Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.
Woody Allen, c’est une sorte de Marivaux cool du XXème siècle. Un cinéaste hors pair qui a acquit tellement de respect en 40 ans de carrière que personne n’oserai dire que le new-yorkais est un mauvais cinéaste. Même lorsqu’il sort des films moyens, la critique ne se fait qu’à demi-mot. 2008 aurait dû être l’année de son grand retour au plus haut niveau avec Vicky Cristina Barcelona. C’est l’histoire de deux amies, l’une libertine et indécise (Scarlett Johansson), l’autre plus sérieuse, plus amoureuse, plus banale (Rebecca Hall). Au milieu de ce duo, un trio, un quarto même avec Antonio (Javier Bardem), peintre espagnol beau gosse, et son ex-femme hystérique jouée par Pénélope Cruz.
A partir de là, Woody Allen, obsédé sexuel comme chacun le sait, explore toutes les possibilités amoureuses
possibles. Une sorte de soap-cinéma stylé qui voudrait emprunter à Marivaux son goût pour les histoires cocasses et alambiquées. Seulement voilà, si Allen arrive toujours à nous servir de savoureux dialogues, on sent qu’il cherche à intellectualiser son sujet vainement. Quoi de mieux que de faire de Cristina une apprentie photographe pour nous dénicher quelques beaux clichés ibériques. A trop vouloir rendre normal les jeux de l’amour et de la tromperie, V.K.B. plonge dans un faux rythme. Une mollesse tout juste pimentée par la délicieuse Pénélope Cruz, impeccable en ex-femme suicidaire, dingue et chargée d’hormones. Le reste n’est que suggestion pataude. Même la scène de baisée entre Scarlett et Pénélope, censée être un moment de délicatesse féminine et de fantasme absolu pour tout homme (en tout cas, c’est ainsi que nous est vendu le film), est d’une banalité sans nom ! Parait-il que Woody n’a pas filmé cette scène, qu’il était chez le médecin. Ceci expliquerai t-il cela ?
A certains de dire que Vicky Cristina Barcelona est l’un des plus grand long-métrage de Allen, occultant d’un coup d’un seul les sublimes Hannah et ses Sœurs, Manhattan ou plus récemment Match Point. Ce dernier apparaît dès lors comme un espoir déçu de voir le petit génie à lunette gagner en noirceur et pessimisme.