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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 12:49

En roue libre

 

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Plus proche du film de braquage que du trip à la Pimp My Ride, Fast Five se vit comme une renaissance de la saga. Un plaisir même pas coupable avec en culminance une confrontation de choc entre les deux « Monsieur Muscle » d'Hollywood.

 

On n'avait pas tenu une promesse de confrontation aussi épique depuis Heat de Michael Mann. Adieu les maitres de l'actor-studios, place aux dieux du biceps hollywoodien. A ma gauche, Vin Diesel, un habitué des Fast & Furious, à ma droite, Dwayne Johnson alias The Rock, gloire immortelle du catch. A la différence des débandades The expendables ou Machete, Fast & Furious 5 s'assume et réussit là où tous échouent : le plaisir testostéroné. Une surprise d'autant plus forte que le reste de la saga n'étais guère qu'une enfilade de courses de bagnoles tunées pour beauf en manque de néons violets. Mais justement, plus de tuning. Fast Five (comme il s'appelle aux USA) lorgne vers le film de braquage. On en revient à Heat.

 

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Bien sûr, rien de malicieux à déclarer. Dès la scène d'intro où une caisse défonce un bus, le ton est donné. Pas de subtilité, au diable le réalisme. Justin Lin fait fort. Un saut suicidaire du haut d'un précipice, quelques  poursuites mais surtout pas de courses de bites sur le bitume. La gloire masculine s'exprime par le regard méchant, les muscles bandés et les armes. Vin Diesel/Dom, fugitif avec son pote ancien flic Paul Walker/Brian et sa femme Mia, se confrontent non seulement au plus coriace des flics mais aussi au plus puissant des mafieux de Rio, épicentre de cette nouvelle aventure. Avec en toile de fond les favelas et la corruption galopante, Lin trouve un terrain de jeu pour un braquage fou. Décomplexé plus que jamais, Fast Five bazarde le sérieux d'un Ocean's Eleven en formant une équipe plus fun.

 

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L'occasion de retrouver quelques vieilles connaissances pour une chevauchée fantastique aux moteurs vrombissants. Le tour de force consiste à ne pas mettre de l'action partout en gardant une tension constante. Lin soigne sa mise en scène en alliant dynamisme et lisibilité. A quelques exceptions près, il n'entourloupe personne sur son objectif : défier les lois de la physique. Il faut voir ces voitures béliers défoncer des murs épais, ces tas de muscles déchirer les décors comme aux grands temps de Chuck Norris. Évidemment Fast Five a ce qu'il faut en jolies pépés et en vannes crétines. Mais dès lors que le ticket de cinéma est à vous, c'est comme une autorisation à tout débrancher, surtout son cerveau. L'espèce de surabondance de bons sentiments n'a guère d'importance, à l'image de ce côté famille nombreuse où un bébé va pointer le bout de son nez. Le premier qui n'est pas d'accord se prendra un taquet par Vin. Ouais.

 

Fast & Furious 5, de Justin Lin, avec Vin Diesel, Paul Walker, Dwayne Johnson (U.S.A., 2h10, 2011)

 

La bande-annonce de Fast & Furious 5 :

 


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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 22:49

 

Centurion de l'autre côté de la barrière

 

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Plus proche du western crépusculaire que du péplum, cette fresque raconte surtout les dessous politiques d'un Empire romain stabilisé en apparence mais hésitant avec ses frontières géographiques et morales.

 

Le péplum n'a plus franchement la cote. L'âge des épopées à la Ben Hur ou Jules César s'en est allée et rares sont les studios à s'y risquer. Les chroniques de l'Empire Romain ne touchent plus guère que par la série (Rome, Kaamelott pour la parodie, Spartacus) et de rares échecs commerciaux (le très décevant Centurion, le sous-estimé Le roi Arthur). Avec L'aigle de la neuvième légion, Kevin McDonald reste en partie dans la tradition des péplums récents cités. Il y intègre pourtant une dimension crépusculaire aux brumes évanescentes. Quelques plans vont mêmes jusqu'à évoquer l'immense Guerrier Silencieux de Nicolas Winding Refn. Ne nous y trompons pas, le film de McDonald reste plus inoffensif.

 

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Son exploration des frontières de l'Empire Romain a néanmoins de quoi intriguer. Plutôt que la grandiloquence des combats, il manie les relations de subordination avec finesse. Entre en jeu l'Empire à sa supposée apogée. L'ère d'Hadrien symbolise une forme de stabilité aux frontières fixes et aux institutions stabilisées. Le buste de l'Auguste apparaît comme sage, les liens entres les romains apaisés. Mais en se fixant sur la ligne de tension bretonne, L'aigle de la neuvième légion tord quelque peu le cou à ce raccourci historique. Marcus Aquila, fils d'un centurion évanoui dans la nature lors d'un combat, tente de redorer le blason familial. Si dans les contrées romaines, Esca, son esclave breton lui est soumis, les relations se floutent une fois le mur d'Hadrien passé. Le film interroge sur la notion de domination et sur la perception des rites des autres. Ainsi quand le prince de la tribu ennemie (Tahar Rahim) décrit les romains, il s'offusque de leurs pratiques barbares de mise à mort. L'esclave a le choix de devenir maitre.

 

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Peu spectaculaire et un peu empâté dans son premier segment, le long-métrage gagne en intérêt avec cette histoire d'hommes où la loyauté est mise à mal. Le quête du père disparue, son honneur symbolisé en l'aigle ainsi que la confrontation avec un étranger de l'Empire cachent le véritable enjeu de l'histoire : qui mérite la citoyenneté romaine ? A travers l'hypothétique affranchissement de l'esclave Esca, le vrai débat de cette époque romaine concernait l'intégration ou non des barbares en tant que romain et l'acceptation des affranchis comme citoyens. En effet, à cette époque, les affranchis perdent leur influence sur les chevaliers, privés de la gestion bureaucratique. Le duo Esca/Marcus Aquila se forge d'ailleurs sur la défiance d'un sénateur. Filmant au raz-du-sol, flirtant avec les herbes, McDonald offre des airs de western. Il sauve d'ailleurs des prestations un peu molles et explore mal sa tendance gay pourtant assez évidente.

 

L'aigle de la neuvième légion, de Kevin McDonald, avec Channing Tatum, Jamie Bell, Donald Sutherland (Brit., 1h51, 2011)

 

La bande-annonce de L'aigle de la neuvième légion :

 


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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 11:48

Anna All

 

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Face une vie romanesque passionnante, Mike Mills passe à la réalisation d'un drame romantique. Mais c'est à un autre réalisateur que l'on pense sans cesse.

 

Dans le monde incroyable de Woody Allen, il existe des histoires qu'il n'écrit pas mais qui sont dignes de ses fulgurances créatrices. Dans le cas de Beginners, cela devient d'autant plus troublant que l'intrigue racontée par Mike Mills (clipeur et illustrateur d'albums) est en très grande partie autobiographique. Woody serait-il la Main Invisible qui forge les vies comme des histoires dignes de Manhattan ? Woody serait-il le véritable scénariste de ce Beginners ? Petite musique jazz, voix off informative, un terrain connu pour Allen. Il retournerait chercher l'acteur Ewan McGregor qu'il avait déjà dirigé dans Le rêve de Cassandre. Adepte de la tromperie, il ferait croire à tout le monde que son film fut réalisé par Mike Mills. Et puis, deux films en quelques mois, les gens trouveraient ça louche.

 

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A moins que ça ne soit la théorie inverse. Et si Mike Mills était un « nègre » de Woody Allen ? Si la frénésie productiviste du binoclard new-yorkais venait de la sous-traitance silencieuse de son travail par des hommes de l'ombre, tout s'expliquerait. Car Mills semble avoir du mal à dépasser le maitre. Il y intègre bien un souffle plus jeune, quelque part entre 500 jours ensemble et Garden State. Mais cette histoire (vraie) d'un veuf divorcé faisant son coming-out (Christopher Plummer, génial) ne rappelle t-elle pas lointainement le récent Wathever Works ? Le chien faussement bavard serait-il le subconscient allenien de Mills ? Une chose est sûre, le cinéaste s'en amuse avec grâce. Il filme des instants de vie un tantinet triste pour aller puiser dans la nostalgie d'un homme perdu.

 

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Là arrive la troisième théorie d'un grand complot Woody-allenien. Et si Mike Mills n'était que le fruit des créations du new-yorkais. Une sorte de créature de Frankenstein intellectuelle et névrosée. En d'autres termes, Mike Mills se serait construit en Homme avec comme modèle trop profond l'éternel narrateur de marivaudages modernes. Lui le dessinateur de pochettes d'albums à la créativité vaine, lui l'amoureux transi maladroit, lui qui en soirée déguisée joue un Freud stoïque ne cherche t-il pas une échappatoire au carcan romanesque et taquin de son modèle ? Le regard énamouré pour son père malade en dit long sur la jalousie tendre qu'il porte à un père qu'il préfère sauver que tuer.

 

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Le mutisme des sentiments se traduit par un jeu sensuel dès lors qu'il tombe amoureux d'Anna (sans ses sœurs et sans « H »). Comment s'exprimer sans fard devant la fraicheur du jeu de Mélanie Laurent ? Il trouve la combine en inondant la pellicule de balades urbaines, de musiques folk-jazz, de pensées philosophiques légères sur la condition humaine. Le duo Plummer- Mc Gregor en relation père-fils surréaliste prouve encore une fois tout le bien que l'on pense d'eux. Ils ont chacun cette liberté folle du jeu, un phrasé unique mais toujours un air malin. Pas anodin qu'ils aient tous les deux incarnés Iago dans Othello sur les planches. Alors certes, la copie est moins belle que l'originale, mais Mike Mills semble avoir trouvé un sillon à creuser. Reste qu'on se demande quelle vie parallèle il sera obligé de créer s'il veut à nouveau réaliser.

 

Beginners, de Mike Mills, avec Ewan McGregor, Christopher Plummer, Mélanie Laurent (U.S.A., 1h41, 2011)

 

Sortie le 15 juin

 

La bande-annonce de Beginners :

 


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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:10

Paranormal Poltergeist

 

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La frontière entre la tension et le ridicule est tellement mince qu'une débauche d'effets visuels ou sonores mal dosée provoque l'évanouissement de ladite tension. Cruel destin pour ce Insidious plein de potentiel.

 

Les rires d'une salle de cinéma en disent beaucoup sur l'état d'esprit des spectateurs. Ils traduisent, devant un film d'épouvantes, deux données pas si contradictoires : il y a le  rire moqueur et le rire nerveux, conséquence d'une décompression devant les actes présents à l'écran. L'un va souvent avec l'autre puisque la raillerie cache en général une volonté de ne pas croire aux évènements. Du type : « mais non c'est ridicule, théorie conne que ces fantômes fantoches. Tellement grossier. » Dans ces cas, on peut généralement dire que le film d'horreur s'avère réussi (The Descent, Amytiville, Poltergeist). Dans le cas d'Insidious, la dichotomie s'avère plus ambigüe. Le film lui-même navigue entre deux états clairement définis dans la chronologie.

 

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Un premier temps classique sur une maison flippante où un enfant dans un coma un peu étrange se relèverait la nuit (dixit le petit frère). Le thème passionnant de la peur de perdre sa progéniture passe au second plan face à la découverte d'une maison étrange. On ne se soucie que trop peu du quotidien d'un couple au chevet d'un malade innocent, cloitré dans un lit au même titre que les parents bloqués dans un lieu maudit. Le réalisateur veut faire sursauter plus qu'il ne le faut. Le film change d'angle avec une histoire de limbes et de voyages dans un drôle d'espace-temps. Insidious tombe alors en mode attraction de Disney. On se croirait dans le château hanté avec sa mariée défunte, ses lustres sombres et sa valse mortuaire. Lieu où un Dark Maul alternatif aurait trouvé refuge, cloitré dans un antre digne des bric-à-bracs du MicMac à Tirelarigot de Jean-Pierre Jeunet. Le long-métrage devient presque ludique, amusant. Les rires nerveux possibles des débuts cèdent leur place à des rires amusés. Comme pour se dire que la farce est trop grosse.

 

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Pourtant, James Wan (auteur du premier Saw, producteur des suites) aurait pu réussir son pari s'il n'avait pas tant appuyé tous les effets. Rien n'échappe à la surenchère sonore (insupportable) et visuelles (flashback, mouvements de caméra en trop). Le clivage d'un début qui ne montre rien, tel un Paranormal Activity au montage plus classique fait ensuite étalage d'un trop pleins d'effets. Les égarements comiques (censés procurer la dose de rires de décontraction entre les rires nerveux) avec un duo d'éberlués façon Ghostbuster ne remplissent du coup plus trop leur rôle. Ils accentuent de fait l'aspect farce et desservent une intention plus louable. Insidious tente le mélange des ambiances horrifiques, allant même jusqu'à lorgner vers les photos de fantômes façon Project Zero. Un manque d'identité fatale.

 

Insidious, de James Wan, avec Patrick Wilson, Rose Byrne, Ty Simpkins (U.S.A., 1h41, 2011)

 

Sortie le 15 juin

 

La bande-annonce de Insidious :

 


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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 14:28

Il faut sauver le soldat Stevens

 

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SF maligne sur le thème des bonds dans le temps, le second film du fils Bowie s'en tire par une maitrise scénaristique et un final humaniste assez touchant.

 

Les joies des lois de la distribution en salle nous privèrent du premier film de Duncan Jones : l'excellent Moon. Son prix à Gerardmer et sa sortie récente en dvd en font pourtant déjà un film culte. Un an plus tard, l'affront envers le fils Bowie est en partie réparé. Son second film, Source Code bénéficie d'une assez bonne exposition en salle. Si l'on cite souvent Aronofsky, Nolan et autre Snyder comme le nouveau « nouvel Hollywood », il serait de bon ton d'ajouter Duncan Jones. Encore un peu maladroit par moment, dans un script ambitieux, le cinéaste fait preuve d'un sens de la tension hors-norme.

 

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Souvent comparé à Inception, on pense néanmoins plus à Un jour sans fin ou à Déjà-vu. L'histoire d'un soldat américain, Colter Stevens, qui se réveille dans un train. Il ne reconnaît personne, n'a pas la même identité et huit minutes plus tard, tout le monde fini en miettes par l'explosion des convois. Très vite, Colter découvre qu'il doit rétablir en huit minutes le mystère de cet attentat. Un peu long au démarrage, le cadre restreint du train et l'obligation de résoudre une énigme opaque créent une tension palpable. Si l'enjeu linéaire se résout un quart d'heure avant la fin, c'est que Source Code a en fait un second enjeu, plus fort. Celui de comprendre ce qu'est devenu le soldat Colter Stevens. La réponse se trouve quelque part dans le rôle même du « source code ». Une SF malicieuse, pas trop explicative noue l'intrigue entre perte de repères et explications suffisantes. Duncan Jones se fait la main, en attendant un œuvre plus majeure, aussi personnelle que Moon mais avec plus d'écho.

 

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Il s'entoure pour cela d'un casting sobre mais efficace dont le beau gosse Jake Gyllenhaal tient la dragée haute, aidé par Michelle Monaghan et Vera Farmina – un peu moins par le cabotin Jeffrey Wright. Le film tient sur ce regard méfiant envers les passagers, l'acuité de démêler un sac de nœud au compte à rebours obsessionnel. Source Code joue de l'emphase finale pour incarner d'autant plus l'aspect humain d'une histoire jusque là très mécanique. A travers une morale dont on taira les finalités, Source Code s'amorce comme une réflexion sur la dignité de mourir, de vivre et de rêver. Elle égratigne de loin le jusque-au-boutisme de la lutte anti-terroriste. Le résultat, aussi futile soit-il, atteint une jolie émotion humaniste.

 

Source Code, de Duncan Jones, avec Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan, Vera Farmina (U.S.A., Fra., 1h33, 2011)

 

La bande-annonce de Source Code :

 


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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 15:49

Faux semblants

 

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Que faire d'une petite fille qui se fait passer pour un garçon ? La regarder. C'est ce que propose à merveille Tomboy. Jamais il ne théorise le trouble sexuel. D'ailleurs, s'agit-il vraiment d'un trouble ?

 

Attention miracle ! Voici un film sans famille qui se déchire, sans sur-interprétation dramatique, sans sanglots inutiles ou tout autres apparats trop souvent présents dans le cinéma français. Tomboy est un film qui agacerait bien des donneurs de leçon sur la dramaturgie. Le second film de Céline Sciamma (après le joli La Naissance des Pieuvres) parie sur un mensonge. Celui de Laure, coupe à la garçonne, tenue asexuée, qui se fait passer pour un garçon. Le déterminisme social se fait par le regard extérieur. Au début, le spectateur croit voir un jeune garçon initié à la conduite par un père tendre. Très vite, il découvre le subterfuge et demeure presque le seul à connaître le caractère féminin de l'héroïne. Visage androgyne troublant, Laure ne peut pas être une fille et se fringuer ainsi aux yeux du monde. Sciamma n'y voit rien de négatif, elle préfère le terme Tomboy à sa traduction « garçon manqué », trop péjoratif. Laura a le droit d'être Michael.

 

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S'enclenche tout un questionnement sur l'identité sexuelle, sur le travestissement. Habituellement, ce trouble s'illustre à l'âge adulte. Par la bouffonnerie douce de Tootsie ou Madame Doubtfire, parfois sous l'angle infiniment plus sensuel (Victor/Victoria, Talons Aiguilles et bien sûr Boy's Don't Cry). Les héros de Tomboy ne dépassent pas treize ans. Tout se passe à hauteur d'enfant. La mise en scène ajuste cette grandiloquence du jeu avec une fluidité remarquable. Filmé en un petit mois avec le fameux 5D tant à la mode, ce conte puise dans la fausse innocence. Les mômes comprennent tout. Trop peu cruels pour être vrai, ils saisissent les tenants et aboutissants de leurs actes, mentent comme des pros. A l'image de la petite sœur Jeanne, impliquée progressivement dans le mensonge.

 

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Précis et finement écrit, le film détonne par sa liberté de ton. La direction d'acteur fascine de justesse. Si Tomboy touche autant, ça n'est pas tant par la question du déterminisme sexuel. Encore que, quand Laure, devenue pour nous Michael depuis longtemps, revêtit de force une robe, quelque chose ne colle pas. On a envie de crier « filez-lui un pénis et foutez-lui la paix. Cette môme est un mec, une fille, peu importe ». Donc, si l'histoire de Laure fascine, c'est surtout par le quotidien d'une famille qui nous ressemble. Aucune caricature de bourgeois citadin ou de paysan beauf, les parents vivent dans une maison, le père travaille, la mère attend une nouvelle tête blondes. Pas de drame à l'horizon, notre attention est captivée par les péripéties de Laure/Michael. Tant d'éléments renvoient à nos expériences personnelles : s'adapter à un déménagement et se redéfinir par rapport aux autres, jouer avec sa sœur dans le bain, entendre les adultes régler les problèmes dans une pièce, être contraint d'attendre à côté.

 

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L'épure relative veut à la fois une absence quasi-totale de musique et une lumière naturaliste. Il n'empêche que la poésie se dévoile. L'économie de moyens rappelle la créativité d'enfants prêt à s'amuser avec n'importe quoi. Comme lorsque que Michael se crée un pénis en pâte à modeler. Le problème de paraître jusqu'au bout un garçon façonne une vraie tension au récit. On devine que Laure se fera capter, mais comment et pourquoi ? Comment ne pas pisser debout, peut-il oser enlever son tee-shirt et cracher comme un mec, peut-il embrasser une fille ? Céline Sciamma évacue l'adulte là où Romain Goupil tombait dans ce travers. Son film Les mains en l'air s'épuisait inutilement à encarter ses bambins dans un moule social trop étouffant. La liberté de Tomboy se caractérise par le petit bois du quartier, zone de liberté où le grillage ne sert plus de barrière. On pourrait disserter des heures des sens cachés de cet objet délicat. Le mieux reste encore de le vivre, de le ressentir et de voir que l'on tient l'un des plus beaux films français de l'année.

 

Tomboy, de Céline Sciamma, avec Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson (Fra., 1h22, 2011)

 

La bande-annonce de Tomboy :

 


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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 18:01

Mon tonton à moi est un gangster

 

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Matériau documenté sur les milieux troubles de Melbourne, cette histoire de famille revêt toutes les qualités pour être l'un des polars de l'année. Tendu au cordeau.

 

Habituellement, pour un bon film, il faut un héros charismatique. Une évidence encore plus forte dès qu'il s'agit de mafia, de gangs ou d'action. David Michôd réalise l'exploit de prouver le contraire. Dans Animal Kingdom, la jungle urbaine n'est pas dirigée par un Al Pacino en puissance ou un Joe Pesci en devenir. Nous n'avons pas non plus affaire à un Mesrine. Juste à un gamin, Joshua, ado boutonneux, stoïque quand sa mère meurt d'overdose devant lui. Recueilli par le reste de la fratrie Cody, il se rend compte à quel point cette famille de criminels peut aussi bien le protéger que le desservir et combien elle tient tête aux autorités.

 

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La charisme passe par le reste de cette famille. Les oncles bien sûr mais surtout la grand mère, serpent à sonnette au regard effrayant. Michôd ancre un récit relativement simple pour documenter. Animal Kingdom fait découvrir les alcôves sombres de Melbourne, travaille sa tension un peu comme James Gray et noue des rapports humains aussi conflictuels que sincères. La chape de plomb, appuyée par la mise en scène asphyxiante, fait émerger une tension palpable où l'on se demande quand l'explosion de violence surviendra. Tout est calme la majeure partie du temps, mais un événement violent au bout de 30 minutes (que l'on ne dévoilera pas) cherche à nous dire que rien n'est jamais vraiment tranquille dans ce microcosme. Les flics rodent et ne passent absolument pas pourr les méchants faiseur de loi. Notamment grâce à l'excellent Guy Pearce (L.A. Confidential, Démineurs, Memento) qui porte la moustache comme Gary Oldman dans les Batman. Le personnage alterne volontarisme de coincer ces bandits et douceur compréhensive avec le jeune Joshua.

 

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Lauréat au dernier festival de Sundance (catégorie film étranger), Animal Kingdom ne cherche pas la légèreté. Il soigne en revanche ses cadres comme conducteur de tension. En découle une lisibilité éblouissante, où jamais on ne confond les personnages, où le trouble vient plus de l'affirmation de caractères que d'une confusion de mise en scène. Au jeu du plus malin, Michôd explore les magouilles de flics ou d'avocats de façon éparse, portraitise magnifiquement un microcosme sans jamais quitter son objectif premier ; à savoir, comment Joshua pourrait-il bien s'en tirer ? Si l'on sent le peu de moyens (les quelques scènes d'actions ne rendent pas très bien, notamment lors d'un mini accident de la route), le cinéaste épure les figurants externes au strict minimum. Les rues paraissent tristement vides, les seconds rôles impuissants au possible. Comme si Joshua n'avait nulle part où aller. Se greffe une jolie petite histoire d'amour pas évidente à concilier.

 

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Impossible de ne pas revenir sur la force d'interprétation de toute la bande. Le jeune James Frecheville s'efface et courbe le dos avec une vraie intelligence. L'occasion de rendre hommage à ces rôles invisibles du grand public car éclipsés par de fortes têtes. Leur intelligence demeure inestimable pour laisser la place aux autres. Un exemple parmi des centaines : qui se souvient de la formidable interprétation de Cathy Moriarty dans Raging Bull face au duo DeNiro/ Pesci ? Dans Animal Kingdom, la prestation de Jacki Weaver, surtout réputée au théâtre en Australie, dévore ses victimes de sa fausse douceur. Celle d'une grand-mère et d'une mère prête à tout pour sauver son cocon. Jamais hystérique, presque trop serein par moments, cette petite bombe va surement passer  inaperçue. C'est pourtant l'une des plus belles surprises de cette première partie de 2011.

 

Animal Kingdom, de David Michôd, avec James Frecheville, Guy Pearce, Ben Mendelsohn (Aus., 1h52, 2011)

 

Sortie le 27 avril

 

La bande-annonce de Animal Kingdom :

 


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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 18:20

La marteau et l'enclume

 

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Divertissement dit « pop-corn » un brin fainéant, le nouveau super-héros Marvel à débarquer au cinéma tente pourtant de belle choses très shakespeariennes sur fond d'esthétique kitch.

 

Faire d'un super héros un héritier de Abel et Caïn tout comme de Hamlet, ça existe. Il s'appelle Thor, est une transcription de la célèbre divinité normande et fait partie de la gamme des héros de comics made in Marvel aux côtés des Iron Man et autres Hulk. Thor s'ancre en fait dans une préparation bien chère de The Avengers, long-métrage à venir qui réunit toutes les figures de proue de Marvel. Pourquoi cette précision ? Parce que le film ne sert qu'à préparer le terrain. Il souffre de sa trop longue mise en situation. A savoir l'histoire d'un fils promis roi du royaume d'Asgard qui doit se frotter à un frère aussi jaloux que frustré. Hamlet quoi. Pas étonnant de retrouver aux commandes du projet Kenneth Branagh, réalisateur notamment d'une des versions de la pièce de Shakespeare.

 

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Le garçon n'apporte rien de bien bon. Au contraire, sa manie de la caméra penchée, en plus d'être inutile, s'ajoute à une illisibilité lors des combats irritante. C'est d'autant plus dommage dans les vingts premières minutes, trop sombres, à la 3D plus dégueulasse que jamais. Dans ce segment, l'exposition d'un royaume au fragile équilibre captive. Thor et Loki (le frère) prennent la mouche face à la figure paternelle sage mais prudente (Hopkins, plus peinard que jamais). Thor, un garçon somme toute brutal, cherche la guerre contre les forces du mal. Les tractations politiques font un jeu savoureux. Ce qui aurait pu être digne des manigances des récits romains ou grecs se transforme en quête de la rédemption sur Terre. Le héros au marteau se retrouve banni,. Il trouve sur notre planète l'occasion de changer, aidé bien sûr par une merveilleuse scientifique : Jane (Natalie Portman).

 

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Dès lors s'enclenche un périple bavard et avare en action. Mis à part la scène d'ouverture mystérieuse et dynamique, tout se qui se passe sur Terre ne provoque ni excitation ni émotion, en dépit de rares combats. Là encore, l'incursion furtive d'autres héros de Marvel atteste de l'idée d'un préparatif au The Avengers. Définitivement, les segments extra-terriens, aussi cheap soient-ils esthétiquement, offrent le véritable enjeu du film. La rivalité des frères se construit par briques logiques. Seule l'évolution trop radicale du comportement de Thor laisse dubitatif. Divertissement pop-corn loin d'être honteux, le nouveau Branagh aurait gagné à chercher à titiller la classe de Iron Man et à soigner sa mise en scène trop anecdotique pour montrer les vrais enjeux.

 

Thor, de Kenneth Branagh, avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Tom Hiddleston (U.S.A., 2h10, 2011)

 

Sortie le 27 avril

 

La bande-annonce de Thor :

 


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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 21:17

Another brick in the wall

 

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A trop faire du zèle, une jeune surveillante perd pied dans une Argentine où la dictature tient encore par l'ordre extrême. Trop scolaire pour vraiment fonctionner.

 

Staline poussait le totalitarisme jusque dans l'architecture des villes. Moscou fut, dès les années 1930, remodelée afin de correspondre au mieux à la pensée unique du « père des peuples » avec de grandes avenues où rien ne dépasse et débarrassée de ses places (pour se réunir). Avec l'œil invisible, Diego Lerman adapte cette idée à la dictature argentine chut en 1982. Il filme l'ordre extrême, les couloirs d'un lycée d'État de Buenos Aires aux allées propres et aérées, avec une cour tout en damier. La rigueur instruite aux élèves rappelle The Wall et tout autre film sur les dictatures. Rien de très original donc puisque la mise en scène adopte aussi cette rigueur jusqu'au-boutiste des cadres. Le positionnement des personnages se veut toujours gracieux et les mouvements de caméra rythmés lentement.

 

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Ce qui ressemble à une gentille leçon de cinéma un brin ennuyeuse cache maladroitement une irrévérence plus subtile. Maria Teresa, surveillante de lycée au nom si respectable, se fourvoie malgré elle dans la subversion qu'elle affronte. La figure tutélaire du surveillant en chef M. Biasutto (éblouissant Osmar Nuňez), salopard zélé du pouvoir, a pour but d'étouffer les troubles extérieurs. Tel un Staline, il se rêve dans un monde de l'ordre où l'irrévérence et la rébellion juvénile sont proscrites. Pour Maria Teresa, cet idéal inquiétant ne colle pas tout à fait. Elle a beau devenir le fameux « œil invisible » qui traque tout et tout le temps, son bouillonnement intérieur se traduit par une longue focale presque permanente, créant un flou très pesant.

 

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De ses sourcils impeccablement dessinés se devine une volonté de liberté inavouée. Trop mutique pour vraiment convaincre, L'œil invisible tente l'extériorisation d'une intériorité opaque. Diego Lerman s'oblige à rajouter du drame final comme une métaphore des souffrances du peuple argentin. Le réalisateur tombe lui-même dans le trop plein de maitrise, et ce, même quand l'intime doit refaire surface. Rien ne choque, rien n'envoute. Reste quelques éléments effrayants de la dictature sur l'ordre des écoles où l'on chante l'hymne le torse bombé, le regard haut. La passion n'a pas sa place, surtout pour la pauvre Maria Teresa. Quand on pense aux velléités de retour à l'ordre dans les établissements hexagonaux, on songe à faire attention à ne pas revenir à des pratiques liberticides éhontées. Gardons un œil ouvert.

 

L'œil invisible, de Diego Lerman, avec Julieta Zylberberg, Osmar Nuňez, Marta Lubos (Arg., 1h35, 2011)

 

Sortie le 11 mai

 

La bande-annonce de L'œil invisible :

 


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Published by alexandre mathis - dans sortie en 2011
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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 19:51

Loup, y es-tu ?

 

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A travers la réinterprétation du célèbre conte de Perrault, la réalisatrice soit-disant spécialiste de l'adolescence illustre bien une société en crise : Celle du retour des valeurs traditionnelles et du replis autarcique.

 

Pas de bol. Un an après la relecture ratée d'Alice au pays des merveilles par Tim Burton, voilà que Le chaperon rouge se voit sacrifié. Il était de bon ton de se moquer des Frères Grimm de Terry Gilliam. Imparfait, le film avait au moins le mérite de tenter, de jouer malicieux et d'avoir un sacré cinéaste aux commandes. Catherine Hardwicke s'était faite remarquer avec deux films sur l'adolescence (Thirteen et Les Seigneurs de Dogtown) avant d'assurer l'adaptation du premier épisode de Twilight. Autant dire un bel étron puritain. La voir reprendre à son compte la légende du Petit Chaperon rouge de Charles Perrault était donc aussi intriguant qu'inquiétant. Tel un Petit Poucet en manque de jugeote, Harwicke a oublié de semer les cailloux pour retrouver le chemin du bon goût.

 

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La réalisatrice continue de divaguer dans ses histoires cuculs de jeune fille au cœur partagé entre deux hommes. Ici, le Chaperon Rouge n'a plus grand chose à voir avec la petite fille imprudente du conte. Amanda « grands yeux de biche » Seyfried incarne une version vierge mais coquine du chaperon dans un village perdu où le loup-garou (!) rode. Comme dans Twilight, il est question de choix amoureux entre deux hommes. L'un symbolise la passion, la testostérone et les bêtises de l'enfance, le second incarne l'argent, la gentillesse et le mariage de raison. Pas besoin d'avoir fait des études en psychologie pour voir l'analogie grand méchant loup/ jeune homme désireux de sexe. Le dispositif de la petite communauté ancestrale avait tout pour plaire. Hardwicke pouvait, à travers le conte, passer un message ouvert, un brin ironique sur les croyances religieuses et sur les mariages arrangés. Or, elle s'accommode de ce microcosme pour en diffuser sans grande finesse la même morale mormone que dans la saga de Stephenie Meyer.

 

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A tel point que le cœur de l'intrigue où la menace rode est reléguée au second plan. Une monotonie s'empare du film pour enfiler les clichés du film fantastique à la pelle. Gary Oldman rejoue éternellement le même rôle, toujours moins bien, la belle Seyfried doit en rajouter niveau vierge effarouchée et les références au vrai conte apparaissent maladroitement. Il y a de quoi rager aussi devant la saccage formel d'une œuvre au vrai potentiel. La direction artistique tout comme les travaux sur la lumière gâchent la création artificielle de cette bourgade habitée par la peur. On pense à la réussite indéniable du début du Village de Shyamalan qui parvenait bien mieux à créer un envoutement inquiétant avec la menace à la lisière. Le parti pris de tout faire en studio avait de quoi séduire, rappelant aux bons souvenirs les créations d'antan en osmose avec le côté vieillot de l'histoire. Le chaperon rouge est un essai finalement en phase avec son époque. Il décrypte la peur et le repli sur soi, il illustre le retour en force des morales traditionnelles et des valeurs surannées.

 

Le chaperon rouge, de Catherine Hardwicke, avec Amanda Seyfried, Garry Oldman, Billy Burke (U.S.A., 1h40, 2011)

 

Sortie le 20 avril

 

La bande-annonce de Le Chaperon Rouge :

 

 

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