Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.

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Le très attendu nouveau Michael Mann met en vedette John Dillinger, ancien ennemi public numéro 1. Malgré les talents de ses acteurs, une déception très surprenante.
La France a eu son gangster fétiche : Mesrine. Le dytique cinématographique sorti il y a quelques mois nous permet d’établir un parallèle avec Public Enemies, de Michael Mann. John Dillinger, gangster des années 30, ressemble à plus d’un titre au bandit français récemment incarné par Vincent Cassel. Tout deux eurent le titre d’ennemis public n°1 avec les flics à leurs trousses. C’est une course contre la mort que Mesrine/Dillinger enclenchent. On connait la fin, mais tout le défi des réalisateurs revient à nous tenir en haleine. Leur popularité, leurs charismes en font des icônes de leur temps, renforcé après leur mort.
La comparaison s’arrête là. Mesrine s’apparente à la nouvelle coqueluche de l’univers gangsta-rap à l’instar de
Tony Montana. Dillinger, propre sur lui et loyal, ferait plus penser à un Corleone. Seulement, Mann, pourtant expert dans le traitement psychologique de ses personnages (Collateral, Heat, Ali) vide tous les protagonistes de leur essence. Les scènes de courses poursuites et de fusillades se multiplient ; les scènes intimistes restent rares. Et ces quelques moments demeurent bien décevants. Marion Cotillard n’est vraiment pas la grande actrice qu’Hollywood voudrait fabriquer. Christian Bale, trop sobre, ne tient que le rôle du gentil flic malin. La seule confrontation Deep/ Bale n’a aucunement la classe ni la complexité du tandem De Niro/ Pacino. Impossible de s’attacher aux personnages.
Tout n’est pas mauvais. Avec la HD, Michael Mann attaque le film sous l’ange d’un objet contemporain et refuse le film d’époque. Les scènes de nuit, comme d’habitude chez lui, offrent un joli rendu. On se surprend même à admirer un couloir sombre ou les passages dans le cinéma. La mise en abyme avec l’ennemi public n°1 qu’est Clark Gable renforce l’aspect hagiographique d’un gangster populaire. Il vit au milieu de tous, ose même se trimballer dans les bureaux du FBI.
Dillinger en bête traquée aurait quand même mérité plus de tension, moins de mitraillettes. La lecture rapide des évènements empêche le scénario d’offrir de bons dialogues, où chaque personnage débite son texte avec peu d’entrain. Même le charisme de Johnny Deep n’y suffit pas. Un semi-échec sauvé par une fin très soignée, rappelant un certain Heat.
Public Enemies, de Michael Mann, avec Johnny Deep, Christian Bale, Marion Cotillard (U.S.A., 2h13, 2009)
La bande-annonce de Public enemies ci-dessous: