Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.

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Une histoire d'anticipation gênante dans un monde peuplé d’Aliens. Sauf qu’ici, la bestialité ne vient pas des extraterrestres, mais des Hommes.
Forcément, quand votre film voit sa couverture médiatique arborée du nom de Peter Jackson, le buzz est immédiat. Une production du réalisateur du Seigneur des Anneaux et de King-Kong, ne pouvions nous pas craindre la sortie d’un blockbuster bête et blindé d’effets spéciaux inutiles ? C’était trop se méfier. District 9 est la première réalisation du sud-africain Neil Blomkamp, publicitaire reconnu pour ses spots de Citroën se transformant en robots. Le style de mise en scène retient d’abord l’attention. Le film commence comme un documentaire, témoignages devant caméras, rushes sur le terrains, avec les aléas que cela comporte.
L’ambiance, sombre, plonge le spectateur dans une Afrique du Sud polluée, sauvage et violente. Au dessus de Johannesburg, un vaisseau extra terrestre. Sauf que contrairement à tous les films sur le sujet, les Aliens ne sont pas les monstres dangereux d’un Independance Day aux fibres patriotiques à peines voilées. Pour une fois, les américains ne sont pas les sauveurs tant espérés. On le sait, prendre le contre pied de ce genre de scénario est risqué au box-office. Le déganté Mars Attack de Tim Burton l’illustre. Dans District 9, Blomkamp met en scène ces créatures venues d’ailleurs parquées dans un camp de réfugiés. On devine que c’est l’instinct de survie qui a d’abord amené les Hommes à agir ainsi. Sauf que quand on apprend que la situation dure depuis 28 ans, que les « crevettes »- le surnom péjoratif des extraterrestres- ne peuvent pas se mêler au reste de la population, on pense au douloureux passé de l’Apartheid. La volonté du réalisateur est claire : montrer que la bestialité humaine et leur paranoïa sécuritaire existe toujours. Blomkamp l’avoue lui-même : l’Afrique du Sud qu’il filme n’est pas si surréaliste, une jungle avec des buildings dont le cœur dégouline d’intolérance et d’égoïsme.
Les « crevettes » y sont traités comme des terroristes, sans chercher à comprendre la différence culturelle. A cette égard, District 9 est un vrai choc pour le spectateur. Face aux pressions, les institutions décident d’évacuer ces « étrangers » le plus loin possible des habitants de Johannesburg. Là s’enclenche la deuxième partie du film, centrée sur le personnage Wikus van der Merwe. Malgré quelques longueurs, les péripéties de cet employé à priori un peu simplet tiennent la route. On regrettera un peu le final trop « Transformers » et chasse à l’Homme sous le feu d’explosions pour ne retenir que l’aspect dénonciateur de ce film. Saluons une nouvelle fois le travail de la WETA pour ses effets spéciaux. Après avoir donné vie à Gollum et King-Kong, ils parviennent à nous attendrir envers ces extraterrestres au physique repoussant. Un film sanglant aussi bien moralement que physiquement- un aspect série B plutôt sympa pour les adeptes. Et une grande première où on veut que les Aliens survivent à ce « choc des civilisations ». La SF en sort grandie.
District 9, de Neil Blomkamp, avec Sharlto Copley, David James (II), Jason Cope (U.S.A., Nouvelle-Zélande, 1h50, 2009)
La bande-annonce de District 9 ci-dessous :