Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.

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Introspection dans l’enfer de l’Irak à travers l’histoire d’une équipe de choc. Leur rôle : désamorcer les bombes susceptibles d’accentuer encore un peu plus le chaos dans un pays au bord du gouffre.
La violence du quotidien se voit illustrée dans son apparat le plus insupportable. Démineurs suit le périple répétitif de 3 membres experts en désamorçages. Comme Kubrick construisait son Vietnam à travers les pans anguleux de bâtisses embusquées, Katryn Bigelow (Point Break, Aux frontières de l’aube) fabrique son Irak grâce à l’âpreté du climat et de ses ruines. Chaque plan illustre la suspicion et la prudence des soldats inquiets pour leur vie. Impossible pour eux de travailler sereinement. D’une part car leur travail exige une maitrise infaillible, d’autre part car ces américains savent qu’ils violent constamment un territoire hostile.
Par scènes-trop répétitives-, Bigelow fait monter la tension quand au sort des marines. L’ouverture ressemble à la majesté dramatique d’un opéra où l’on devine que quelque chose va se passer. La réalisatrice adopte un style très tendance : caméra au poing, image granuleuse, effet faux reportage. Somptueux. Mais ce coup de maître a pour conséquence d’affadir le reste. Bien sûr, le but est de montrer un quotidien, d’éprouver la peur de la mort à chaque coin de rue. Mais au bout de la troisième bombe déminée, on a compris. Bigelow s’essaie alors au psychologique. Véritable point faible de ce Démineurs, les scènes blablatées se perdent comme dans les tempêtes de sables irakiennes. On arrive tout de même à saisir un certain mode de vie pour le soldat, sa brutalité apparente cachant une fêlure morale. Particulièrement touchant quand la tête brulée William James (Jeremy Renner) craque sous la douche. Réussi aussi cette embuscade dans le désert. On a l’occasion, le temps d’une scène, d’apprécier le jeu de Ralph Fiennes.
En revanche, la fin laisse plus à désirer. Sous couvert d’un constat fataliste, Bigelow a du mal à trouver son dernier plan. On tourne en rond. La présence à l’écran d’Evangeline Lilly est des plus anecdotiques. Seul certitude : avec cette guerre, les américains sont dans un sacré merdier. Mais ça, on le savait depuis longtemps déjà.
Démineurs, de Katryn Bigelow, avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraghty (U.S.A., 2h04, 2008)
la bande-annonce de Démineurs ci-dessous :