Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.
Un bouche à oreille favorable, des Oscars © et des scandales, voilà qui résume la carrière du dernier film de Danny Boyle. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose.
Soyons clair. Bollywood produit l’un des pires cinémas de la planète : danses ridicules, musiques horribles, clichés sur l’amour, il n’y a vraiment pas de quoi crier au génie. Alors quand Danny Boyle, faux grand réalisateur (hormis Trainspotting, et encore. Et puis, souvenez-vous qu’il est responsable de l’infâme La Plage.) se plonge dans la vie indienne, sur fond de Bollywood, les dégâts sont considérables.
Alors bien sûr, l’histoire plait. Jamal, jeune issu des bidonvilles, réalise l’exploit de répondre juste à toutes les questions de Qui Veut Gagner des millions (version indienne). Suspicion. Il se retrouve à devoir justifier sa performance auprès de la police. On découvre alors que chaque réponse découle de sa vie, de son périple. Et là, Boyle nous assène un cinéma manichéen. Le méchant policier, balourd et bête et son chef, plus sympa, compréhensif. Idem dans le contage de la vie de Jamal : un frère paternel et voyou, une jeune belle femme, Latika, vierge, douce et martyrisée. Que c’est facile !
Histoire de donner une impression de maitrise cinématographique, le réalisateur filme façon MTV. Plans de coupes rapides, caméra à l’épaule, filtré avec du jaune. On accentue les ombres, on met une musique bling-bling, un plan de travers (ça fait film indépendant) et hop ! tout le monde s’extasie. Sauf que Boyle ne fait que cacher la misère d’un fil conducteur qui lasse. Difficile de croire aux péripéties du jeune indien. Pis, Slumdog Millionaire diffuse une image caricaturale et misérabiliste du subcontinent. Des adultes qui exploitent les enfants, pourquoi pas. Pourquoi occulter que les plus défavorisés sont les gens vivant dans la rue, couchant sur les trottoirs de Mumbai ? Mais pourquoi ne pas montrer aussi la solidarité au sein du bidonville, avec son système éducatif (modeste, mais bon) ? Pourquoi ne pas montrer un peu de positif malgré la misère, des sourires comme le ils savent si bien nous offrir ? Tout simplement parce que, sans argent, point de Salut. Danny Boyle est à ce point obnubilé par le fric qu’il pense qu’il fait le bonheur. Ajoutez une belle femme éprise de vous, la belle vie.

Vraie polémique
Pendant ce temps, d’autres crèvent de faim. On s’en tape, le héros arrive à ses fins. Aucune solidarité, aucun partage. Boyle retranscrit sur l’Inde le modèle de l’american way of life. Preuve qu’il n’a rien compris. A l’heure où le pays de Gandhi achève sa mue économique, nombres de ses habitants se sont élevés contre ce film injurieux. Boyle ne décrit aucunement les problèmes internes du pays, il ne fait qu’émettre une fausse vision. Facile après de jouer les bons samaritains quand il faut reloger la petite fille interprète de Latika car son bidonville de Dharavi est détruit. Pendant ce temps, des milliers de personnes n’ont plus de toits. Danny passe pour un héros, sans avoir rien fait. Décidemment, après Susan, les Boyle auront vraiment pourri notre année 2009.
Slumdog Millionaire, de Danny Boyle, avec Dev Patel, Mia Drake, Freida Pinto (U.S.A., Brit., 2h00, 2008)
La Bande-annonce de Slumdog Millionaire ci-dessous: