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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 13:21

Une autre histoire de violence

 

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Exemple de film noir intriguant mais qui ne pousse pas assez loin sa prospection sociétale. Toni Servillo donne corps à lui tout seul à cette chronique familiale.

 

La fuite est-elle un acte lâche ou courageux ? Dans le cas de Rosario Russo, la question mérite d'être posée. Un peu comme dans A History of Violence, ce restaurateur italien expatrié en Allemagne cherche faire oublier son passé de mafieux. Il le fait pour protéger sa famille restée en Italie. Une vie tranquille fait de son héros un gentil patron de restaurant. Une bête blessée toujours féroce s'il s'agit de mordre. Mais là où Cronenberg en profitait pour secouer l'ensemble du modèle américain, Claudio Cupellini se contente d'y broder une intrigue de film noir très classique. Le premier fils vient le retrouver, les affaires tournent mal, le proche entourage se demande pourquoi tant de mystères.

 

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Il devient nécessaire de s'émanciper du modèle Cronenberg pour apprécier. Ne serait-ce que parce que le film italien à une force évocatrice propre. De plus, son déroulement travaille un rythme singulier. Si le film fait moins de deux heures, sa lente progression donne presque des allures de série. Claudio Cupellini s’efforce de laisser les choses évoluer sans précipitation. Ainsi, on voit le restaurant tourner, le père et le fils tenter un rapprochement. Quand le second enfant du restaurateur entre dans la danse, le drame familial tend à se compliquer. Dommage que le cinéaste ne pousse pas plus loin l'idée. Ce qui l'intéresse, c'est de voir comment Rosario va réagir.

 

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Lui qui a fuit il y a quinze ans peut-il faire face à un passé qui le rattrape ? La réponse apportée n'a rien de bien originale mais véhicule une tension efficace. Reste que les seconds rôles en pâtissent petit à petit. Notamment, la jolie serveuse Doris qui a l'air un temps d'avoir une place centrale. Rosario se positionne comme un simple rouage familial. Le restaurant tourne sans lui, sa famille aussi. Toni Servillo, acteur fétiche de Sorrentino et comédien de théâtre, joue bien ce père de famille prêt à sortir ses griffes. Sa tendance à grimacer marque un peu trop son visage de rides qui confère par moments au gimmick. Il porte à bout de bras le film sans mal. Reste une interrogation : pourquoi ces quelques fioritures dans les mouvements de caméra ?  Sûrement armé d'un budget confortable, Cupellini se paie le luxe d'une grue monumentale pour un plan qui n'en a absolument pas besoin. Une nécessité de prouver son savoir-faire technique pas très en adéquation avec le héros de son histoire.

 

Une vie tranquille, de Claudio Cupellini, avec Toni Servillo, Marco d'Amore, Francesco di Leva (It., 1h45, 2011)

 

Sortie le 3 août

 

La bande-annonce de Une Vie tranquille :

 

 

 

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 15:41

 

Toute la misère du monde

 

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Bien plus qu'un polar noir, le successeur de The Chaser lorgne du côté du survival et de la dénonciation politique à la puissance corrosive et à l'humour noir décapant.

 

La dernière fois qu'un film de vengeance coréen nous est parvenu en France, c'était il y a quelques semaines avec le très bon J'ai rencontré le Diable. Chez Kim Jee-Woon, la violence devenait un cercle vicieux où la loi du talion s'exerçait avec une bêtise éloquente mais finement illustrée. The Murderer a beau avoir des atours semblables, notamment dans la violence, les deux films n'ont en fait pas grand chose à voir. Hong-Jing Na avait déjà calmé tout le monde avec The Chaser (rappelons-le un film d'école !) tant sa maîtrise des codes dépassait le simple exercice de style. Il avait déjà digéré tout un pan de la société coréenne et faisait de la vengeance un acte de désespoir très humanisé. Avec The Murderer, il récidive et pousse plus loin l'exploration sociale.

 

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Les bases n'ont rien de transcendantes pourtant. Gu-Nam, chauffeur de taxi à la vie minable, se voit l'opportunité de sortir la tête de l'eau en assassinant quelqu'un. Sauf que le cadre n'a rien de banal. L'action débute en Chine, à Yanji, ville coincée entre la Russie et la Corée. Là-bas, toute la misère du monde s'y accumule puisque des sino-coréens s'y entassent dans une ambiance de trafics en tous genres. Le thème émigré/immigré traverse ce thriller haletant. Gu-Nam ne se sentira nulle part chez lui. Ni dans ce coin de Chine où il espère des nouvelles de sa femmes partie en Corée trouver du boulot, ni lors de son passage dans ce pays divisé où il va devenir une bête traquée. Il est un clandestin tellement recherché qu'il en devient un monstre suprême, métaphore de la xénophobie contemporaine. L'étranger se meut en cible quand bien même il est une victime.

 

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Hong-Jing Na nous fait voyager avec lui, entre craintes et espoirs de retrouver sa femme. L'occasion de voir les marchés, les gens travailler, les magouilleurs ; l'occasion de sentir le froid des montagnes et la nature lors de trajets en bus. Puis le film prend une tournure plus alambiquée à la fois passionnante et un peu dure à suivre. La caméra divise son récit en trois. Gu-Nam survit toujours mais on suit en parallèle les combines des têtes pensantes des complots en cours. L'aspect thriller reprend ses droits puisque le but revient à comprendre pourquoi ce bordel dingue. Il y a dans tout cela de l'acte de vengeance à l'humour noir façon Outrage et de la malice politique plus proche d'un Election.

 

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Fixé sur le temps, le film devient une course contre la montre entre l'envie d'éliminer l'autre et le besoin de comprendre avant de mourir. Les sommets de la mise en scène sont atteints lors de courses poursuites folles, presque aussi réussies que chez James Gray (La nuit nous Appartient). Une première où Gu-Nam se retrouve à pied contre une horde de voitures de flics. Une autre plus tendue encore qui débute dans un camion.The Murderer n'est finalement pas tant un film de vengeance qu'un survival movie. Et si les révélations finales s'avèrent un tantinet décevantes, l'essentiel est ailleurs. La violence évidente du film (les coups de haches et les lames de couteaux partent dans tous les sens) se double d'un cri de désespoir. Ce n'est pas pour rien si le héros raconte le destin tragique de son chien enragé. L'espèce de diaspora coréenne et la précarité de tous ces personnages illustrent un appel à l'aide politique tant la bête peut mordre à tout moment.

 

The Murderer, de Hong-Jin Na, avec Kim Yun-seok, Jung-woo Ha, Jo Seong-Ha (Cor., 2h20, 2011)

 

La bande-annonce de The Murderer :

 

 

 

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:56

 

L'héritage de Larry Clark

 

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A la vieille de funérailles, une petite communauté continue de vivre sous l’œil de Matthew Porterfield dont la caméra fait de la fiction un objet documentaire.

 

Le dispositif de Putty Hill surprend. Filmé en numérique mais avec un ajout de grain comme pour signifier un autre temps, le film se penche sur une petite communauté de Baltimore. Une zone sinistrée socialement où un groupe d'individus, pas très bien défini, mène leurs vies inlassablement. Sauf que Porterfield arrive à un moment particulier. L'un d'eux vient de mourir. Avant les funérailles, les proches reviennent. La cousine lointaine, le pote de taule ou la mère, autant de portraits qui se feront face caméra. On devine que c'est le réalisateur lui-même qui pose les questions en mode interview. Pour dire quoi ? Rien de si follement original et c'est bien ça qui est saisissant.

 

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Contrairement aux apparences de ce début d'article, Putty Hill n'a rien d'un reportage. C'est un drame dont Porterfield extrait une faille peu explorée : l'avant-funérailles. Les jeunes continuent de s'amuser, de s'embraser, de fumer. Les entretiens devant la caméra rendent comptent de leurs envies, de leur parcours. Ils sont aussi l'occasion d'évoquer les souvenirs, sans idéalisation outrancière. Les personnages se façonnent comme des américains véritables, pas comme des héros de roman. Sans pathos, la force évocatrice de leurs histoires crée une véritable empathie. Le paradoxe de la mise en scène consiste à mettre la caméra comme outil consciemment là lors des entretiens alors qu'elle devient un fantôme le reste du temps.

 

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Le quotidien perturbé dévoile sa beauté. Le défunt sera bientôt complètement oublié tant chacun vaque à ses occupations. Les tracas dictent le futur proche. Comme pour cette fille dont le père tatoueur n'a cure de sa petite existance. La vie n'a rien d'un long fleuve tranquille et pourtant, les baignades dans la piscine ou la rivière montrent bien la sérénité globale de ces gens. Putty Hill pourrait très vite tourner en rond mais sa courte durée (1h25) et son dernier acte gardent le souffle intact. Quand viennent les funérailles, une énergie stupéfiante se dégage. On découvre enfin le visage du défunt par une photo des plus anodines. La fête se déroule dans un petit restaurant où un karaoké assure la bonne humeur. La mère endeuillée, digne, pense avant tout au bien-être de ses invités. On comprend pourquoi Porterfield choisit la fiction plutôt que le reportage. Ainsi, il évite tout voyeurisme. Larry Clark et Gus Van Sant rôdent mais ne dévorent jamais la singularité du réalisateur de Putty Hill.

 

Putty Hill de Matthew Porterfield, avec Sky Ferreira, Cody Ray, Dustin Ray (U.S.A., 1h25, 2011)

 

Sortie le 7 septembre

 

La bande-annonce de Putty Hill :

 

 

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 12:20

Lueur de désespoir

 

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Énième adaptation de comic de super-héros au cinéma, Green Lantern s'affirme comme le pire de l'année. Rien à retenir de positif.

 

En général, l'expression « tous les voyants sont au vert » signifie quelque chose de positif. Si ici on l'applique, ça sera pour dire que les clignotants du mauvais goût virent à la couleur de l'espoir déchu. Mettons de côté le comic-book pour ne se concentrer que sur la déclinaison sur grand écran de Green Lantern. De Martin Campbell, on retient surtout ses relances de la franchise James Bond : Goldeneye (pas trop mal) et Casino Royale (une réussite). Le masque de Zorro, Vertical Limit et Hors de contrôle n'ont eux pas vraiment marqué les esprits en bien. La mise au vert du cinéaste ne va pas le sauver des eaux puisque son travail sur Green Lantern rappelle les heures les plus sombres des super-héros au cinéma. Entre Elektra et les 4 fantastiques, le petit nouveau a toutes les chances de concourir pour le prix de pire film de super-héros.

 

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Rien que l'introduction de dix minutes fait prendre l'ampleur du cataclysme. A travers l'espace, le film entame un tour de piste aussi laid qu'une mauvaise production pour Syfy ou qu'une vieille série KD2A. Le kitch manifeste de Thor pouvait à la rigueur avoir un certain charme, ici même pas. Et contrairement au film de Branagh, le thème shakespearien n'apparait pas. Tout juste a t-on droit à un traumatisme de fils incapable de tenir la réputation du père. Green Lantern se contente de suivre Hal Jordan, pilote d'avion irresponsable (crédible...) chargé par un anneau magique et une lanterne de pouvoirs surhumains. Deux heures de film sans rien. Il n'y a que son dernier quart-d'heure qui se décide enfin à donner un semblant de rythme. Et encore, on se demande bien comment l'histoire en arrive là.

 

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Martin Campbell paie son incapacité à façonner des personnages au mieux attachant, au pire crédible. Blake Lively se la joue Emily Blunt avec ses cheveux bruns et ne sert qu'à montrer son minois. Le manque de charisme de Ryan Reynolds n'est pas sauvé par un costume vert criard dont le plus ridicule est sans conteste le masque. La 3D non plus ne rehausse pas le niveau. Post-produite, elle est encore moins utile que dans le Alice de Tim Burton. Dès lors, une question occupe l'esprit : où sont passés les 200 millions de dollars de budget ? Malgré son échec au box-office américain et en dépit d'un flop annoncé en France, la Warner ose s'engager sur une suite. Pitié, foutez les super-héros en paix, ils ne méritent pas ça !

 

Green Lantern, de Marin Campbell, avec Ryan Reynolds, Blake Lively, Peter Sarsgaard (U.S.A., 1h50, 2011)

 

Sortie le 10 août

 

La bande-annonce de Green Lantern :

 

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 16:57

Pixar en panne d'inspiration

 

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Mauvais augure pour l'avenir, Cars 2 sonne comme le premier échec total de Pixar soumis au « merchandising ».

 

Les jeunes parents ou les grands enfants connaissent sûrement bien Bob le bricoleur, personnage de dessin-animé pour tout-petit. Il faudra désormais compter sur Martin le dépanneur issu de l'univers Pixar. On a toujours loué les ambitions du studio affilié à Disney, de Toy Story à WALL-E. Même quand des réserves étaient émises, on ne pouvait remettre en cause la créativité du studio. Ainsi, quand en 2006 débarque le premier Cars, la qualité reste correcte. Pixar rendait crédible un univers de voitures humanisées avec une jolie énergie. Sauf que si le film a marqué les esprits, c'est qu'il est devenu un pilier marketing. Tous les mômes raffolent de McQueen et des bolides, garçon et filles. Cartables, casquettes, jouets, la franchise se devait d'avoir une suite. Cette façon de pensée regrettable trahie un parcours sans faute.

 

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Cars 2 n'a à vrai dire pas grand chose à raconter. Il brode une intrigue pour les plus jeunes et laisse au bord de la route les ados et adultes, cible pourtant importante. Oubliez la mélancolie de Là-Haut, la magie culinaire de Ratatouille, les références subtiles de Nemo, Cars 2 n'a rien pour lui. Le héros est donc Martin, un dépanneur tout rouillé mais ami un peu délaissé par la vedette McQueen. Personnage absolument insupportable, il mine le film de ses gesticulations et de sa débilité. Sur fond de « reste comme tu es », Cars 2 s'égare. Il navigue entre le film de course, sans tout l'aspect conquête des sommets du premier, et hommage d'espionnage. En effet, Martin se retrouve embarqué avec des agents secrets pour démasquer un complot sur fond de pouvoir pétrolier. Durant une très jolie scène d'introduction, on croit à la bonne surprise.

 

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Finn, sorte de James Bond mécanisé, s'infiltre sur une plate-forme. L'occasion d'un peu d'action et de prouver la maitrise formelle des studios. Sauf qu'on ne doute plus de leur talent depuis belle lurette. La partie espionnage est d'une banalité confondante, où chaque événement est appuyé. Plus regrettable encore, les courses autour du monde passent à la trappe. Le duel de bolides McQueen contre Luigi la formule 1 n'a jamais vraiment lieu. Les inepties de Martin remplacent l'évènement sportif dont le summum est atteint en Italie. On ne voit rien de la course et le résultat, contre toute logique, ne trouve aucune explication. Le ronronnement des moteurs n'a pas sa place, l'énergie du premier s'envole. A vrai dire, ce Cars 2 est une vraie catastrophe. On a l'impression de perdre un studio prestigieux sous le dikta du marché. Martin donne envie de fuir, le scénario laisse dubitatif et l'échec fait de la peine. On se consolera en se disant que Pixar essaie sûrement d'amasser le maximum d'argent avant la sortie risquée l'an prochain de Brave (Rebelle).

 

Cars 2, de Brad Lewis, John Lasseter, avec les voix originales de Owen Wilson, Larry The Cable Guy, Michael Caine (U.S.A., 1h50, 2011)

 

Sortie le 27 juillet

 

La bande-annonce de Cars 2 :

 


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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 19:15

Nous vieillirons ensemble

 

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La comédie romantique pour seniors se passe sur fond de perte d'activité et de crise de la soixantaine. Film agréable mais peu marquant.

 

L'idée est aussi rare que maligne : parler de la vieillesse quand on est soi même encore jeune. Julie Gravas, fille de, revient à la réalisation après C'est la faute à Fidel. Elle s'attaque à la peur de vieillir. Ses personnages se mirent avec leurs rides comme les ados s'éclatent les boutons. 3 fois 20 ans (joli titre français) propose de suivre un couple aux portes de la retraite. Se pose alors la question d'assumer son âge. D'un côté, Mary prend trop à cœur le temps qui passe . Elle achète un téléphone à grosses touches et une rampe pour la baignoire. A l'opposé, son mari Adam souhaite plus que jamais mener à bien ses projets d'architecture et avoir de jeunes stagiaires à ses côtés.

 

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La chose la plus amusante de 3 fois 20 ans revient à la progression grotesque de ce couple qui s'autodétruit un peu bêtement. Julie Gavras ne cherche pas à forcer le trait. Elle les laisse s'exprimer dans leurs angoisses sous l'œil médusé des enfants. Jamais le film ne cherchera un artifice grossier pour boucler son histoire. La comédie romantique se déroule avec ce petit regard bienveillant que l'on a quand on croise un vieux couple main dans la main. C'est-à-dire avec un mélange d'admiration et de mesquinerie involontaire. Pour dynamiser tout ça, le film utilise la figure d'une arrière-grand-mère rentre dedans avec ses arrières-petits-enfants. Elle incarne une forme de liberté devant la fin de la vie. En fait, jamais la possibilité de la mort ne devient un drame.

 

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Le duo Isabella Rosselini/ William Hurt s'en sort très bien. Ils compensent un certain manque de drôlerie et quelques temps longs. On aurait aimé voir approfondi l'exclusion du senior de la société. Dans un monde de l'utilité, le passage à la retraite devient une petite mort. La frénésie de travail d'Adam enclenche une idée, émet l'hypothèse insatisfaite d'une interaction avec les jeunes pousses (on y retrouve la Lorna des Dardenne qui porte bien les cheveux longs). Les parties avec Mary tournent plus en rond, puisqu'on ne fait que la voir se débattre contre l'inactivité. Film amusant mais périssable, 3 fois 20 ans ouvre néanmoins une vraie brèche vers un sujet de société qui gagnera en ampleur, du fait du vieillissement de la société.

 

3 fois 20 ans, de Julie Gavras, avec Isabella Rossellini, William Hurt, Doreen Mantle (Fra., 1h28, 2011)

 

Sortie le 13 juillet

 

La bande-annonce de 3 fois 20 ans :

 


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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 22:07

  Cochon très sauvage

 

Préambule : A l'époque de sa présentation, le film s'appelait Proie. Le nm n'est pas changé au sein de l'article mais il s'agit bien de La traque.

Ce film fut présenté dans la cadre de L'étrange festival.


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Nouvel essai de film de genre français qui patauge dans une mise en scène illisible et une intrigue trop mal menée. Du grand plantage dommageable qui ne va pas arranger l'image du cinéma de genre hexagonal.

 

Il y a toujours une volonté de sympathie avec les premiers films français, d'autant plus quand ils tentent le cinéma de genre. Seulement, à l'instar du récent La Horde, les réalités du 7ème art reprennent le dessus. C'est exactement ce qui se passe avec Proie qui nous plonge dans un thriller gore au milieu d'une forêt bourguignonne. Tout commence quand des cerfs se jettent sur une clôture électrique. Drôle de comportement suicidaire. Il semblerait que les sangliers ne tournent pas rond.

 

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Proie mêle alors chronique familiale déchirée et réflexion sommaire sur l'écologie. Le noyau familial d'abord, surtout traité au début, qui navigue entre esprit de clan et mensonges au nom de la fierté. L'industrie, responsable de bien des souillures aquatiques entre en ligne de mire. Passé ce stade, Proie devient un film d'épouvante tout ce qu'il y a de plus banal. Le réalisateur a pourtant quelque chose de Miyazakien dans le regard. Des sangliers fous, rongés par la pollution, quelques plans larges de nuit sur les champs, il y a comme une référence à Princesse Mononoke. Du moins, au détour d'une ou deux images.

 

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Car pour le reste, Proie est absolument illisible. Biberonné aux attaques de Jurassic Park, Antoine Blossier oublie la compréhension. Les enchainements d'images tuent littéralement les yeux et les épileptiques feraient bien de se méfier. Même constat niveau son où le montage ne cherche qu'à agresser les oreilles pour se donner des airs impressionnants. Mauvaise idée car elle empêche la tension de monter. Un défaut majeur en rien contrebalancé par les passages obligés du film de genre. Le coup du vieux qui meurt en premier et toute la clique de clichés du style empêche un sujet intéressant de prendre racine. Proie s'apparente à un ratage intégral. Le film devient long dès lors qu'il se perd en chasse inversée et l'univers créé n'apparait pas assez aux yeux des spectateurs. Des erreurs de jeunesses qui coutent chers.

 

Proie d'Antoine Bossier, avec Grégoire Colin, Bérénice Béjo, François Levantal (Fra., 1h33, 2010)


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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 15:21

L'arbre de la mort*

 

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Le ballet macabre du choc de deux planètes donne à Lars Von Trier l'occasion de montrer sa vision lyrique et nihiliste d'une humanité témoin de ses dernières heures. Paradoxalement le plus lumineux des films du danois.

 

L'univers en continuelle expansion compte quelques millions de galaxies, elles-mêmes ayant des myriades d'étoiles. Les planètes, plus ou moins semblables à la nôtre, gravitent et laissent ces pauvres êtres que sont les Hommes dans un espoir de vie extra-terrestre. Plutôt que de se faire croiser les vivants, Lars Von Trier, personnage au regard sombre, préfère le choc des planètes. Il émet l'hypothèse d'un astre en collision avec la Terre sonnant son glas. Melancholia, c'est son nom, brûle d'un bleu aussi resplendissant qu'inquiétant. Le film commence par cette fin du monde épique sur les notes de Richard Wagner. L'utilisation de segments de Tristan et Isolde célèbre la danse macabre entre les deux planètes. Un jeu d'attraction destructeur plus troublant dans ses moments de repos -la musique revient tel un thème récurrent- que dans l'explosion des cordes.

 

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C'est par le travail du son que Melancholia transcende pourtant la simple carte postale cataclysmique. Avec le 5.1 et la saturation des effets, LVT par deux fois fait entrer en collision le spectateur, en phase avec la mort, et la planète. Les images du cosmos, regard modeste du terrien observateur, rappelle l'autre grand film de Cannes. Terrence Malick et Lars Von Trier incarnent le Ying et le Yang de l'univers au cinéma en 2011. Le réalisateur de The Tree of Life en serait la partie claire, avec cette pointe de noirceur issue du deuil. Le danois plus pessimiste apporte un sujet entièrement mortifère. Pourtant, chose presque unique chez lui, cette fin du monde offre des moments lumineux, presque apaisés, bien loin des images de films catastrophes habituels. Dans ces deux films se portent un regard d'Homme impuissant. L'arbre de vie montrait une évolution darwinienne où le regard contemple le passé. Melancholia aborde le nihilisme et les dernières heures de l'humanité. Un monde sans lendemain où son héroïne est persuadée qu'il n'y a pas de vie ailleurs.

 

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Justine sous ses atours de femmes encore écrasée par les insupportables postures de Von Trier se révèle le personnage le plus intéressant de toute la carrière du cinéaste. Pour la première fois, une femme ne porte pas tout le malheur du monde. Masculin et féminin se conjuguent ensemble devant l'impuissance. Pis, Justine semble la seule sereine face à l'inéluctable dénouement. La première partie du film fait pourtant craindre le contraire. Lors d'un mariage cauchemardesque, elle détruit se qui devrait être le plus beau jour de sa vie. Von Trier a toujours transmis son mental de dépressif aux actrices qui l'entoure, d'Emily Watson (Breaking The Waves) à Charlotte Gainsbourg (Antichrist). Cette dernière incarne Claire, une sœur en contrepoint à Justine/Kristen Dunst. A savoir une pragmatique de la vie mais dépassée par la suite des évènements. Cette longue partie sur le mariage n'est pas sans défaut. On saisit mal une partie des ellipses et les cadres très serrés en mouvement perpétuel captent un peu tout et n'importe quoi.

 

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A la lumière de la seconde partie, ce choix devient plus limpide. Au bouillonnement vain des célébrations succède un ballet lent et inexorable. La vitesse astronomique de la planète apparaît douce au regard humain. Une poésie se dégage même de la cohabitation entre Melancholia et la Lune lors d'un plan surréaliste. Les étoiles vues depuis notre ciel sont souvent déjà mortes. Les années lumières qui nous séparent d'elles offrent des images datant parfois de plusieurs millions d'années. Avec Von Trier, le cosmique devient immédiat. La science désemparée se personnifie en John, alias Keifer Sutherland. L'éternel héros de la série 24h chrono n'a rien du sauveur.

 

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Le pari rappelle Luis Buñuel et son L'ange exterminateur. Personne ne partira, tout le monde fait face. Les atours peu glorieux des personnalités s'affirment, des rivalités des parents John Hurt et Charlotte Rampling à la perte de sang-froid d'une mère qui se demande où grandira son fils. L'atmosphère étouffante du château se fait d'autant plus ressentir que les jeux chromatiques proches du marron-jaune ne laissent guère la lumière prendre sa place. Les instants les plus éclatants interviennent quand l'atmosphère apporte la neige à un jardin fleuri. Les tableaux du premier quart-d'heure forment un préambule autant qu'une sentence. On y retrouve la seule qualité d'Antichrist avec ces images aux ralentis envoutants. Les forces telluriques engloutissent le monde des vivants, les éléments aériens s'asphyxient devant la charge de l'autre planète bleue. Lars Von Trier se dit tiré de la dépression. Un peu comme Justine, personne digne devant la fin du monde, témoin plus intelligent que les autres. Il y a quelque chose de la flagellation catholique dans le chemin de croix que vivent les humains. Loin d'atteindre la perfection, notamment en terme d'émotion pour les personnages, Melancholia impressionne néanmoins par la mort qui nous arrive en face. Tel les grands maîtres du lyrisme en musique (on en revient à Wagner entres autres), Lars Von Trier se positionne en parangon du drame nihiliste et pictural. 2011, année cosmique.

 

Melancholia, de Lars Von Trier, avec Kristen Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland (Dan. Sue., Fra. All., It., Esp., 2h10, 2011)

 

*un titre compréhensible pour ceux qui ont vu la fin du film

 

Sortie le 10 août

 

La bande-annonce de Melancholia :

 

 

 

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 16:58

Route 666

 

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Série B amusante dans laquelle Nicolas Cage s'éclate à poursuivre des fanatiques et à conduire de belles caisses.

 

De Bangkok Dangerous à Ghost Rider en passant par l'Apprenti Sorcier, les choix de carrières de Nicolas Cage laissent parfois pantois. D'aucuns diront que c'est ce qui fait le charme de ce spécialiste de la Série B, capable pourtant de marquer les carrières d'Oliver Stone ou Martin Scorsese. Plus rien d'étonnant à le voir dans Hell Driver, film d'action tout ce qu'il y a de plus con. Cage, toujours adepte de perruque, se rue comme un malade contre les kidnappeurs de sa petite fille. Au passage, il récupère la très sexy Amber Heard au caractère bien trempé. Au volant de bagnoles des plus classes (Dodges, Chevrolet), la chasse infernale sur fond de surnaturel s'engage. Cage castagne sans hésiter.

 

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Dans son genre, Hell Driver s'en tire pas mal et ne lésine pas sur les moyens. La laideur des effets spéciaux ne gâche pas le dynamisme de l'ensemble. Entre des courses poursuites où le chasseur est lui même poursuivi, les scènes d'attaques avec ralentis pour bien montrer les balles numériques et un final aux explosions à renvoyer cette arnaque de Robert Rodriguez à ses études, le nouveau Patrick Lussier a tout du plaisir coupable. D'abord parce qu'en contrepartie de cette mocheté, on a droit à une vraie lisibilité de l'ensemble. Conçu pour la 3D, le film bénéficie d'une économie de mouvements appréciable.

 

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Et Cage dans tout ça ? Il s'éclate. Même touché par une balle de revolver dans l'œil, il continue sa mission. Hell Driver aurait mérité à plus appuyer sa nonchalance du début, voire son côté bad boy. La scène la plus drôle le montre en train de dézinguer des assaillants tout en baisant. C'est un peu ça le style Cage, un air détendu, grimé avec sa perruque, jouant sans complexe des rôles peu crédibles. A ses côtés, William Fichtner, Billy Burke et David Morse optent chacun pour une posture monolithique tout à fait dans le ton. Et que dire de la charmante Amber Heard, nouveau fantasme blond en mini short et aux yeux ravageurs tout à fait à l'aise.

 

Hell Driver, de Patrick Lussier, avec Nicolas Cage, Billy Burke, Amber Heard (U.S.A., 1h44, 2011)

 

Sortie dvd/ bluray le 13 juillet

 

La bande-annonce de Hell Driver :

 


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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 17:48

La vie est belle

 

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Avec une liberté comme rarement vue ces derniers temps, le second-long métrage de Valérie Donzelli raconte une histoire d'amour par le prisme d'une lutte contre une tumeur. Drôle, émouvant, parfait dans son genre.

 

Il arrive que des films percutent tout sur leur passage. Le nouveau de Valérie Donzelli est de ceux-là. « T'as retenu tout ce qu'il a dit ?  - Non pas vraiment, mais faut retenir que c'est positif » clament les personnages, énergie toute visible à courir dans les couloirs de l'hôpital. La vitalité de La guerre est déclarée passe par un optimisme fou. Récit inspiré de sa vraie expérience avec son ancien compagnon Jérémie Elkaïm, l'actrice-réalisatrice prend à bras le corps un sujet souvent mal traité au cinéma : la maladie. C'est parce qu'il évite le larmoyant que le film bouleverse, et fait du coup pleurer. La guerre est déclarée déplace l'intrigue autour d'une histoire d'amour. Si la maladie de leur enfant vient enrailler la machine, il est aussi un moteur à la romance. Le couple, malicieusement appelé Roméo et Juliette, se confronte au monde réel. Entre les blocs opératoires et les rares soirées avec les amis, le grand écart paraît infaisable.

 

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C'était sans compter sur Donzelli, fée pleine d'idées. Elle s'appuie sur un tournage léger, à savoir une équipe réduite (8 à 10 personnes), de la lumière et des décors naturels et le fameux 5D tant à la mode. Le tout sur un petit mois. A partir de là, le film saupoudre son drame d'épices colorées faites de maintes idées de mise en scène. Avec quelques ralentis, des travellings et des petits effets spéciaux artisanaux, Donzelli expérimente sans peur. La B.O. s'appuie sur une sorte de playlist de Ipod, comme pour marquer chaque instant d'une vie. Longue de huit ans, cette histoire se forge sur l'ellipse où chaque étape du suivi médical se voit soutenu par une véritable petite troupe impliquée (les parents, les grand-parents, les amis).

 

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Par la comédie, l'intrigue désamorce la gêne allant même jusqu'à s'en moquer. La guerre est déclarée trouve la lumière et la couleur dans ses instants les plus sombres. Au lieu d'appuyer les conflits, les personnages s'évadent vers ce qui apparaît comme le plus serein. La permutation des narrateurs fait penser qu'ils se relaient au chevet d'un enfant convalescent. Car le film ne prend pas en otage (drôle d'expression) l'émotion. On sait que le gamin survit dès la première scène. Mais la portée émotionnelle de l'ensemble ne peut aucunement laisser de marbre. La jeune cinéaste arrive à maitriser ce qui aurait pu aller dans tous les sens. Sauf qu'elle mène son film avec la même détermination qu'elle songe aider son petit garçon.

 

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L'aspect autobiographique n'inhale en rien la portée universelle. L'histoire de couple reste au centre et se retrouve très bien illustrée socialement. Il y a un équilibre entre moments graves et légers. La détente se fait en musique, en soirée, en couple qui se font des confidences. Par le naturel de ses acteurs, par les prises dans un vrai hôpital en activité et par cette frimousse d'un nourrisson qui semble réagir comme son personnage, La guerre est déclarée s'affirme comme la plus belle œuvre de l'année sur la parentalité. Parfait.

 

La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli, avec elle-même, Jérémie Elkaïm, Brigitte Sy (Fra., 1h50, 2011)

 

Sortie le 31 août

 

La bande-annonce de La guerre est déclarée :

 

 

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