Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.
La jeune réalisatrice Tatia Rosenthal s’est lancée un ambitieux défi. En dépit d’un petit budget de premier long-métrage, la jeune femme s’inspire de nouvelles d’Edgar Keret, célèbre écrivain israélien. Le but, donner une leçon de vie, dénoncer un monde contemporain dénué de sens.
La bande-annonce est alléchante et la réalisation de ces petits personnages en pâte à modeler dynamise un sujet bien intellectuel. Le parti prit esthétique permet également de laisser libre court aux loufoqueries du film : SDF décédé qui revient hanter les vivants sous forme d’ange malpoli, petits êtres lilliputiens aux allures d’étudiants « sexe, drogue & rock’n’roll ». Le tout est relativement réussi. Il est néanmoins difficile de sortir de l’aspect miniaturisé. Conséquence : l’univers a du mal à se mettre en place. L’obstacle de l’animation empêche de s’attacher aux protagonistes. Pis, le coté film chorale où s’emboitent divers histoires entres voisins de paliers vide quelques peu la psychologie des personnages.
On aimera quand même le petit garçon qui fait de son cochon-tirelire son joujou préféré, offrant une jolie vision de l’enfance dénuée de la valeur de l’argent. On s’attachera aussi à ce petit vieux, un peu naïf et croyant (les deux vont-il ensemble ?) qui se fait squatter son appartement par l’ange-SDF. En revanche, le coup du père de famille qui a raté sa vie ou celui du jeune amoureux prêt à tout sacrifier ne convainc pas. Le sens de la vie pour 9,99$ surprend parfois, ennui souvent. Un joli essai un peu plat.
Le sens de la vie pour 9,99$, de Tatia Rosenthal avec les voix de Geoffrey Rush, Anthony LaPlagia (Aus./ Isr., 1h18, 2008)