que « Monsieur » n’est que chroniqueur vedette ? Vous en connaissez beaucoup des vies banales où le dilemme est de savoir s’il est possible d’être augmenter pour avoir une maison avec piscine et que le patron accepte en 30 secondes ?
Tout le sujet du film repose sur un chien, Marley, maillon fort de la vie familiale. Le réalisateur a du être profondément marqué par le décès d’un de ses molosses car il nous trace un itinéraire linéaire, attendu et longuet de la vie- et la mort- du labrador. Pis, Marley & moi illustre toutes les caricatures de la vie en couple : le mariage, le bonheur, les enfants, les difficultés avec la vie professionnelle, les amis conseillés, le patron paternaliste. Pas de cynisme, pas de second degré, tout est gentillet, lissé et usé. Le long-métrage se veut optimiste.
L’optimiste était aussi de mise pour espérer voir Jennifer Aniston dégotter un semblant de jeu d’actrice. Je n’ai jamais compris pourquoi cette femme, à l’instar d’Eva Longoria, suscitait autant d’admiration. Une filmographie à peine meilleure que Chuck Norris et ça encaisse des millions… Pas besoin de tenter une analyse esthétique du film, c’est un encéphalogramme artistique plat. Marley & Moi remplit son rôle de divertissement facile pour public très peu exigeant. Le bonheur, c’est chiant !