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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 15:51

Classe découverte

 

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Grosse production soignée dans sa mise en scène, le nouvel X-Men recouvre tous les atours du film au forceps, pour les meilleur et pour le pire.

 

Parfait blockbuster estival, le nouvel épisode des X-Men compile toutes les caractéristiques du film pompier, dans ce que ça a de bon et de mauvais. Commençons par les défauts évidents. D'abord avec une bande-originale pompeuse d'Henry Jackman. Il hérite des pires tics de compositions de Hans Zimmer et appuie plus qu'il n'en faut les moindres clignements d'yeux. L'ensemble de X-Men Le Commencement se complait d'ailleurs à une dramaturgie sur la guerre nucléaire lors de la crise de Cuba finalement assez anecdotique. Matthew Vaughn, revenu de ses pitreries de Kick-ass, n'a rien trouvé de mieux qu'un hommage sans fond à Stanley Kubrick. Il récrée la salle de guerre de Docteur Folamour. Or, ici, il n'y a pas le même travail géométrique, ni un développement sur la subordination militaire, sur les esprits humains complexes.

 

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Pour le reste, les qualités abondent. Vaughn ne lésine pas sur les effets spéciaux et l'insitance des pouvoirs des mutants. Mieux, la mise en scène, extrêmement fluide, offre quelques prouesses. Comme cette scène de début où le futur Magneto, alors enfant, se retrouve confronté à Kevin Bacon. La caméra cache une partie du décor, place les éléments nodaux de l'intrigue avant d'exploser en tension avec un contrechamp évocateur. Les performances mentales de Charles Xavier sont également bien illustrées, souvent en jeu de fluidité, avec changements de points de vue ostentatoires. Si on met de côté les tentatives de split-screen sans grande saveur, Vaughn parvient à ne pas perdre le spectateur pas toujours spécialisé des X-Men. Quitte à utiliser quelques raccourcis.

 

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Ce X-Men s'intéresse surtout à des hommes et des femmes inhibés par leur statut spécial. On subodore vite les mentalités qui en découleront. Le pari n'est pas de sonder en profondeur tous les héros mais d'illustrer les prémices. Un petit clin d'œil amusant de Hugh Jackman en Wolverine vient illustrer l'envie de donner des repères sans noyer le poisson. Le cœur de l'histoire se concentre sur Magneto/ Charles Xavier. De cette histoire fraternelle mais compliquée se forge aussi les penchants de Fauve ou Mystique. Toujours aussi hypnotique, Michael Fassbender happe les regards et seuls Jennifer Lawrence et dans une moindre mesure Kevin Bacon rivalisent.

 

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Le thème de l'uchronie fait penser à Wachmen en moins abouti. Preuve encore que le seul microcosme X-Men fixe l'attention. Le film met en place tous les éléments de la saga : l'arrivée au château, les expériences malheureuses de Fauve, les ailes fabriquées de Hurleur ainsi que les rapports plus ou moins conflictuels avec la race humaine. L'épisode mise plus sur l'attente de savoir comment cela se passe que sur une quelconque tension. Le spectacle perce tout de même, avec en point culminant une lévitation impressionnante d'un sous-marin. Vaughn efface le massacre opéré par Brett Ratner pour X-men l'affrontement final. La franchise retrouve des couleurs en matière de cinéma. Reste à savoir si cela suffira à ravir les fans du comics.

 

X-Men Le Commencement, de Matthew Vaughn, avec James McAvoy, Micheal Fassbinder, Kevin Bacon (U.S.A., 2h10, 2011)

 

Sortie le 1 juin

 

La bande-annonce de X-Men Le Commencement :

 


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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 13:20

Hong Kong Fou fou

 

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Avec un travail esthétique malin et un humour ravageur, la suite des aventures du gros panda Po trouve un second souffle au milieu d'une aventure linéaire. Un parfait film familial pour l'été.

 

On ne peut pas dire que les ambitions 2011 chez les leaders de l'animation soient folles. Disney compte sur Pixar pour blinder les salles avec Cars 2, soit une suite à sa moins bonne franchise. Dreamworks sort aussi un second volet : Kung Fu Panda 2. Mais ces derniers ont peut-être compris la leçon principale des concurrents Pixar : créer des personnages marquants. Déjà l'an dernier, on jugeait des prémices d'innovations dans Dragons . La virilité viking y croisait une quête plus douce d'adoption d'un dragon. L'histoire, très humaine, faisait penser à Étalon Noir. Après un premier Kung Fu Panda amusant, Dreamworks offre une nouvelle aventure à Po. Profondément marqué par le cinéma de Bruce Lee et compagnie, la franchise ne lésine pas sur les combats chorégraphiés avec punch et style. Mais la vraie force vient surtout de l'humour qui s'en dégage. Po est un panda boulet, pataud et plus que gourmand. Cet Obélix chinois s'emmêle et se sort de situations compliquées par ce truchement.

 

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Le premier épisode, plus fourni scénaristiquement, approchait le thème du rêve inaccessible. Celui pour un panda pas doué de devenir le grand maitre Kung Fu. Une fois ce statut atteint, Po doit maintenant sauver cet art ancestral d'une menace dictatoriale. L'intrigue, linéaire, trouve un second souffle dans une exploration familiale enfouie. Perspicace au possible, le gros panda se rend compte que son père – une oie – l'a adopté. Évidemment, le passé ressurgit et cela a des conséquences sur la trame principale. L'émotion perceptible n'atteint pas le niveau des plus beaux moments de chez Pixar (le début de Là-Haut ou le fin de Toy story 3). Pour autant, on devnine l'intention de créer une mascotte humanisée, sensible et qui parle aux plus jeunes. De là à en pleurer, ça serait exagéré.

 

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Autre élément bénéfique : l'utilisation d'une esthétique chinoise. Au delà des décors et des costumes, c'est surtout dans un graphisme propre aux souvenirs et aux rêves que Kung Fu Panda 2 trouve un style. En effet, dès que Po cauchemarde ou se remémore son enfance, les dessins deviennent plus traditionnels, comme si des feuilles en 2D se superposaient. Les couleurs collent à une esthétique qui rappelle les extravagances des fêtes du nouvel an. C'est d'autant plus joli que la 3D s'avère en adéquation à cette espèce de théâtre d'ombres. Ils retranscrivent des instants volés, des bribes du cerveau. Le reste du film en images de synthèses travaille les mêmes coloris, notamment avec les explosions de feux d'artifices. D'ailleurs, le grand monstre du film est un canon infernal, aux boulets rouges pétant. Des allures graphiques à l'image de ce nouveau Dreamworks : décomplexé.

 

Kung Fu Panda 2, de Jennifer Yuh Nelson, avec les voix originales de Jack Black, Angelina Jolie, Dustin Hoffman (U.S.A., 1h31, 2011)

 

Sortie le 15 juin

 

La bande-annonce de Kung Fu Panda 2 :

 


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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 20:41

le Mentalist

 

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Grand saut pour un ancien concepteur de cinématiques dans le cinéma d'animation. En découle un film plein de bonnes intentions mais qui échouent presque à tous les coups. Dommage.

 

On ne le répètera jamais assez : faire un long-métrage n'a rien à voir avec du travail esthétique de jeu vidéo. Spécialisé dans les cinématiques, Antoine Charreryon fit quelques armes sur le tournage de Babylon A.D. En s'attaquant à l'adaptation de La Nuit des Enfants Rois de Bernard Lenderic, le défi de taille pour le français consiste à se faire accepter du monde du 7ème art, de convaincre les fans du livre et de trouver son propre style. Une mission presque impossible qui aboutit à un sentiment d'échec dommageable. De cette histoire d'ados aux pouvoirs surnaturels, capables de s'emparer de l'esprit d'autrui, Charreyron en fait une fable futuriste violente non sans rappeler le mésestimé Renaissance.

 

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Le choix d'une esthétique géométrique n'a rien de bien agréable à l'œil. L'animation tente des choses, notamment avec des mouvements audacieux par la mise en scène. Mais les visages carrés, les problèmes de fluidité dans les mouvements peinent à faire passer ce Prodigies pour un objet de qualité. L'exigence sur l'animation vient aussi des maitres-étalons Pixar et, dans un genre différent, Ghibli. D'un côté, la perfection technologique s'affiche, de l'autre, l'innovation visuelle se plonge dans un bain de dessins traditionnels . The Prodigies essaie bien quelques effets de styles. Notamment dans des explosions de violences trop rares mais bienvenues. Sous couvert d'une histoire d'ados, le film se destine clairement aux adultes, puisqu'il est question de viol et de tête coupée. La furie lâchée s'exprime enfin.

 

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Pour le reste, on navigue en eau douce, avec un scénario cousu de fil blanc, mal dialogué. Le tord à une tonalité générale maladroite. On y croit moins que les grandes aventures vidéo-ludiques, type Mist II ou Metal Gear Solid. Charreyron qui avait bossé sur Half Life II s'y connait surement en dramaturgie. Comment expliquer l'intérêt très relatif de cette histoire de gamin en monstres de Frankenstein ? Le concentré de références, qu'elles soient formelles (Matrix) ou en clin d'œil (Taxi Driver), cachent mal la froideur de l'univers. La retranscription futuriste est assez réussie bien qu'elle laisse trop apparaître les pubs sponsorisées. La mise en scène, aussi audacieuse soit-elle, crée rarement tension, émotion ou quelconque effet bénéfique. Toute la grammaire cinématographique échoue à insuffler un rythme et la 3D n'arrange rien. A priori, Antoine Charreyron n'a pas bénéficié d'une liberté totale dans la conception. L'homme a bien des idées, une envie mais cela ne suffit pas (encore).

 

The Prodigies, d'antoine Charreyron (Fra., Brit., Bel., Can., Lux., 1h27, 2011)

 

Sortie le 8 juin

 

La bande-annonce de The Prodigies :

 


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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 18:59

Le verre de trop

 

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Mécanique bien huilée, la comédie selon Todd Phillips perd de son mordant et tourne en rond. A force d'exclure les femmes et une forme de liberté, Very Bad trip 2 signe peut-être -déjà- la fin d'un sous-genre.

 

Very Bad Trip a initié une mode que sa suite ferait bien de tuer : celui des excès entre hommes, des déboires outrancières pleines de testostérones. Les femmes, malheureusement, se voient exclues des intrigues de Dates limites, Bon à tirer et de ces Very Bad Trip. C'eut pourtant été une brillante idée de voir s'incruster une Cameron Diaz ou une Amber Heard dans des décadences folles. Ils auraient pu aussi mieux utiliser le personnage de Jamie Chung (récemment vue dans Sucker Punch). Si le premier épisode de Todd Phillips avait ravi par son manque de limites, conséquence d'une soirée mémorable au cœur de Las Vegas, la seconde gueule de bois du trio Stu, Phil et Alan se déroule à Bangkok. Plutôt que de tenter une quelconque innovation, le film se lance dans un décalcage stupéfiant.

 

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De cette paresse potentielle se cache finalement une bonne idée mal exploitée. Celle de surprendre en réitérant un schéma identique. La gueule de bois de Very Bad Trip permettait le cocktail délirant d'une virée citadine à la recherche d'un ami perdu sur fond de passé récent décadent. Rebelote avec cette suite. Le copier-coller va jusque dans le générique, l'apparition de Mike Tyson et la perte d'un des membres de la bande. Bangkok sert juste de toile de fond à un milieu plus sauvage. Les protagonistes personnifient volontiers la ville telle une bête sauvage (en lieu et place du tigre) : « Bangkok l'a pris » sonne presque comme un slogan. Alors si quelques vannes font toujours mouches, notamment avec une histoire de prostituée, l'ensemble se fait laborieux. A trop connaître la mécanique, la folie s'évapore. Les mecs ne font plus penser qu'à ces pochtrons du matin dans le métro qui vous réveille par leur odeur alcoolisée.

 

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Zack Galiafianakis touche les limites de son rôle de débile. Il essaie d'intégrer une pointe de crypto-gay en moins bien que dans Date Limite. Seuls ses chouinements couplés aux couinements de Stu amusent. Le trio infernal n'assume pas avec la même liberté les erreurs de jeunesse. Même constat pour  le retour de Chow, dealer au micro-pénis, qui n'offre pas grand chose de plus. A l'instar d'un mauvais Disney, Very Bad Trip 2 mise sur le gag animal. Ici, un singe à la veste en jean sert d'outil comique central. Mais ces histoires d'émeutes urbaines, de tatouage fait pas Nick Cassavetes et de moine muet sentent le pétard mouillé. La soin formel apporté à Very Bad trip 2 atteste d'autant plus d'une construction trop mécanique. Quel film de coincés en fait !

 

Very Bad Trip 2, de Todd Phllips, avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis (U.S.A., 1h40, 2011)

 

Sortie le 25 mai

 

La bande-annonce de Very Bad Trip 2 :

 


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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 12:19

Les pirates échouent

 

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Toujours moins imprégné de souffle épique, le quatrième épisode de la franchise sombre encore un peu plus dans la médiocrité : mou, alambiqué et, chose nouvelle, assez laid.

 

Jack Sparrow souffre du syndrome James Bond. Plus invincible encore que Superman, le héros de Pirates des caraïbes ne craint rien de ses mésaventures. Le statut de divertissement familial de la franchise empêche toute embuche rédhibitoire pour le pirate nonchalant. On craint plus pour un Clark Kent, pas toujours épargné dans ses multiples aventures, que pour le personnage cabotin de Johnny Depp. Difficile dès lors de s'immerger dans des péripéties de la saga de Disney. Pour rappel, Pirates des Caraïbes n'est à l'origine qu'une attraction des parcs Disneyland. Après un premier épisode des plus honorables, les suites sombrent toutes un peu plus dans la médiocrité. A la fois trop alambiquées et bavardes, les thématiques récurrentes de la piraterie redondent avec les pitreries lassantes de Jack Sparrow.

 

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Une déchéance illustrée par Johnny Depp, à cours d'imagination, toujours à s'extirper des situations compliquées. Dans cette Fontaine de Jouvence, adieu la première trilogie avec Keira Knightley et Orlando Bloom. Des anciens épisodes ne restent que Geoffrey Rush et Kevin McNally. Table rase donc et pour pas grand chose. L'aventure sans grandes scènes épiques s'embrouille autant dans ses fausses ramifications que dans sa 3D inutile. Il fallait bien coller une jolie fille aux basques de Jack ; Penélope Cruz s'y colle, en fille aimante du terrible Barbe Noire. La belle espagnole aurait renoncé au Melancholia de Lars Von Trier pour ce rôle, mauvais flair. Elle avait déjà collaboré avec Marchall dans le très mauvais Nine l'an dernier. Ici elle ne sert que de tonalité hispanisante. Preuve du manque d'idée de Rob Marshall, il va chercher Rodrigo y Gabriela pour jouer un thème espagnol au générique ultra-connu de la saga.

 

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Pirates des Caraïbes 4 ne sort de sa torpeur que lors d'une scène d'attaque de sirènes à la fois mystérieuse et endiablée. Le charme des naïades se frotte aux intrépides pirates dans un jeu de cruauté partagé savoureux. La jolie Àstrid Bergès-Frisbey, vue récemment dans La fille du puisatier, en profite pour faire ses premiers pas -timides- dans l'univers hollywoodien. Elle bénéficie d'une plastique et d'un regard charmeur pour berner un peu tout le monde. C'est toujours moins assommant que les pirouettes sans fin de Sparrow. Même Rush/ Barbossa la joue fainéant. Il manque définitivement à ces films de l'émotion, une prise de risque, même minime, qui porterait le sceau des épopées grandioses. Trop froid et broyé dans le tout à digérer de la grande machine de Bruckheimer, ce quatrième épisode ne laisse rien présager de bon pour ses deux suites.

 

Pirates des caraïbes 4 : la fontaine de jouvence, de Rob Marchall, avec Johnny Depp, Penélope Cruz, Geoffrey Rush (U.S.A., 2h20, 2011)

 

La bande-annonce de Pirates des Caraïbes 4 : La fontaine de jouvence :

 


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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 15:25

 

Rayons de soleil et de bicyclette

 

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En retravaillant leur façon de procéder, les doubles palmés d'or belges tentent de rafraichir leur force documentaire. Mineur, imparfait mais attachant.

 

Tachons de ne pas trop écraser sous le poids des précédents films des Dardenne ce Gamin au vélo. Alors évacuons tout de suite le problème en clamant que le film n'a ni la force, ni le pessimisme vigoureux de Rosetta ou L'enfant. Et pour cause, les belges innovent par petites touches leur cinéma. Plus lumineux malgré un sujet grave, Le gamin au vélo trouve la voie de l'émotion douce. Un titre faussement simple, directement référé au grand Le voleur de bicyclette de Vittorio de Sica. Chez ce dernier, la recherche du vélo servait de fil directeur à l'exploration sociale, quasi documentaire, de l'Italie d'après-guerre. Figure emblématique du néo-réalisme, cette référence offre un paradoxe relatif du nouveau travail des Dardenne.

 

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Car si les bases de leur méthode restent inchangées, le duo s'éloigne légèrement de cette veine réaliste. D'abord par un découpage plus pointu. Le film se concentre sur son héros, Cyril, à la recherche de son père et qui franchit les étapes en roulant à vélo. Ainsi, on le voit s'échapper de l'école, rechigner à obéir dans le centre, grimper aux murs, se laisser embarquer par un loubard... La vitalité débordante du gamin et les ellipses obligent à plus de changements de cadres. Déraciné, l'enfant ne tient pas en place, hurle, court, injurie, mord. La caméra vieille sur lui, sous le regard circonspect et inquiet du spectateur impuissant. Dès que les Dardenne se décadrent de Cyril, c'est pour filmer des proches désemparés, incapables de gérer un mioche meurtri.

 

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Autre innovation qui éloigne Le gamin au vélo des postures réalistes : l'utilisation d'acteurs professionnels. Si Olivier Gourmet et Jérémie Renier viennent plus rendre un petit hommage aux réalisateurs les ayant révélés, le rôle offert à Cécile de France a de quoi surprendre. Certes l'actrice s'en sort très bien. Or, l'articulation Dardenne/acteur pro déroute un peu. Comme si la fusion n'était plus totale. La fibre documentaire perd de son sens. Rossellini engageait pourtant bien Ingrid Bergman. Mais ici, un petit truc manque. Reste la prestation du jeune Thomas Doret, aussi touchant qu'exaspérant, aussi brutal que tendre. Par l'utilisation inédite d'une musique en BO, les Dardenne adoucissent leur propos et concluent sur un timide espoir guidé par les rayons.

 

Le gamin au vélo, de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Cécile de France, Thomas Doret, Jérémie Renier (Bel., Fra., It., 1h27, 2011)

 

La bande-annonce de Le gamin au vélo :

 


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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 11:51

Marque déposée : UMP

 

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Sous couvert de s'amuser des coulisses du pouvoir, La Conquête se transforme en pitrerie pas très amusante et connivente avec le pouvoir. Une bonne façon de construire la légende Sarkozy.

 

Après l'annonce d'un enfant, la nouvelle étape de la réélection de Nicolas Sarkozy pourrait être ce film pitre et gesticulent, où chaque acteur tient une partition d'imitation comme dans les Guignols. La Conquête se veut une plongée dans les coulisses du pouvoir, celle où Nicolas Sarkozy, depuis la place Beauvau, se forge en candidat à la présidentielle. Sur son chemin, le premier flic de France écrase Chirac et Villepin tout en se faisant larguer par sa compagne. L'audace de consacrer un film à un président en exercice aurait pu s'avérer une belle idée de l'exploration de la politique française. Or, Xavier Durringer délivre une pantalonnade ni amusante, ni acerbe. Sarkozy s'en sort finalement très bien.

 

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Podalydès a beau se démener dans le gimmick (mouvement d'épaule, intonation, tic de lèvres pincées), la désagréable impression d'assister à un grand sketches de Laurent Gerra prédomine. Le seul intérêt revient à tenter de deviner qui joue qui, de s'étonner d'une imitation de Ségolène Royal par Dominique Besnehard dans le rôle de Pierre Charon (conseiller à l'Élysée). Le défilé des têtes du pouvoir donne le tournis car Durringer ne les utilise que pour la punshline facile. Aucun véritable échange ne se forge, seul l'assassin verbal sera grandit. Comme si durant 1h45, on ne lisait que les off dans les colonnes du Point ou que l'on devait se farcir un « brûlot » politique à la sauce Franz-Olivier Giesbert.

 

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Le goût prononcé de l'ellipse en témoigne, La conquête ne doit illustrer la politique que par la petite porte, celles de rivalités sournoises et des retours de bâtons. Aucune idée de cinéma de circule et Durringer n'arrive même pas à exploiter l'idée de confrontations attablées entre Sarkozy et Villepin. En illustrant les déchirures sentimentales avec Cécilia ex-Sarkozy, le réalisateur construit la légende d'un homme courageux, emplie d'abnégation. S'il serait de mauvaise foi de remettre en cause de telles qualités sans preuve, on peut s'étonner de la sortie d'un tel film un an avant les élections de 2012. D'autant plus que Dominique de Villepin y apparaît arrogant, coupable dans l'affaire Clearstream (alors que le dossier n'est pas refermé juridiquement) et que surtout, aucune tête de l'opposition n'apparaît. On en vient à réévaluer la qualité du très discutable W. d'Oliver Stone et de regretter l'excellent Le Caïman de Nanni Morretti.

 

La conquête de Xavier Durringer, avec Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard Le Coq (Fra., 1h45, 2011)

 

La bande-annonce de La Conquête :

 


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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 10:05

  Vanité

 

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En retraçant l'histoire de la vie, Malick questionne avec poésie de la véracité de l'Homme, de son rapport à Dieu et de sa propre conscience d'exister. The Tree of Life, aussi fourre-tout que génial y intègre même des dinosaures non sans logique. Émouvant.

 

Définition de la vanité : « Caractère d'une personne satisfaite d'elle-même et étalant complaisamment son plaisir de paraître ». C'est en tout cas la définition pour la personne. Or, Terrence Malick n'a aucune raison de subir ces attaques. La vanité qui a du sens ici, c'est celle-ci : « Représentation picturale évoquant la précarité de la vie et l'inanité des occupations humaines ». The Tree of Life pourrait se résumer à une grande vanité artistique de l'Amérique des années 50 à aujourd'hui. Quand nous avons quitté Malick, ça n'était pas tant par le crochet Le Nouveau Monde, bifurcation magistrale dans le renoncement à une nouvelle chance, qu'avec la fin de La Ligne Rouge. Au terme d'âpres combats, Witt et les autres soldats caractérisent l'adieu définitif du peuple américain à l'Éden du Nouveau Monde. Tous, par leur comportement autodestructeur, sacrifient ce lien qui les nourrissaient avec Dame Nature. La bombe atomique passée par là, ne reste que le visage de Sean Penn pour lier La Ligne Rouge et Tree of Life, film sur une recherche de repères, une quête identitaire autour de la famille.

 

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Film surement trop attendu par les cinéphiles, tout le monde avait presque oublié à quel point le cinéma malickien est radical, dur d'accès, toujours remis en cause. Avec The Tree of Life, on retrouve une patte mais aussi un risque. Impossible pour Malick de rester béat d'un paradis terrestre. Le cadre rappelle plus La Balade Sauvage . Sauf que là, aucun marginal à l'horizon. Jack, ainé d'une famille texane, revit les instants perdus d'une enfance aussi heureuse que pleine de petites déchirures. Sean Penn,monolithique mais enivrant, incarne Jack adulte, perturbé par la disparition de son petit frère à l'époque tout juste majeur. De cette trame de mélodrame se forge en fait un road-trip métaphysique sur l'existence de la vie. Malick remonte jusqu'au Big-bang, illustre magnifiquement l'apparition des planètes et de la vie. Dinosaures et météorites passent pas là. Cette approche pour le moins surprenante atteste de la défense acharnée du darwinisme. Toujours travaillé par son modèle Heidegger, Terrence Malick tente une démonstration par l'art de l'existence de l'Homme. The Tree of Life se résume à une ontologie moderne.

 

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Taxé à tord de s'accoquiner dangereusement avec les pensées judéo-chrétiennes, le réalisateur explore différemment le sujet. Il applique à nouveau Martin Heidegger en promouvant la métaphysique sur l'Histoire, point culminant du nihilisme. Voilà donc l'étape suivante de l'animisme. Quand la planète ne suffit plus, allons voir au-delà. Les plans en contre-plongées sur le cosmos n'ont jamais été aussi nombreux, la contemplation extatique d'un environnement luxuriant s'entiche d'une cruauté nouvelle. En se demandant si Dieu les aide, Jack souffre des malheurs qui l'entoure. « Il y a deux voies dans la vie, celle de la nature et celle de la grâce ». Chacune des composantes s'incarne en les parents. La mère, douce, aimante, muette face au père serait la grâce. Le père, force brute menaçante et plus pragmatique à priori écope ainsi de la nature. Une dichotomie transmise aux enfants. Jack hérite à contrecœur du père, le petit frère plus doux ressemble à la mère. Les plus beaux instants de cet arbre de la vie s'offrent alors. Voir cette famille pieuse, soudée bien qu'aux tempéraments opposés est aussi belle de plénitude que glaçant d'effroi lors des colères du père. Brad Pitt y apparaît très crédible.

 

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Terrence Malick ne se permet pas de les juger, de les manipuler ou de les zapper à sa guise. Malgré un montage encore plus elliptique qu'à l'accoutumée, il observe, telle une force métaphysique. En tout cas, le voir comme un gourou démiurge de son savoir est une interprétation erronée. La caméra regarde, virevolte, suit le mouvement, l'embellit par des images sublimissimes. Malick perd un peu de sa subtilité passée par moment. En revanche, il maitrise toujours autant les voix off entrelacées, alternant entre la mère, le père et le fils à plusieurs âges. Aucun enjeu dramatique ne perturbe les 2h20 de cette longue contemplation. Et tant mieux ; en ressortent des scènes fortes, en échos aux précédentes. Avant un final sur fond de paix intérieure et de retrouvailles paradisiaques un peu absconses mais poétiques, le long-métrage distille une forme d'optimisme aussi bienfaiteur que le visage serein de Pocahontas à la fin du Nouveau Monde.

 

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Musique rarement impie et églises donnent il est vrai un ton très christique à l'ensemble. Le film cite même Job en ouverture. Pourtant, Malick n'oblige en rien à y adhérer, il montre juste que cette Amérique qu'il connait bien (il y a grandi) s'est réfugiée dans un cocon religieux. Pour autant, les mômes font la tronche durant les messes et Jack n'hésite pas à se trimballer debout sur les bancs de la paroisse. La voilà la vanité de ces États-Unis là. La mort est perçue comme une fin malgré les promesses de vie ultérieure, les personnages se terrent dans leur posture mortifère et l'appel de Dieu vient apaiser des esprits torturés. La foi mise à mal par le malheur est l'occasion d'une possible réflexion sur soi très cartésienne. « Je doute donc je suis » rabâchait le prof de philo de terminale. Ces gens là pensent leur propre vie, la ramène en arrière, vont de l'avant vers les cieux, idéalisent les situations. L'évasion du personnage de Sean Penn n'en est que plus envoutante. L'arbre de la vie malickien se perçoit comme une expérience entre l'infiniment grand et l'infiniment petit. L'ésotérisme s'accepte tel un pendant de la philosophie. La raison laisse place au sensoriel.

 

 

The Tree of Life, de Terrence Malick, avec Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn ( U.S.A., 2h18, 2011)

 

La bande-annonce de The Tree Of Life :

 

 

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 19:55

Rêves dansants

 

affiche-chico---rita.jpghttp://nicolasfurno.com/files/planc/20.png

Tentative d'hommage au jazz en film d'animation à l'ancienne plombé par un manque de rythme et de fluidité.

 

Il y a un an sortait le magnifique  L'Illusioniste de Sylvain Chomet, hommage doux et nostalgique à l'univers de Jacques Tati. Un peu dans le même esprit arrive en salle Chico & Rita, film aux accents hispanisants en forme d'hommage au compositeur cubain Bebo Valdès. Une histoire d'amour passionnelle déchire deux Êtres sensuels, le tout dans le grand bain du jazz des années 40-50 et du mélodrame à son apogée. Les aventures dignes de Elle & Lui parsèment un récit fourre-tout, où l'on croise aussi bien Chano Pozo que Dizzy Gillepsie. L'exploitation des stars par les riches mécènes, la révolution galopante et les violences urbaines offrent un peu de poudre et de sueur à un film surtout là pour ses fleurs et ses effluves charmeuses.

 

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L'avantage du jazz est d'offrir une bande-son splendide. Lorsque Rico écoute sur son vieux transistor des musiques de son passé, la couleur sonore offre un peu d'épaisseur. Cosmopolite au possible, cet amour entre La Havane et New-York ne va malheureusement pas tellement se ressourcer dans son matériaux. A trop vouloir en montrer, Chico & Rita se disperse et ne fait qu'effleurer des sujets de fond mille fois plus intriguant. Un écueil dommageable d'autant plus que le carrefour social et culturel s'amorce. Tout juste constatons-nous les interdits du régime Castro.

 

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La stylisation du dessin de Javier Mariscal illustre bien l'espèce de dichotomie entre deux univers pourtant compatibles. Le trait rectiligne et évasif appuie l'impression de bouillonnement et de fresque sur plusieurs décennies. Problème : il ne parvient pas à concilier la rigidité de l'animation traditionnelle et la fluidité des corps qui se meuvent. Des danses sensuelles de Rita, les sculpturales courbes de ses hanches épousent mal l'éventail de nuances d'une musique où il n'y a justement aucune rigidité. Impossible aussi de profiter des mouvements de doigts du pianiste ou de la virevoltance fugace et dansante de leurs flirts.

 

Sortie le 6 juillet

 

Chico & Rita, de Fernando Trueba et Javier Mariscal (Esp., G-B., 1h34, 2011)

 

La bande-annonce de Chico & Rita :

 

 

 

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 17:49

Un américain à paris

 

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Plutôt que de véhiculer du cliché, Minuit à Paris le détourne et imagine une faille temporelle plongeant un écrivain hagard dans son Paris préconçu. L’occasion de trinquer avec Buñuel et Belmonte.  

 

«  J’aimerais bien faire un chef-d’œuvre, tant que ça ne me coûte pas mes réservations au restaurant ». Woody Allen c’est exactement ça : une synthèse humoristique sur la vie perturbée par le plus insignifiant des détails. « Je n’aurais pas pu vivre dans les années 20, il n’y avait pas l’air climatisé » lâche t-il encore à la conférence de presse cannoise pour son Minuit à Paris. Un peu comme le personnage d’Owen Wilson, Gil, rêveur triste des années vingt franciliennes, on fantasme constamment le passé de Woody Allen, ses extravagances temporelles de Zelig, le charme inégalable de La rose pourpre du Caire, la tension surréaliste de Match point.

 

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A l’instar d’un Gene Kelly danseur dans un vieux café français refait en studio, le décorum cliché de la ville lumière se fantasme en permanence. Par une magie aussi simple que délirante, où une camionnette envoie Gil dans les années 20 après les douze coups de l’horloge, Minuit à Paris s’amuse des rêveries touristiques et cultivées du réalisateur. Toujours prompt à la légèreté maligne (au sens clinique), Woody l’amoureux oscule les espoirs d’un écrivain bloqué dans l’engagement marital. En cela le film combine tous les plus beaux travaux du cinéaste (jusqu’à Manhattan avec le métro devant la Tour Eiffel). Il retrouve même une drôlerie de tous les instants. La malice s’étendait à la bande-annonce en trompe-l’œil. En lieu et place d’une somme de cartes postales pompeuses, le film les condense dans son introduction avant de filer vers l’autodérision.


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La douceur inhérente se ressent dans la manière de filmer les acteurs français. Léa Seydoux et surtout Marion Cotillard incarnent des égéries à l’américaine de la française romantique mais au caractère affirmé. Dans ce zoo des héros du passé, Gil y croise ses idoles : Fitzgerald, Joséphine Baker futilement, Dali (et ses rhinocéros) splendidement interprété par Adrian Brody et même Buñuel. Les allers-retours passé/présent synthétisent la plus belle catharsis poétique du cinéaste new-yorkais. Le message, toujours contradictoire, donne envie de rêvasser éternellement son monde parfait. Owen Wilson, sorte de variation de Cendrillon, lutte face à une épouse savamment détestable (Rachel McAdams, encore très bonne) et l’envie de fuir toujours plus loin dans la fraicheur d’une rose pourpre du quai St-Martin. Minuit à Paris, fragrance délicate des soirées pluvieuses suspens le temps par une photographie splendide et une écriture aussi drôle que tendre.

 

Minuit à Paris, de Woody Allen, avec Owen Wilson, Rachel McAdams, Marion Cotillard (U.S.A., 1h34, 2011)

 

La bande-annonce de Minuit à Paris :

 

 

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