Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.
On se souvient des sorties humoristiques des Deschiens sur Canal. Peut-être avez-vous eu la chance de voir Jérôme Deschamps et sa troupe un jour sur scène. Si c’est le cas, vous avez sûrement encore quelques crampes au diaphragme d’avoir ri inlassablement. Alors lorsqu’on apprend que ce même Jérôme Deschamps, toujours aidé de sa femme Macha Makeieff et de Pascal Hérold, va s’en prendre au cas du chat Botté, on ne peut que saliver.
Seulement, il semblerait que la joyeuse bande est oubliée son humour quelque part dans un placard. Bien loin de l’humour corrosif de Shrek qui avait rajeuni le sarcastique chat, La véritable histoire du chat botté déçoit énormément. Tout d’abord sur le fond. Certes, le conte de Perrault est assez fidèlement retranscrit mais cela se fait au détriment de toute créativité. Alors qu’un conte lisse volontairement certains détails de l’histoire, la version 3D en caricature les évènements. Les dialogues sont plats, sans entrains, ultra-téléphoné et avec très peu d’humour. La gestuelle et les voix accentuées des personnages aggravent la chose, le chat botté en tête. Le meunier pour sa part garde un air niais tout le long, se laissant guidé par le félin et finalement n’attire aucune sympathie. Quelques personnages secondaires s’en tirent mieux. La reine, doublée par Yolande Moreau, crée un semblant de désinvolture, l’ogre pas gentil, sans être totalement méchant, impose une présence à l’écran. Son petit cuistot à l’accent magrébin apporte une touche parodique intéressante.
Si on n’attendait pas une critique sociale profonde dans ce film pour enfants, on aurait aimé éviter que La véritable histoire…se limite aux gamins de 4 ans. Le plus mauvais est à mettre au compte des passages chantés/dansés. Quand Disney faisait ces niaiseries, le géant américain savait le distiller à bonne escient, y ajoutant une touche poétique et drôle. Ici, seul les arrangements signés Moriarty accompagnent les décors pour offrir une ambiance de conte à l’ensemble. Ces efforts sont immédiatement soufflés par des chorégraphies rigides alliées à un chant parfois faux.
La véritable histoire du chat botté est le premier raté des créateurs des Deschiens. On préfèrera oublier cet écart tant ils sont d’habitude géniaux. On aimerait apprécier le film, mais même avec toute la bonne volonté du monde, c’est impossible. Vivement qu’ils remontent sur scène, afin de rire encore et toujours…