Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.
Grâce à Daniel Craig, la saga James Bond a retrouvée un second souffle. Cet anglais musclé sortait du cadre très BCBG des Roger Moore et consorts. James Bond devient sensible, vulnérable et ne garde pas toujours le calme british nécessaire. Quantum of Solace est la suite directe de Casino Royale, où nous retrouvons notre Bond meurtri par la mort de sa bien-aimée Vesper. Une suite directe, c’est déjà un évènement en soi. C’est d’ailleurs le principal argument de vente du film : découvrir qui se cache derrière les gens qui ont poussé la belle à trahir l’espion.
Le réalisateur Marc Forster ne lésine pas sur les moyens. Grosses bagnoles (presque toutes des Alfa qui se fait au passage une pub dingue), cascades, bastons, du James Bond quoi… Les choses s’enchainent les unes après les autres, la James Bond girl Olga Kurylenko apparaît pour adoucir le tout. Sauf qu’à force de tirer sur l’aspect spectaculaire, on tourne en rond. L’ambition de créer une certaine profondeur ne tient pas le choc face aux autres productions d’espionnage moderne, en particulier la saga de la Vengeance dans la peau. Les gadgets sont moins présents mais les neurones n’ont pas besoin d’être plus nombreux.
Heureusement, il y a Daniel Craig. A lui seul, par sa présence, son regard et son jeu, il tient en haleine le spectateur. Pour la première fois de la saga, Bond est lâché par ses supérieurs. Toute la faiblesse et la vigueur du personnage s’en retrouvent décuplées. Le héros la joue solo, l’acteur aussi. Le personnage est tellement central que les seconds rôles sont encore plus vidés qu’à l’accoutumée. La James Bond girl est aisément oubliable. Le français Mathieu Almaric pour une fois rate le coche. A être le grand méchant loup aux yeux globuleux, son rôle est trop parodique, peu surprenant.
Au final, c’est un James Bond un peu spécial qui nous est livré. On passe d’une curiosité scénaristique à un certain ennui. James Bond est tout de même sur la bonne voie, il aura fallu attendre 40 ans. En tout cas, en devenant l’épisode le plus rentable de la saga, les producteurs vont sûrement faire pression sur Daniel Craig pour qu’il accepte d’endosser le rôle une nouvelle fois.