Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.
Robert De Niro et Al Pacino avaient partagé l’affiche de l’incroyable Heat en 1995. Avec ce film de Michael Mann, on sentait que les deux plus grands acteurs du monde, par leur prestance, leur magnétisme, avaient élevé ce polar au rang de chef-d’œuvre. Or, en 1995, Pacino et De Niro étaient au top. Aujourd’hui, leur filmographie récente est plutôt inégale. Si le premier arrive encore à se montrer à l’écran dans quelques très bons long-métrages (Influences, Simone, Insomnia), De Niro n’a enchainé que de piètres apparitions. Son dernier grand rôle devant être sans doute dans Jacky Brown en… 1998 !

La loi et l’ordre de Jon Avnet est une sorte de torchon indigne de ces deux grands. Voici une série B policière, où suspicion et paranoïa règne au sein d’un groupe de police. Le fantasme de tout cinéaste était de faire jouer le duo ensemble, et non plus de les mettre face à face comme dans Heat ni de les séparer temporellement comme dans le Parrain II. Seulement voilà, à trop fantasmer, on est déçu du résultat. Le scénario n’est ici qu’un néant aux rebondissements téléphonés. Pourtant, la première scène est alléchante avec cette séance de tirs sur cible. Les fans sont tout ouï à se régaler.
Seulement, quand un metteur en scène ne sait pas s’y prendre, le temps est long. Les seconds rôles sont plus que fantomatiques : 50 Cents se retrouve paraitre moins bad-boy au cinéma qu’en réalité et Donnie Wahlberg fait pâle figure par rapport à son interprétation de flic paumé dans la série Boomtown. Rien n’éveille le moindre éclair de génie chez ce cinéaste de seconde zone. L’avenir pourrait être plus brillant pour les deux new-yorkais. Pacino sera monarque en étant tour à tour Napoléon, le roi Hérode et le roi Lear. Mieux encore, De Niro retrouvera prochainement Michael Mann et surtout un certain Martin Scorcese… On a hâte.
La loi et l’ordre, de Jon Arvnet avec Robert de Niro, Al Pacino (U.S.A., 1h40, 2008)
La bande-annonce ci-dessous: