Qu'ils viennent de sortir en salles ou qu'ils fassent partie de la légende, tous les films risquent un jour de passer à la moulinette de l'incorruptible critique de ce blog.
Avec sa dégaine de Kurt Cobain, le cheveu crade et l’appart’ en bordel, Chris Waitt n’en fini pas de se faire larguer. Trentenaire au ventre bedonnant, le voilà qui se confesse devant sa caméra. Son but : aller voir ses ex-copines afin de comprendre d’où viennent ses échecs. Le garçon semble vraiment à l’Ouest et se lance dans le périple comme s’il allait faire les courses. Or, les choses ne sont évidemment pas si simples et la rancœur des filles rend la tâche plus compliquée.
L’expérience s’avère même particulièrement douloureuses. Raccrochage au nez, aveux devant caméra de défaillances sexuelles, le passé de Chris Waitt en prend un coup ; son moral aussi. Pourtant les situations sont drôles, avec un humour proche de Woddy Allen. La mise en scène burlesque accentue cette impression du looser s’en prenant plein la tronche. A l’aise dans son siège, le spectateur se moquerait presque du mec mauvais amant. Or, le réalisateur est impliqué dans une véritable quête personnelle pour tenter de changer.
Son personnage est tellement loufoque (comme dans cette scène où il entonne une chanson trash sur l’impuissance sexuelle devant la psy) qu’on doute de la véracité des faits. Si le réalisateur insiste pour dire que rien n’est bidonné, on pense tout de même qu’il force le trait. Un documentaire finalement concluant pour tout le monde. Le spectateur en sort amusé et compatissant. Quant à Chris, il va mieux puisqu’il a rencontré son actuelle compagne sur le tournage -il nous montre d’ailleurs leur début de relation à l’écran. Plus efficace que Confession intime !
Toute l’histoire de mes échecs sexuels, de Chris Waitt avec lui-même, Alexandra Boyarskaya, Danielle McLeod (U.K., 1h33, 2008)