Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.

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Il est des succès inexplicables, de faux films générationnels, des attentats à l’art cinématographique. LOL en est l’odieux exemple malheureusement fort de 4millions d’entrées dans les salles.
Sophie Marceau a toujours incarné une sorte d’enfant gâté du cinéma, faussement perturbée dans la Boum, film générationnel un poil réac’. D’enfant-roi du cinéma, la voilà maman bobo-chiante parisienne à travers le personnage d’Anne. Dure la vie de mère, surtout quand on a une adolescente de 14 ans, Lola (Christa Teret), avec qui le dialogue est rompu. Le papa s’est barré et la nouvelle vie d’Anne est un mix de sévérité peu crédible et de bédos entres amis mal assumés.
Là, on se dit, « cool, Lisa Azuelos (la réalisatrice) va nous montrer une satire profonde et marrante de l’âge ingrat et de leurs « darons », comme ils diraient. » Sauf que sous couvert de modernisme Msn, textos et de « lol » à tout va, Azuelos nous inflige un vieux cinéma à la trame classique. On a le sentiment d’avoir déjà subit une telle comédie cent fois les jours fériés à la télévision. Cette impression est d’ailleurs assez fausse puisque LOL est encore pire.
La Boum/ LOL, même combat ; le téléphone fixe est devenu portable, la « teuf » est devenue un concert. Sur le reste, pas de changements : c’est un message bien pensant voulant montrer les parents comme ayant eux aussi leurs problèmes, un long-métrage plein de bons sentiments disant qu’il faut savoir sévir avec les enfants. Marceau est une fausse mère cool, le bédo cache la déprime, le journal intime est lu par malveillance. Le tout sans la moindre situation loufoque, pas la moindre vanne qui offrirait un rictus au spectateur.
Mais le portrait de la jeunesse est encore plus accablant. Les mecs ressemblent tous aux B.B. Brunes avec leur coupe improbable de petits bourgeois parisien. Tous sont beaux, pas le moindre bouton d’acné, tous ont une réflexion sur la vie ridicule. Il y a le mec de Lola, qui « chante trop bien » du Oasis mais qui doit faire face à un père autoritaire. Tous les clichés nous sont servis : voyage en Angleterre où en petit souvenir on achète une guitare, déprime entre copines au portable, fiesta dans le grand appartement du XVIème arrondissement. Aucune diversité, tous filiformes, à la pointe de la mode tendance printemps/été 2008. Contrairement à Riad Sattouf et ses Beaux gosses qui dressent un portrait intemporel de la jeunesse et ce, quelques soit le style vestimentaire ou capillaire, Azuelos veut nous faire gober que la jeunesse d’aujourd’hui est spéciale. Pas de gros, pas de punk, pas d’immigrés et des profs vraiment pas cool.
Le tout aurait pu être drôle si le film avait été poussé dans les retranchements du second degré, mais il n’en est rien. Au milieu de ce torrent de médiocrité, signalons le rayon de soleil qui soulage : Alexandre Astier. Le roi Arthur de Kaamelot arrive dans ses rares scènes à délivrer une once de vraisemblance. Il aurait pu être le maillon de cohérence manquant, avec ce jeu façon Alain Chabat de la blague qui fait sourire accompagné du regard ou du petit geste cristallisant toute une sincérité cachée. Seulement, la réalisatrice préfère le cantonner au rôle secondaire du père pas très présent qui se retape quand même « maman ». Tout ça pour ça… Pas de quoi rire.
LOL, de Lisa Azuelos, avec Sophie Marceau, Christa Teret, Alexandre Astier (Fra., 1h47, 2008)
La bande-annonce de LOL ci-dessous :