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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 21:25

Les cendres du Phoenix

 

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I'm Still Here marque une nouvelle étape dans la façon de concevoir la fiction. Phoenix, anti-star, se laisse filmer en rappeur raté. Un rôle [peut-être] de composition plus que fascinant.

 

« J'arrête le cinéma, je me lance dans le hip-hop », telle était l'annonce choc de Joaquin Phoenix fin 2008. Le sublime Two Lovers n'était pas sorti que le meilleur acteur de la décennie décide de se tirer une balle dans le pied. Trois ans plus tard, on comprend en partie la supercherie. Il s'agissait d'un docu-fiction de son beau-frère, Casey Affleck. C'est clair ? A vrai dire, pas franchement. La frontière entre le réel et le jeu vole en éclat. Constamment, on se demande s'il s'agit d'une vraie grosse blague ou d'un projet véridique. Joaquin n'aurait donc jamais voulu devenir une star du hip-hop ? Il n'aurait que simulé ses colères et sa descente aux enfers ? Il n'aurait pas non plus projeté de se faire produire par Diddy ? Ça en avait l'air pourtant.

 

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Le rôle de la fiction atteint alors sa quintessence, celle de faire admettre, même aux plus aguerris, que le faux est en fait vrai. Le travail de l'acteur, mais aussi de ses complices les plus proches, consiste à croire à la fumisterie, à la mettre en scène 24h sur 24. Un pari suicidaire pour le mental, et, plus pragmatiquement, pour la promo du film de James Gray. Tout le drame du personnage Phoenix rappeur, c'est que tout le monde flaire le canular. De son épopée peu glorieuse nous sont parvenues des vidéos de lui rappant mal, quelques photos de sa mine patibulaire, une promo chez Letterman drôle et pathétique. Pathétique aussi la session d'écoute de démos avec P. Diddy. A ce moment, on pense perdre le soldat Phoenix. On se dit « merde, et si c'était vrai ». C'eut été logique quand on connait les trajectoires fulgurantes de la famille. Perdre Joaquin après River, là on ne rit plus, on pleure.

 

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I'm still Here questionne sur la place du spectateur devant la réalité. A l'heure des télé-réalités intégrées aux quotidiens des chaines du petit écran, jusqu'où la frontière entre vrai et faux peut-elle être mise à mal ? Phoenix pousse même l'actor-studio dans ses retranchements ultimes, où la transformation physique touche au chant du cygne. Il semble détester DiCaprio, adulé de tous. Plus fascinant encore, le regard de Casey Affleck, toujours présent, jusqu'au bout. Impossible de savoir ce qu'il a mis en scène. Impossible de voir qui était tenu au courant. I'm Still Here ne donne aucune réponse. Il explore des pistes, redéfini les canons de la narration à l'instar d'un Alain Cavalier. C'est stupéfiant, un peu malsain mais indispensable.

 

I'm still Here, de Casey Affleck, avec Joaquin Phoenix, Casey Affleck, Jack Nicholson (U.S.A., 1h48, 2011)

 

Sortie le 13 juillet

 

La bande-annonce de I'm Still Here -The Lost Year of Joaquin Phoenix :

 


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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 18:17

Panique pré-nuptiale

 

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Film d'acteurs avant tout, Pourquoi tu pleures ? offre un beau cadeau à Benjamin Biolay. Pour le reste, un ennui indicible se marie aux belles intentions d'un naturalisme mou.

 

Il a fière allure Benjamin Biolay du haut de sa chaise, couronne de fleurs sur la tête à lui filer une tronche d'elfe, ou d'ange. Un peu perché le garçon, avec son éternelle dégaine mi-snob mi-décontractée. Dire que le chanteur regorge d'un talent fou apparaît comme une évidence, que l'on aime ou pas. Des albums, quelques apparitions cinés et maintenant un vrai premier rôle, Biolay réussit tout ce qu'il entreprend. Assez paradoxal quand on le voit, l'air constamment éberlué par on ne sait quel parasite invisible. Dans Pourquoi tu pleures ?, premier long-métrage de Katia Lewkowicz, son personnage de futur marié paumé lui sied à merveille. La preuve qu'il est un oiseau rare, tout le monde l'appelle « cui-cui ».

 

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Comédie sociale douce, Pourquoi tu pleures ? suit ce dandy tourner en rond à l'aube d'un mariage qu'il n'est pas sûr de vouloir. Le film tourne lui aussi en rond, distillant un ennui un brin agaçant. Pourtant, les acteurs parviennent sans mal à capter l'essentiel. Emmanuelle Devos, la sœur, et Nicole Garcia, la mère, imposent leur présence à l'écran. Biolay s'intercale parfaitement, comme son personnage essaie d'exister. La sœur guère gracieuse se frotte à la maman pot de colle. Comme une étrangère, la mariée passe en coup de vent. Valérie Donzelli, partout en ce moment, commence à symboliser un cinéma d'auteur frais et économe. Celui des petits films sur le fil, dont on peut rester étranger si le sujet demeure trop éloigné de nos propres expériences.

 

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Passé les malices étouffantes de la joyeuse fratrie, Biolay se retrouve esseulé par une œuvre molle, jouant sur la nostalgie et les doutes sentimentaux. Pourquoi tu pleures ? est une toute petite chose, fragile, pas très inspirée dans la mise en scène, inégalement écrite. On peut facilement décrocher devant les préparatifs du mariage. On peut aussi s'y retrouver pleinement, revivre un passé douloureusement joyeux ou au contraire, se convaincre que les noces ne sont pas faites pour vous. Seulement, les fragments de vies ne tiennent qu'à la captation sans saveur d'une histoire banale. Un naturalisme pantouflard illustre le peu de choses qu'a à dire la réalisatrice Katia Lewkowicz.

 

Pourquoi tu pleures ? de Katia Lewkoicz, avec Benjamin Biolay, Emmanuelle Devos, Nicole Garcia (Fra., 1h39, 2011)

 

La bande-annonce de Pourquoi tu pleures ? :

 


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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 18:53

  Retour vers le futur

 

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Hommage un peu vain où la volonté artisanale de mômes étouffe sous la machine trop bien huilée de la production Spielberg. Rien de nouveau à découvrir.

 

Goûter à Super 8, c'est effleurer le rêve nostalgique des émerveillements d'enfance et craindre une vieille copie pas rétro pour deux sous. L'effet Ben l'Oncle Soul ou tout un tas d'artistes du genre, qui sous couvert de rendre hommage à la musique de telle époque, se vautrent dans une superficialité surannée. A peine la langue savoure t-elle les premières minutes -délicieuses- du nouveau film de J.J. Abrams qu'un arrière-goût moisi gâche le plaisir. En vrac des références qui sautent aux yeux : Les Goonies, Rencontre du 3e type, La guerre des mondes, E.T., bref un attirail résolument années 1980. Un univers de jeunesse pour tous les trentenaires d'aujourd'hui, biberonnés à ces machines à spectacles aussi cultes que rentables. Argument marketing massif, Super 8 s'inscrit dans une magnifique audace.

 

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A l'heure du passage au numérique et des possibilités de films amateurs décuplés, redécouvrons une époque où les caméras de poches et les projecteurs 8 mm étaient déjà à la mode. Pendant une vingtaine de minutes, on croit voir en Super 8 une ode sublime. Une bande d'ados, parmi lesquels Charles et Joe, tente de réaliser un court-métrage de zombies. Le regard tendre porté laisse imaginer un Spielberg -producteur à la marque lourde- énamouré devant l'effet madeleine de Proust. Charles dirige son monde, les autres suivent. Puis apparaît Alice (la surdouée Elle Fanning). Un train déraille, l'armée débarque et tout tombe en lambeau. Si les mômes parviennent tant bien que mal à mener leur entreprise, J.J. Abrams se vautre peu à peu dans la démonstration de force. Une drôle de créature règne. Les habitants effrayés comptent sur le shérif adjoint -père du héros, forcément.

 

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Une ode à la créativité paradoxale tant le poids des moyens de studios pèsent sur le film. Les routes mille fois empruntées ne misent que sur l'hommage un brin lénifiant. Si la scène d'accident de train illustre ce qui se fait de mieux dans le grandiloquent, le reste a un peu trop tendance à montrer les muscles, jusque dans une scène de tirs foutraques. Tout est bon pour convaincre l'assemblée : des hors-champs suggestifs pour cacher le monstre, un ersatz de musique à la John Williams (par moment finement dysharmonique tout de même), quelques clins d'œil appuyés. Le découpage emphatique contraste tant avec la fraicheur de ces ados que l'entreprise frôle le naufrage. Le symbolisme lourd des effets (un collier familial, des pères mal à l'aise avec l'éducation, des intentions tendres entre Alice et Joe, la figure monolithique des militaires) se frotte à la morale gentiment molle qui rappelle vraiment E.T.. Sans en avoir l'air, Super 8 arrive à recaser, dans un faux style nonchalant, que la drogue c'est moche et que la tolérance à l'égard d'autrui doit perdurer. Tartes à la crème où la cerise sur le gâteau se trouve dans un final sans saveur.

 

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Les recettes de papy Steven ne bénéficient pas de « la plus-value sur la production » comme l'assène le petit gros de la bande. Façon de rappeler que ces soi-disant artisans de la pellicule sont surtout des magnats du spectacle populaire rentable. Le gamin ne pense déjà plus en terme d'art mais d'attente du public. Se risquer à surprendre serait synonyme d'échec ? Drôle de perception des choses, véhiculée par un film entièrement dans cette veine. A quoi bon innover puisque se sont dans les vieux pots que l'on fait les meilleurs confitures. Buvons encore un peu de la science fiction maintream, pas nulle, parfaite pour les vacances. Après tout, Super 8 sort en plein été, le public ne veut pas réfléchir, ni être déstabilisé. Le travail des personnages n'a guère d'importance. Ils doivent ressembler à tout le monde donc à personne. Seul l'objectif de la caméra familiale arrive encore à capter une once d'intimité.

 

Super 8, de J.J. Abrams, avec Joel Courtney, Kyle Chandler, Elle Fanning (U.S.A., 1h50, 2011)

 

Sortie le 3 août

 

La bande-annonce de Super 8 :

 


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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 11:47

Fantastique à la peine

 

 

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Épouvante en 3D sans saveur, Derrière les murs affirme encore un peu plus le besoin de chercher de nouvelles aires de jeux pour le fantastique de maisons hantées.

 

Droite comme un I, Laetitia Casta ne peut que constater les dégâts. Celle d'une production engoncée dans des schémas préétablis, où depuis des décennies les mêmes recettes se répètent sans saveur. Depuis l'Orphelinat et les Autres, nous n'avons guère eu droit à un véritable choc cinéphile au sujet d'une maison inquiétante, où ses habitants, pour une raison ou une autre, perdent les pédales. Casta se voit un rôle à la Shining, en tant qu'auteure de roman en panne d'inspiration. Elle puise dans une cave les ressources de son écriture glauque. La comparaison avec Jack Torrance devient évidente quand on découvre les flots de pages sans sens tapés sur la machine à écrire. La folie de cette Suzanne serait donc lié à la maison de campagne et à l'environnement paysan hostile.

 

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Derrière les murs joue du choc entre les cultures parisiennes et campagnardes. Le duo Pascal Sid et Julien Lacombe ne lésine pas sur les pires clichés. Celui d'une méfiance de l'étranger, de la psychose du passé ou de la perversité du chef de village. Un peu comme les fourches brandies dans la Belle et la bête, les pécores en veulent forcément à la douce Suzanne, trop belle pour être sincère. Son teint blafard comme la mort annonce gros comme une maison (hantée ?) les troubles du passé. Tout est alors surligné, les effets sonores et visuels prédisent de la terreur ambiante. Rien ne fonctionne vraiment. Personne n'a l'air d'y croire. Surement pas Thierry Neuvic en beau gosse endimanché qui soutient la déchéance de Suzanne. Les rapports que la jeune femme entretient avec une petite fille lorgnent vainement vers l'ambiguë. La démarche pataude ne trouve que de l'emphase.

 

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Plus-value mise en avant du film : sa 3D. C'est -roulement de tambours- le premier film français tourné avec cette technologie, hors animation. Si le rendu n'a rien de honteux, le résultat n'apporte pas grand chose. Sûrement pas de la crainte ou de la gêne. La preuve qu'une simple innovation ne suffit pas à faire un film. Le relief effectif ne compense pas la morne vallée qu'est ce Derrière les murs. Pour flipper, il faut de l'inconnu, du mystère. Or, dans ce genre balisé, aucune nouveauté ne vient rompre la monotonie. Les visages, la pénombre, les personnages, tout semble plus surannée que de vieilles légendes de grimoires. L'avenir du film d'épouvante pourrait bien être le mélange des genres : un mix d'horreur et de thriller, ou de fantastique et d'amour complexe réinvention des grands œuvres d'antan (Cocteau, De Poligny).

 

Derrière les murs, de Pascal Sid et Julien Lacombe, avec Leatitia Casta, Thierry Neuvic, Jacques Bonnaffé (Fra., 1h30, 2011)

 

Sortie le 6 juillet

 

La bande-annonce de Derrière les murs :

 


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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 22:07

Entre les murs

 

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Encore une preuve de la vitalité du cinéma iranien avec l'Ours d'Or berlinois, à la fois touchant et intelligent. Les murs et les cadres illustrent des brèches aussi nationales qu'universelles.

 

Les mauvaises langues eurent tendance, au lendemain du festival de Berlin 2011, de soupçonner un triomphe politique de Une séparation, 3 prix (meilleur film et les deux prix d'interprétation pour l'ensemble des comédiens). Puisque iranien, le nouveau Asghar Farhadi se devait une réponse artistique au régime d'Amadinejab et à l'enfermement de Jafar Panahi. Un raccourci mal venu tant Une séparation va ailleurs. Ça serait réduire le cinéma iranien d'aujourd'hui à de la simple contestation quand il faut y voir des travaux aussi diverses que chez Kiarostami ou Pitts. Certains fuient le régime et sa morale, d'autres parviennent à la contourner (Panahi dans le Ballon blanc en tête). En découle une créativité maligne, un peu à l'instar du classicisme hollywoodien à l'égard du code Hays. Ainsi, Farhadi accepte de voiler ses femmes dans les espaces privés et évite habilement les interdits de contacts physiques.

 

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Son film fonctionne autour de paravents, de vitres et autres portes. Les personnages dialoguent rarement tous ensemble. Les hommes et les femmes ne se retrouvent guère dans le cadre. Le mystère passe par ces frontières. Les conflits de toutes parts se règlent ou s'aggravent par la mise en scène. Ainsi, quand le père questionne sa fille, les champs/contre-champs fonctionnent mais le partage de ces deux personnages les met à égalité sur l'écran. Presque invisible, cette mise en image assure pourtant l'essentiel de la construction scénaristique. L'intrigue, en forme de pseudo-thriller social, se nourrit de la mise à l'écart du plus faible pour créer un trouble insidieux, jamais outrancier. Le conflit de classe s'illustre dans sa réalité et ses limites.

 

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Toujours selon les règles de la bienséance, Asghar Farhadi inocule à Une séparation une flopée de questionnements universels : le divorce, le poids du parjure, le mensonge, la justice. Dans ses films, les enfants et les femmes trinquent, sont même parfois les témoins privilégiés des faiblesses masculines. C'est encore plus vrai avec cette histoire de divorce, où le mari se soucie plus de son père touché par Alzheimer que des souffrances de l'adolescente. Il devient dès lors aisé de saisir les intentions de chacun, de les comprendre en fonction de leurs enjeux. Si tout tourne autour de procès, on a autant d'empathie pour la mère moderne, Simin, mèche rouge un brin rebelle que pour la pieuse femme avec les créanciers aux basques.

 

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En vrac des problématiques : un vol d'argent, une femme enceinte, un grand-père malade, un divorce et un poids social autour. La barque peut sembler chargée mais l'histoire étoffée parvient à intégrer cela à la société naturellement, bien aidée c'est vrai par tous les acteurs. Le petit jeu de dupe des protagonistes va de pair avec un trou temporel pour le spectateur. Ainsi, personne n'est tout à fait omniscient (à part Dieu ?) et c'est tant mieux. On se permet d'être ému par ces choix cornéliens ; ou par cette scène toute bête au début où le grand-père, comprenant que Simin quitte le foyer, tient fermement la main de sa belle-fille comme pour lui dire de rester. Une histoire d'êtres qui s'appellent mais qui inévitablement se retrouvent séparés par des murs. Il est peut-être là le grand drame de l'Iran d'aujourd'hui.

 

Une séparation, de Asghar Farhadi, avec Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini (Ir., 2h03, 2011)

 

La bande-annonce de Une séparation :

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 11:56

Un couple sous influence

 

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Fragments de vies et exploration des hauts et des bas d'un couple, Blue Valentine offre des rôles en or et se frotte, un peu maladroitement, à John Cassavetes.

 

A bien des égards, Blue Valentine, errance par fragments sur un couple en perdition, rappelle aux bons souvenirs de John Cassavetes. L'inégalable Gena Rowlands trouve une belle héritière en la personne de Michelle Williams. La mère de famille courage mais imparfaite fait écho à une version moins folle de Mabel dans Une femme sous influence. Ryan Gosling (enfin reconnu à sa juste valeur) l'épaule, malgré ses tempes fuyantes où un début de calvitie se pointe. Blue Valentine n'a pas vraiment d'aboutissants, sauf montrer le déclin du couple. Celui de la routine silencieuse, du poids parental un brin pessimiste et du courage de tout à chacun de maintenir une unité tant bien que mal. Celui de donner sens au « pour le meilleur et pour le pire » du mariage. Le film serait un peu une version plus mature du guilleret 500 jours ensemble.

 

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Pourquoi l'intrigue commence un matin plutôt qu'un autre ? Pour un détail : le clébard s'est enfui. Dans l'inconscient collectif - surtout américain-, le canin symbolise la solidité familiale. Si vous vous demandiez pourquoi on tue rarement les chiens dans les gros films hollywoodiens, vous avez votre réponse. Le couple subit les tourments rauques du traintrain à l'instar de la voix de Tom Waits dont est inspiré le titre du film. Dans une tentative désespérée, Gosling tente une soirée romantique un brin ratée. Une chambre futuriste, sans fenêtre, métaphoriquement sans oxygène. Derek Cianfrance évite le voyeurisme gênant et la surenchère pour ne garder que la substantifique moelle. On cadre surtout les visages, les instants de solitudes, Gosling caché derrière ses grosses lunettes et ses mains de peintre en bâtiment. La limite : accuser le coup de la virtuosité de Cassavetes. Les deux cinéates partagent une tendance à filmer avec les moyens du cinéma indépendant américain. Blue Valentine est porté par son étiquette Sundance.

 

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Le réalisateur de Husbands savait laisser de la liberté. Elle n'apparaissait jamais artificielle. La maestria de la mise en scène créait naturellement des ressentis très forts et la place aux acteurs offrait se qui se faisait de plus beau au monde. L'aspect Sundance de ce Blue Valentine vient surtout alourdir les souvenirs. Une stylisation vaine ne fait que donner du grain à l'image. Heureusement que l'interaction entre passé et présent apporte une forme de subtilité. Elle s'incarne parfaitement dans le rôle du père de Michelle Williams. On le croit d'abord un peu mourant, puis on le revoit en père autoritaire pour se rendre compte qu'il ne rentre dans aucune case caricaturale. Gosling aussi profite d'un personnage complexe : père déconneur aux fantômes plus lourds, il illustre bien que le film n'accuse personne, ne règle aucun compte.

 

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Plus que les images, Cianfrance affiche des mots forts pour montrer l'amour comme une fulgurance se voulant Phénix mais trop souvent vécue comme une vie d'Éphémère. Pas évident de ressentir un choc sur l'instant. Blue Valentine, bien loin des canons de la romance banale, explore plus le for intérieur. Il travaille après coup. Les maladresses ici et là font penser à un garçon pas très sûr de lui pour avouer ses sentiments à la fille qu'il désire. Pour certains, cela se solde par un râteau moqueur, mais, puisqu'il s'agit de toucher la corde sensible, le sourire de la jolie fille qui dit « oui » n'en est que plus beau. Si Blue Valentine ne déborde pas d'optimisme, il laisse assez de portes ouvertes pour lier cette histoire à la sienne.

 

Blue Valentine, de Derek Cianfrance, Ryan Gosling, Michelle Williams, Faith Wladyka (U.S.A., 1h54, 2011)

 

Sortie le 15 juin

 

La bande-annonce de Blue Valentine :

 


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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 16:06

Ronronnement oriental

 

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Conte espiègle sur la tolérance, la nouvelle tentative sur grand écran de Joann Sfar (Gainsbourg : vie héroïque) se veut une réponse parfaite et élégante à un climat général lourd.

 

Le chat du rabbin est aussi malicieux que le renard du Petit prince. Par le truchement de l'animal, le dessinateur de BD Joann Sfar se crée une mascotte bavarde et sans langue de bois. Le chat, plus élancé et courageux que celui de Geluck, n'arrête jamais de questionner sur la religion. Son passage sur grand écran permet de donner une vraie voix au félin. Celle, parfaite, de François Morel, acteur génial à la tonalité adéquate. Dans l'Alger colonial, la petite bête ne craint jamais de soulever les questions qui fâchent, mais garde à l'esprit la prudence de mise pour son maitre. Si ce Chat du Rabbin traine des pattes à fixer les enjeux, c'est avant tout par sa fausse naïveté que le film séduit.

 

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Dans un climat politique pas franchement gai, la tolérance somme toute mesurée du film offre un peu d'oxygène. Rien à voir avec les soins palliatifs de la télé qui assènent des conneries en fin de JT pour faire oublier les horreurs précédemment vues. Ici, c'est en prenant à bras le corps les questions qui fâchent que Sfar s'en tire bien. L'oasis narquois des protagonistes contrebalance l'aridité du regard envers l'autre d'aujourd'hui. L'humour désamorce la tension et prend le contrepied du communautarisme dégueulasse d'un Dieudonné. L'idée, simple, consiste à se dire que toutes les religions sont finalement pareilles : de belles visions du monde, aux métaphores et préceptes de vie à lire mais quelques fois gâchés par des idolâtres de tout poils. Par bribes, les avis contradictoires s'amorcent. Comme ce chef de clan musulman ouvert à avoir un portrait peint alors que son bras droit y voit de l'idolâtrie.

 

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Alors bien sûr, une relative faiblesse d'écriture ressort pour certains personnages. Notamment la fille du Rabbin, doublée par Hafsia Herzi pas très à l'aise. Quelques rôles secondaires se voient aussi sacrifiés sur l'autel d'un road-trip linéaire et un peu vide. Pourtant quelle beauté ! La 3D éreintante se risque tout de même à de beaux essais. Ceux de jouer sur l'effet feuille de papier. Le procédé très artificiel, presque malheureux, s'accommode aux dessins envoutants. Les rêveries et autres passages stylisés dévoilent un charme absolu. Les saveurs orientales sucrent les dialogues. L'énergie nonchalante du chat se couple d'une malice diffuse d'un auteur sain d'esprit. Il serait dommage de considérer Le Chat du Rabbin autrement que comme une réponse espiègle aux torrents xénophobes et réactionnaires qui inondent même les plus belles contrées républicaines. La preuve, on supporte même une chanson d'Enrico Macias (pas trop quand même par contre).

 

Le chat du Rabbin, de Joan Sfar et Antoine Delesvaux, avec les voix de François Morel, Maurice Bénichou, Hafsia Herzi (Fra., Aut., 1h40, 2011)

 

La bande-annonce du Chat du Rabbin :

 


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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 22:42

Les Noces funèbres

 

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Il faut se pencher sur les fantômes incarnés ou supposés du nouveau Gus Van Sant pour dépasser le mélo adolescent fade. Un objet mineur mais bien mis en scène.

 

Dans le cosmos des réalisateurs, Tim Burton fait figure de tête de proue d'une approche de la mort joyeuse, endiablée. Lorsque Mia Wasikowska signe pour incarner son Alice, elle ne devine sûrement pas qu'elle ne pourra pas faire son grand rôle mortifère. Le travail de Burton, plus proche de Narnia que de Sleepy Hollow, oublie cette approche de l'autre côté du miroir pourtant centrale. Comme une vengeance, Wasikowska va trouver les fantômes et les mourants chez un autre grand nom : Gus Van Sant. Le spécialiste des histoires d'adolescents se lance dans une romance à leur destination, parle d'eux avec leur regard éberlué et de leur cœur fragile. Mia incarne Annabel, malade (trop) souriante, affublée d'un courage hors-norme et d'une envie d'en découdre avec les derniers jours de sa vie.

 

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La romance avec Enoch, froide au possible, ne révèle guère un attachement marquant. La tension sur la mort n'existe jamais puisque les deux protagonistes l'appellent, et s'en amusent. C'est sûrement dans ses tendances fantastiques, voire fantasmagoriques, que Restless dévoile son véritable intérêt. Celui de coller à Enoch, tunique trop sombre pour ne pas se fondre aux teintes grisâtres de Savides (chef op' attitré de Gus an Sant), un fantôme japonnais. Belle idée que ce kamikaze sûrement issu de la solitude du héros ou hypothétiquement vraie apparition d'outre-tombe. Dès que les deux cœurs tendres se croisent, Hiroshi, toujours avec sa tenue de soldat, s'oblige à disparaître. Et quand il reste, le cadre l'isole.

 

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L'étrangeté s'épaissit dès lors que les vrais vivants, (parents divers, personnel hospitalier) subissent le même sort. En dépit de la vie qu'ils dégagent, Gus Van Sant les pousse au maximum en dehors du cadre, les floute, les décadre. L'autisme amoureux retrouve alors tout son sens. Le glissement plus jovial d'Enoch ne suffit pas à le rendre plus attachant. L'amour sans envolée lyrique évite quelques passages obligés ridicules mais sacrifie une part d'identification. Le mystère très léger de l'intrigue se compense à peine par l'humour diffus. Après la comédie Serial Noceur où deux dragueurs du dimanche s'incrustaient dans les mariage pour avoir des demoiselles au lit, Enoch joue les corbeaux en s'incrustant aux enterrements. Une idée folle, point de départ original et trop vite délaissé. Restless ne semble même pas rapprocher l'attirance mortifère d'Enoch pour les cadavres à l'amour qui le lie à une malade incurable.

 

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Les contours flous des intentions se délimitent malheureusement aux traits de craies de deux jeunes amoureux. Nombriliste involontairement, Restless tourne sur lui, ne s'ouvre pas vraiment pour distiller son charme. Tout le talent de Van Sant passe par le contournement du pathos téléfilmique. En revanche, il hérite de son passage sur petit écran (Elephant fut à l'origine produit pour la télé) un rythme propre, déjà vu dans Gerry ou Paranoid Park. Le regard porté sur l'adolescent change. Van Sant cherche à s'enivrer de ces passions (la poursuite dans le bois, la défiance envers les grands) sans jamais se vouloir générationnel, contrairement à un Last Day. La légèreté se transforme en indifférence et le jeu trop propre de Wasikowska gâche la crédibilité. Mieux vaut relire la passion dévorante et fataliste de l'Écume des jours.

 

Restless, de Gus Van Sant, avec Mia Wasikowska, Henry Hopper, Ryo Kase (U.S.A., 1h31, 2011)

 

sortie le 21 septembre

 

La bande-annonce de Restless :

 

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 21:08

Film d'école

 

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Les rouages du couple mis à mal par le temps et les tempéraments ne trouvent guère un écrin majestueux dans ce Belleville Tokyo faiblard.

 

La maxime devenue célèbre de Nicolas Bedos « j'ai passé une semaine de merde, alors imaginez ce que je pense... de la vôtre ! » résume bien l'impression générale à la sortie de Belleville Tokyo. Petit film embourgeoisé, il décrit les méandres de Marie et Julien dans leur vie de couple. On a rarement vu aussi peu inspiré dans le cinéma d'auteur bon chic bon genre, et ce jusqu'aux prénoms. Sorte de travail d'école en mieux produit, Elise Girard cherche une voie gracieuse et sans fioriture. On flaire le script autobiographique. Celui d'une femme parisienne, cultivée, pas toujours facile à vivre et cherchant à extérioriser ses frustrations passées. Un couple à la lisière de l'antipathie aux comportements complexes.

 

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La nouvelle chouchoute de la critique, Valérie Donzelli (La reine des pommes, La guerre est déclarée) est accompagnée de son compagnon de scène favori : Jérémie Elkaïm. Les économies de dialogues, comme pour dire que le discours entre eux ne passe plus, laisse entrevoir une volonté de rafraîchir un cinéma proche de l'intello. Sauf qu'aucune énergie ne se dégage. La chronique, plombée par des ellipses mal jaugées, déroule une litanie aux états léthargiques. En clair, rien de formel ne donne envie de s'y plonger, pas plus que la construction des personnages. On assiste alors, froid, aux errances sentimentales de Marie et Julien. Sur fond de cinéphilie clicheteuse, les hommages passent plus ou moins bien.

 

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Si la veine héritée de Godard offre son plus bel instant de frisson (une chanson d'Anna Karina a forcément quelque chose de cinéphilique), les affiches et les bobines entassées dans un célèbre cinéma parisien  (Le grand action) s'amoncellent en lourdeur sous la bienveillance de Philippe Nahon. L'espace d'une seconde, le risque de destruction d'une copie 70mm des Moissons du ciel sort de la torpeur. En revanche, toute la réflexion sur une femme enceinte plus ou moins abandonnée se frotte au traitement évasif. Un sujet aussi subtil aurait mérité autre chose qu'une construction narrative sur de simples sautes d'humeurs. Le jeu d'acteur, trop peu crédible, rend Belleville Tokyo complétement vain, sans émotion ni envoutement.

 

Belleville Tokyo, d'Elise Girard, avec Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, Philippe Nahon (Fra., 1h15, 2011)

 

La bande-annonce de Belleville Tokyo :

 

 

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Published by alexandre mathis - dans sortie en 2011
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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:55

Le jour des bêtes

 

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L'initiative d'un hommage additif au cinéma qu'aime De La Iglesia se cogne à une engelure symbolique de la liberté de son cinéma. Balada Triste démarre aussi magnifiquement qu'il retombe comme un soufflé.

 

Les premières minutes de Balada Triste (anciennement Balada triste de la Trompeta) ont quelque chose de miraculeuses. Le fantasque espagnol Alex de la Iglesia glisse dans le costume de clown sanglant, au prise avec la révolution. Le générique de début laisse penser que l'on tient peut-être le Inglorious Basterds hispanique. La magie du clown se synthétise. Celle de l'humour potache et des grosses ficelles que le film utilise allégrement. Puis entre les rires, les grincements de dents prennent le dessus. D'abord par des sourires d'Auguste effrayant. Puis par un embrigadement forcé au cœur d'une révolution où le con est l'autre. S'en suit un déterminisme social triste comme le clown blanc. Javier, obligé de se sentir meurtri, ne doit pas devenir Auguste, l'empereur des comiques intergénérationels. Il se contente d'un visage bouffi en clown blanc.

 

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La farce, aussi lourde que le cinéma de La Iglesia, cache une tragédie en forme de duel. Deux clowns pour une femme, des tonnes de possibilités. Le réalisateur espagnol, revenu de sa tentative américaine (Crimes à Oxford), mixe autocitation et hommage au regard aiguisé de Buñuel. Dans sa première partie, le microcosme du cirque renvoie bien cet esprit foutraque, guidé par de belles idées de mise en scène. En témoigne les rires hors-champs des spectateurs du chapiteau. La mine déconfite de Javier montre que le public s'esclaffe face au calvaire que lui fait subir son Auguste patron. Une panoplie de personnages se met en route et l'humour noir alors tenu offre une certaine saveur à l'ensemble. L'histoire d'amour naissante rend mal hommage à l'inoubliable Larmes du Clown mais puisqu'il est question de déterminisme social et de politique, on voit vite cette belle acrobate comme la personnification de l'avenir (national) à saisir.

 

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Sauf qu'en dépit du propos politique, Balada Triste perd les pédales. Le trop plein de tout se mue en férocité gratuite, souvent absurde, rimant parfois avec grossier. A tout mettre dans l'histoire d'amour, le film devient aussi bouffi que les joues de son anti-héros. L'idée que tous, en nous, comportons une part de chaleur et une autre glaçante de férocité fait disjoncter le film en roue libre. L'action mutante des personnages principaux perd en amusement. Sans révéler le changement de cap, il convient juste de prévenir que le gag devient grave, que le sourire titille l'ange et que la posture western du duel s'effiloche dans un hommage à King-Kong. L'ambition boursoufflée du projet peine à masquer le manque de convivialité des précédents travaux de La Iglesia. Comme si son passage houleux à la tête de la cérémonie des Goya protocolisait son travail. Le baroque change les gribouillis chargés en enluminures pesantes.

 

Balada Triste, de Alex de la Iglesia, avec Carlos Areces, Antonio de la Torre, Carolina Bang (Esp., Fra., 1h47, 2011)

 

Sortie le 22 juin

 

La bande-annonce de Balada Triste :

 

 

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Published by alexandre mathis - dans sortie en 2011
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