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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 18:29

Wild Wild West

 

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Divertissant bien que longuet, la rencontre improbable des extra-terrestres avec les Hommes du far-west confirme juste la grande classe de Daniel Craig.

 

Daniel Craig en impose. Sous la direction de Martin Campbell, il avait relancé de la plus belle des manières la franchise James Bond. La masse de muscles purs portait sa lourde mâchoire et son regard bleu vertigineux. Jon Favreau en fait l'argument principal de son nouveau film. De la rencontre entre les pionniers du grand Ouest et les monstres venus de l'espace, on ne retient que la partie cowboy. James Bond se mue en bandit amnésique, avec un étrange bracelet au poignet. L'ambiance ne tarde pas à ancrer tous les éléments traditionnels du western : un ranch, un sale gosse qui fait sa loi, de l'alcool et un shérif dont l'autorité est mise à mal. Rien de très original mais tout semble en place pour assister à une belle intrigue.

 

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Puisqu'il faut bien quelqu'un pour contrebalancer la classe naturelle de Craig, imposé dès le tabassage d'ouverture, Favreau est allé chercher un homme qui porte bien le chapeau : Harrison Ford. Si son air renfrogné commence à lasser, il offre une belle réponse de style. Il cherche à affirmer sa paternité à travers trois personnages : son vrai fils, un môme qu'il regarde tendrement et l'indien à son service. Plus énigmatique, le rôle tenu par Olivia Wilde n'a rien du faire-valoir habituel chez les personnages féminins. Bref, tout laisse penser que Cowboys & Envahisseurs va captiver. Sauf que comme son titre l'indique, il est question d'extra-terrestres. Favreau ne s'est pas foulé pour l'allure des bêbêtes, mix de tout se qu'on peut voir depuis quinze ans.

 

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Un manque d'originalité sûrement imposé pour un crossover au pitch de série B. Voilà un pur film de producteurs qui ne doit pas désorienter le public. La rencontre de ces deux mondes semble trop improbable pour expérimenter un look d'alien. Chaque élément arrive dans une sorte de partition bien huilée, jamais originale. Celle d'Harry Gregson-Williams pour la bande-originale se cherche aussi. L'entre-deux des genres ne convient pas à la composition musicale du film qui aurait dû lorgner entre Nick Cave et Daft Punk. Seuls les colts et les lassos s'expriment correctement. Tout ce qui touche aux envahisseurs n'est que du ressassé pas très passionnant. La faute à une histoire bateau. Les scènes explicatives se doublent de flashbacks kitschs à souhait. Il manque une once de magie et de ressentiments haineux pour forger une tension continue. Du coup, Cowboys & Envahisseurs se traîne. S'il s'en tire bien mieux qu'un Wild Wild West, sa doublette Ford/ Craig lutte un peu seule contre tous.

 

Cowboys & Envahisseurs, de Jon Favreau, avec Harrison Ford, Daniel Craig, Olivia Wilde (U.S.A., 1h57, 2011)

 

La bande-annonce de Cowboys & Envahisseurs :

 

 

 

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 17:42

Banquise de béton

 

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Bien plus qu'un conte clinique,Carré Blanc cherche la vie là où l'inanimé préfigure. Un bel objet filmique, audacieux dans le paysage du cinéma hexagonal.

 

Et si l'avenir du cinéma français se situait là où l'on ne l'attend pas ? A savoir loin du cinéma d'auteur classique. Leonetti, ancien réalisateur de pub, se range aux côtés de ces grands noms pas forcément chouchou de la critique (pour le moment) à la Christophe Gans. A savoir, un cinéphile « marqué par le cinéma de vengeance avec Bronson ou Pekimpah » commence t-il à énumérer. Entres autres. Son Carré Blanc, long-métrage énigmatique, se veut un porte-étendard du cinéma de genre français « trop oublié » remarque le cinéaste à juste titre. L'idée n'est pas de copier le travail des anglo-saxons mais d'offrir au septième art français un regard rarement exploré. Dans un monde à la réalité augmentée, proche du 1984 d'Orwell, les gens se mangent entres eux, telles des bêtes sauvages.

 

concours carré blanc

Ses allures cliniques confèrent à Carré blanc toute la dimension envoûtante. Les premières images nous montrent des ours blancs. Ils servent de métaphores de l'état humain dans la société imaginée : la mère ours protège son petit durant trois ans puis l'abandonne. Ainsi, l'ourson s'endurcit de cette trahison et ne se laisse jamais faire. C'est dans ce climat que se construit Philippe. Sa mère se jette par la fenêtre et le voilà lâché dans un monde brutal. Sorte de caméléon, il refoule sa rébellion et se contente de se fondre dans la masse. Par les teintes grisâtres appuyées, Leonetti dessine l'uniformité morose d'une société où des haut-parleurs vous suggèrent de faire l'amour et où le cricket devient le sport officiel. L'absurdité et le second degré deviennent des cousins proches de la violence et le désespoir.

 

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L'aspect humain prend une vraie force à travers le personnage de Marie. Comme pour contrebalancer le choc silencieux d'images de suicides ou de tabassages, Carré Blanc façonne une histoire d'amour anesthésiée. Étonnamment, Leonetti cite Bergman pour cet aspect du couple qui se retrouve. Philippe et Marie ( Sami Bouajila et Julie Gayet, impeccables) ne revivront réellement qu'en s’extirpant de leur air(e) hagard. En cela, on regrette une fin trop abrupte. Il demeure comme un sentiment d'inachevé dans la fin ouverte. Il devient dès lors d'autant plus difficile de sortir de ce monde glaçant, au travail esthétique et sonore sublime. Paradoxalement, c'est dans une œuvre sur l'immobilisme que Leonetti signe un appel au dynamisme du cinéma français. De bon augure.

 

Carré Blanc de Jean-Baptiste Leonetti, avec Sami Bouajila, Julie Gayet, Jean-Pierre Andreani (Fra., 1h15, 2011)

 

Sortie le 7 septembre

 

La bande-annonce de Carré Blanc :

 

 

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 22:11

 

Caverne d'Ali Baba

 

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Le principal trait de génie du nouveau documentaire de Werner Herzog tient de son postulat : réunir l’extrêmement ancien et l'extrêmement récent de l'humanité. Deux branches pour un même mouvement plein de vie à travers les Âges.

 

L'Homme descend du singe. Le cinéma descend des peintures rupestres. Dans un même mouvement libératoire du temps, Werner Herzog les réunit. Le focus de la caméra se fixe sur les plus anciennes traces d'art humain. L'allemand, à force d'insistance, eut l'autorisation de se faire ouvrir les portes secrètes de la grotte de Chauvet, dans l'Ardèche. Un lieu précieux, sensible aux respirations de l'Homme. Le terrible exemple de Lascaux en témoigne : les peintures préhistoriques ne supportent pas l'intervention de l'Homme moderne. Sa présence apporte moisi et détérioration. Sauf que le travail de Herzog méritait bien quelques heures dans la grotte Chauvet.

 

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Dans un documentaire didactique, il offre à découvrir un lieu à jamais fermé au grand public. La grotte des rêves perdus est une aubaine unique de remonter le temps, il y a quelques 30 000 ans, lorsque nos ancêtres marquèrent une emprunte picturale sur les parois. Des ossements de rhinocéros, de lions et même d'ours côtoient quelques traces éparses de rites religieux obscurs. Armé d'un dispositif 3D, les équipes d'Herzog captent cet espace magique. Conscient des limites du possible, ils s'évertuent à prévenir des restrictions de tournage. Par une technologie ultra-moderne, le film revigore un art ancestral. Deux chaînons opposés se retrouvent. La roche redevient vivante comme jamais, elle suinte, raconte ses histoires. Les cranes se réveillent. La fascination évidente du cinéaste dépeint sur le spectateur accaparé par les griffes d'ours.

 

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Les aspérités racontent quelques milliers d'années de vies, de passages, de refuges. Par extension, c'est tout un mode de vie qui renaît. Celui d'Hommes de Cro Magnon au sein d'un environnement glacial. Les Alpes étaient alors recouvertes d'un énorme glacier. Les époques s'estompent dans une dynamique plus ambitieuse. Les frontales miment les torches d'antan afin de faire danser le zoo préhistorique. La volonté de redonner vie aux peintures devient totale. Dévoré, le film ne fait qu'accentuer l'admiration. Deux pics, non sans humour, rythment l'exploration des lieux. D'abord, il y a cette analyse de traces de mains de peintures rouges, incarnation saisissante d'une proximité perméable. Tout devient très concret. Cet humain est identifié, on le comprend, le suit, l'épie.

 

Et puis, il y a le tournant métaphysique avec le confectionneur de parfum. Ce « nez » n'apporte aucune caution scientifique mais atteste de la volonté d'Herzog de dépasser le matériau rocheux. Le travail des sens apporte une force de recréation du réel. Les corps et les âmes se réunissent dans une philosophie animiste jamais absurde. Les pourtant très pragmatiques scientifiques de Chauvet l'attestent : ils ressentent comme un poids des anciens à travailler en ces lieux. Se passe alors une chose insoupçonnée : une forte émotion se dégage du film.

 

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Les mouvements de chevaux dessinés s'apparentent à du méta-cinéma. Le statut du réalisateur lui offre le sentiment précieux de prolonger l’œuvre de ses aïeux. Il questionne plus généralement sur le poids du passé, et regarde par ricochet notre futur. La sensation de moment privilégié se double d'une sorte d'adieux quand le voyage arrive à son terme. Personne ne touche aux parois. Paradoxalement, elles entrent violemment en chair. A tel point qu'il semble opportun de détourner une citation d'un Empereur corse : de ces entrailles, trois cent siècles vous contemplent.

 

 

La grotte des rêves perdus, de Werner Herzog, avec les interventions de Jean Clottes, Dominique Baffier, Jean-Michel Geneste (Fra., All., 1h30, 2011)

 

Sortie le 31 août

 

La bande-annonce de La grotte des rêves disparus :

 

 

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 15:16

Leçon de drague

 

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Quelque part entre Hitch et Love Actually, Crazy Stupid Love crée une mosaïque touchante de personnages à la recherche de l'amour.

 

En 2003, Will Smith se la jouait beau gosse dans une comédie risible au pitch prometteur : Hitch. En vain. Pourtant, la mode du coaching offrait un écrin en or pour s'amuser de l'art de la séduction. Crazy Stupid Love reprend en partie le principe, cette fois-ci avec quelqu'un de bien plus crédible : Ryan Gosling (Drive, Blue Valentine). Le raté de l'histoire est l'éternel Steve Carrel. S'il n'est plus puceau à quarante ballets, son personnage Cal écume sa rage d'être cocu en couinant sa détresse au bar du coin. Le tombeur de service, Jacob (Gosling donc) offre ses services pour en faire une machine à soulever de la meuf.

 

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Le principal intérêt du film est de diluer cette idée vite lassante derrière une myriade de personnages travaillés. Parmi eux, le fils de Cal, 13 ans, amoureux de sa baby-sitter. Cette dernière fantasme plutôt sur le père de famille pendant que la mère divorcée ne se satisfait pas de son cocufiage en règle avec Kevin Bacon. On retrouve dans cet ensemble la même patte émotive de Richard Curtiz quand il faisait Love Actually. Une acuité particulière à ne pas empiler la drôlerie pour le gag soulage un film où la lourdeur guette, la faute à une écriture trop maladroite. Malgré la présence de Carell, rien à voir ici avec une comédie apatowienne dans son déferlement de situations désopilantes et dans la manière de capter la famille. Cela manque de temps à autres et l'aspect comique n'est pas la principale force du film.

 

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L’enchevêtrement des situations suffit au cocasse et met en avant les défauts de chacun. Carell porte sur lui la crise de la quarantaine quand Juliane Moore en incarne la version lumineuse. L’homme, parfois misogyne, y apparaît comme perfectible mais jamais relou. Par le truchement de l'ado amoureux se forge la douceur émotive d'une grande famille aux rebondissements bien amenés. Reste quelques lourdeurs et une écriture inégale (surtout à la fin). Néanmoins, la gêne profonde de chacun de ses cœurs d’artichauts suffit à cristalliser des enjeux forts, jusqu'à émouvoir en partie. Une sorte de rom-com du dimanche soir plus malicieux que la moyenne.

 

Crazy Stupid Love, de Glenn Ficarra et John Requa, avec Steeve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore (U.S.A., 1h57, 2011)

 

Sortie le 14 septembre

 

La bande-annonce de Crazy Stupid Love :

 

 

 

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 16:45

Sur-mesure

 

Attention, cet article révèle des points clés de l'intrigue. Si vous n'avez pas vu le film, nous ne saurions mieux vous conseiller que de revenir lire cette page après avoir découvert La Piel que Habito.

 

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La Piel que Habito prolonge le cinéma du réalisateur espagnol où l'expérience eugéniste fait de son héroïne Vera une sorte de déesse ou de super-héroïne moderne façonnée par l'aveuglement amoureux.

 

Instinctivement, le cinéphile voit des ombres se dessiner derrière le nouveau travail de Pedro Almodóvar. Deux références planent comme des fantômes envahissants pour quiconque s'y obstine : Les yeux sans visage de Franju et le mythe Frankenstein initié par Mary Sheley. Pourtant La Piel que Habito fait avant tout appel à la propre filmographie du prodige espagnol. De Tout sur ma mère à La Mauvaise éducation, les enjeux d'identité sexuelle centrifugeaient des récits aux multiples thèmes. Les personnages d'Agrado et de Ángel formaient des corps transfigurés aux yeux du monde. Le transgenre trouvait sa place à travers le mélo et l'affirmation identitaire. En constante réinvention de son art, Almodóvar pousse le vice plus loin. La transformation du corps de Vera (Eleya Alaya) ne vient plus d'un choix délibéré. Elle est un sujet d'expérience. Un peu comme les primates de La planète des singes : les origines.

 

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Étonnamment, les deux films partagent en même temps ce thème récurent du progrès scientifique hasardeux. Les expérimentations n'ont rien d'une démarche philanthropique mais servent des aspirations plus personnelles. James Franco reformait un noyau familial en se faisant père tout en sauvant le sien. Pour le docteur Ledgard, il s'agit de renouer avec sa défunte épouse tout en vengeant sa fille. Les allures de héros de films noirs que se donne Antonio Banderas rappelle le goût d'Almodóvar pour le drame poignant. L'idée de capturer l'homme responsable d'une partie des maux ne dissimule hélas pas la part de responsabilité que le docteur s'octroie.

 

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Ce n'est pas pour rien si le temps passe avant qu'il ne retrouve sa mère, elle aussi fautive de cachotteries familiales. L'eugénisme dans lequel se lance le scientifique trahit l'impuissance chronique d'un personnage toujours avec un temps de retard. Il n'est pas là pour empêcher l'accident de voiture de sa femme, pas là quand sa fille est abusée et ne voit pas l'entourloupe finale, affalé sur son lit. A chaque fois, l'amour l'aveugle. Belle incarnation de notre société où l'amour se modèle le bistouri à la main. Les expériences menées sur le physique de Vera montrent une sorte de seconde adolescence. Celle où les corps se muent, où l'on n'ose accepter ses changements. Le cinéaste ne fait pas évoluer d'un cil le visage de Banderas sur les dix ans de l'intrigue. Le temps n'influe aucunement sur sa soif de retrouver un paradis perdu.

 

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Le corps sculpté sur-mesure pour Vera rappelle le fantasme envers les super-héros. Ici, la sur-femme (ou le surhomme c'est selon) doit être le fantasme docile sous le regard de caméras. Le désir de maîtrise de la créature renvoie donc au monstre de Frankenstein, version déesse Aphrodite. Comme si le corps pouvait prendre le pas sur l'âme. Or, le lion en cage n'en fini plus de vouloir une échappatoire. L'introspection passe par le yoga, l'écriture sur les murs et sa propre mise en perspective à travers les œuvres de Louise Bourgeois. Encore une fois, le drame familial habilement mené par le réalisateur révèle les âmes derrières les corps toujours parfaitement mis en valeurs.

 

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La seconde peau qu'occupe Vera est une sorte de transfuge des autres épidermes des personnages masculins/féminins d'Almodóvar . L'impératif de joliesse et l'étrange musique d'Alberto Iglesias créent un malaise lorgnant avec des atours morbides et claustrophobiques nouveaux. Le titre de la nouvelle dont est tiré le film - Mygale- atteste de la veine phobique du créationnisme terrestre. La seule douceur de ce bas monde ne peut se retrouver qu'avec le regard des femmes. Plus malignes, plus douces, plus éclairées, elles sont, comme toujours depuis Femmes au bord de la crise de nerfs les vraies âmes chéries. Almodóvar, définitivement le plus grand metteur en scène du monde pour les femmes.

 

La Piel que Habito, de Pedro Almodóvar, avec Antonio Banderas, Eleya Alaya, Marisa Paredes (Esp., 1h57, 2011)

 

La bande-annonce de La Piel que Habito :

 

 

 

 

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 16:15

La riposte du loser

 

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Plus qu'une figure patriotique, Captain America illustre la revanche du raté et le rêve américain. Le tout dans un film d'aventure old-school agréable.

 

Pour bouffer du super-héros cette année, on est gâté. Le dernier à se voir attribué son film s'appelle Captain America, le plus ostentatoirement patriote avec son bouclier étoilé et son costume aux couleurs des U.S.A. Une sorte de pendant masculin à Wonder Woman. De son vrai nom Steeve Rogers, le soldat super-puissant s'ancre dans une stratégie globale de Marvel. Après Iron Man et Thor, le studio présente son dernier super-héros avant The Avengers, le long-métrage regroupant toutes leurs figures de proue. Volontiers old-school comme son affiche, Captain America First Avenger prépare de le terrain avec un blockbuster estival assez réussi.

 

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Le pari du film de super-héros trouve un second souffle dans l'aspect aventure de l'ensemble. Steeve Rogers profite de tests scientifiques pour devenir le super soldat dont les alliés avaient besoin pour foutre une torgnole aux nazis. Et plus qu'Hitler, c'est au scientifique Johann Schmidt et ses expérimentations dangereuses que le capitaine se frotte. Le film rappelle plus une sorte de Indiana Jones croisé à un James Bond avec Roger Moore qu'à une chronique de Sam Raimi. Quoique. Entre Peter Parker (Spiderman) et Steeve Rogers se retrouvent cette même revanche du loser. Deux jeunes hommes vertueux mais mal-aimés. Johnston reprend le thème de la revanche du raté pour faire de Captain America un modèle citoyen. Celui qui jouit du rêve américain. Il faut accepter cet aspect pro-américain un peu lourd pour accepter la quête plus universelle. Quitte à tomber dans la contradiction.

 

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Captain America choisit non pas des soldats de l'oncle Sam pour le seconder dans ses aventures, mais un pot-pourri d'un multiculturalisme un peu anachronique. La pilule passe vu l'aspect Guerre mondiale et par un certain second degré développé. Un univers fidèlement retranscrit, notamment dans les rues de New York, donne corps au film qui évite le trop plein de kitsch. La lisibilité des scènes d'action compense un duel final pas assez mené au paroxysme. En clair, la première partie ne souffre de presque aucun défaut quand la suite s'enlise par moments. Reste que ce héros qui peut enfin gonfler le torse devient touchant. Chris Evans s'en sort très bien, les seconds rôles ont la place d'exister. Et dans une dernière phrase que l'on ne peut pas révéler, la volonté d'enfin devenir un homme se voit contrariée par un événement inattendu qui annonce bel et bien The Avengers.

 

P.S. : pour la énième fois, la 3D ne sert à rien. Une sale habitude.

 

Captain America First Avenger, de Joe Johnston, avec Chris Evans, Tommy Lee Jones, Hugo Weaving (U.S.A., 2h04, 2011)

 

Sortie le 17 août

 

La bande-annonce de Captain America First Avenger :

 

 

 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 18:56

Transmission

 

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Le meilleur blockbuster de l'été parle de transmission père/fils dans une franchise mainte fois malmenée. L'effacement des Hommes aux profits des singes en performance capture donne corps au grand retour de primates pas primaires.

 

Au-delà d'une démarche commerciale qui sentait le roussi, le retour sur grand écran de la saga La planète des singes était l'occasion de faire oublier le très moyen film de Tim Burton. Alors, on ne tentera pas de resituer cet épisode par rapport aux autres tant c'est un merdier sans nom. Sachez juste qu'il n'y a pas vraiment de rapport avec le livre ni avec le premier film de 1968. Les mauvaises langues au jugement un peu trop hâtif (oui toi qui me lis entres autres) rangèrent vite, à la simple vue d'une bande-annonce, ce film dans la lignée des reboots manqués. Et comme pour le Minuit à Paris de Woody Allen, le résultat cloue le bec des septiques. En effet, le film de Rupert Wyatt s'impose assez facilement comme le meilleur blockbuster de l'été.

 

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En voulant mettre en valeur les primates, le film en paie pourtant les frais. Les rôles des humains se voient trop souvent cantonnés à de simples rouages. David Oyelowo et Tom Felton (Drago Malfoy dans la saga Harry Potter) paient les pots cassés. En revanche, les reproches faits à James Franco de fadeur apparaissent assez injustes. Sous prétexte qu'il n'est pas dans la performance à la 127 heures, il n'apporterait rien. Or, il parvient à outrepasser un rôle peu crédible -un scientifique renommé- pour être un fils et un père attachant. Le film développe ce lien de paternité comme un fil rouge. Il y a le jeune César, chimpanzé surdoué élevé par Will/James Franco et Charles, le père de ce dernier, atteint d’Alzheimer. César, par ses capacités sur-développées, aide ce grand-père adoptif. Au quotidien puisqu'il le protège et scientifiquement puisque c'est le même virus qui coule dans leurs veines.

 

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La source de la prise de pouvoir des singes vient donc de tests de laboratoire. Thème principal de la franchise, le rat de laboratoire subit toute forme de sévices jusqu'à l'insurrection. Ici, ce sont les singes qui profitent de leur intelligence pour renverser l'ordre établi. Le film ne couvre pas la destruction de l'espèce humaine, juste les prémices d'une révolte. Et si La planète des singes : les origines se révèle être une réussite, c'est avant tout par la place qu'occupe les primates. La fameuse performance capture de chez WETA entre en jeu. Andy Serkis, déjà bluffant en Gollum dans le Seigneur des anneaux et en King Kong dans le film éponyme, donne corps à César. La technologie ne devient pas un faux argument, elle est l'essence même du film. Qu'ils soient chimpanzés, orang-outan ou gorille, tous cachent des acteurs de talent. Il ne s'agit pas juste de mimer les déplacements des bêtes.

 

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C'est dans l'immobilité que l'humanité de ces êtres se ressent le plus. Leur regard laisse parler une évolution toute darwinienne fulgurante. Conséquence évidente : le spectateur est naturellement du côté du singe, là où il le craignait dans les autres films de la franchise. La relation père/fils de César avec James Franco devient le point nodal d'un drame familial poignant. L'idée même de transmission offre un sujet fort à ce qui est le blockbuster le plus malin de l'été. La réalisation simple mais lisible de Wyatt permet d'en profiter pleinement. D'abord craint par sa démarche vénale, le relancement de la franchise est finalement la meilleure chose qui pouvait arriver au travail de Franklin J. Schaffner. Une histoire de transmission, encore une fois.

 

La planète des singes : les origines, de Rupert Wyatt, avec James Franco, Andy Serkis, Freida Pinto (U.S.A., 2h00, 2011)

 

La bande-annonce de La planète des singes : les origines :

 

 

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 21:24

Sur les traces de Butch Cassidy

 

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En inventant une autre fin de vie à Butch Cassidy, Mateo Gil signe une lettre d'adieu aux bandits du grand Ouest et un appel à la modernité.

 

Devant l'éternelle renaissance du western en ce début de XXIe siècle, Mateo Gil, scénariste de renom pour Amenábar (Tesis, Ouvre les yeux puis son remake de Cameron Crowe Vanilla Sky), offre une proposition intéressante. Armé de la figure mythique Butch Cassidy, il hypothèse une fin de vie différente pour le bandit. Les recherches archéologiques conduisirent une remise en question de la date de mort de Butch Cassidy. Les ossements prétendument à lui datant de 1908 ne lui appartiendraient pas. Gil imagine alors un exil en Bolivie sous le nom de James Blackthorn. Il s'y cache depuis vingt ans et prépare un retour en forme d'adieu au pays de l'oncle Sam.

 

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Un peu à contre-courant du western contemplatif type La dernière piste ouL'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, Blackthorn se construit néanmoins en opposition à l'un des films phare Peckimpah : La horde sauvage. Il embrasse le même thème du contemporain mais lui offre une douceur plus palpable. La violence n'a rien de centrale dans ce Blackthorn, contrairement à La Horde Sauvage. La modernité se retrouve surtout dans le décalage de Butch et de son meilleur ennemi Makinley. Le premier n'a pas conscience que le XXème siècle a sonné le glas du far-west quand le second a abandonné ce jeu de chat en sombrant dans l'alcool. S'interpose le passionnant personnage d'Eduardo, jeune loup cherchant à voler les richesses d'un propriétaire de mine puissant.

 

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La chevauchée forcée d'Eduardo et de Blackthorn ouvre la voie à une prise de conscience. Au contact d'un voleur sympathique, le vieil héros prend la mesure de l’apaisement intérieur. Le travail épistolaire sert de démonstration paradoxale à un héros terré (personne ne connaît sa véritable identité) qui veut refaire surface. Les flashbacks de son passé de malicieux bandit du far-west attestent de cette thèse du pur héros. Là où la mode est au anti-héros sardonique- True Grit avec Jeff Bridges l'a encore prouvé en début d'année- Sam Shepard incarne un Butch tendre dans son allure. C'est dans son travail d’interprétation que recèle la plus fascinante part du film. Rien de forcé, rien de superficiel. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas un animal blessé capable de mordre. On oublie tous les anciens Butch et Blackthorn devient une personne à part.

 

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Mateo Gil en profite pour glisser un message sur la modernité et à l'autodétermination des peuples. La loi du plus fort n'a rien de reluisante. Pis, dans un final que nous ne pouvons pas révéler, la spoliation des travailleurs apparaît comme honteux au regard de la société et des élites armées. Si bien que le politique s'ancre malicieusement, aussi bien au sujet des États-Unis que de la Bolivie. Reste les grands espaces sud-américains qui offrent un cadre magnifique aux aventures arides du film. Verdures montagnardes et cabane perdue suffisent au bonheur de Blackthorn. Les courses poursuites en plein désert, fatales aux chevaux changent le programme du retour à la vie de Butch Cassidy. Épopée enivrante, le dernier souffle de bravoure d'une figure de l'Amérique se nourrit du monde en mutation.

 

Blackthorn la dernière chevauhée de Butch Cassidy, de Mateo Gil, avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Stephen Rea (Esp., 1h38, 2011)

 

Sortie le 31 août

 

La bande-annonce de Blackthorn :

 

 

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 18:18

Ces feignasses d’enseignants

 

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L'art du comique a besoin de se nourrir d'un minimum de connaissances sur son matériau pour rendre son sujet plausible. Bad Teacher n'en a cure et mise tout sur les gambettes de la torride Cameron Diaz.

 

Sombre année pour la comédie américaine. La tornade Very Bad Trip 2 illustre une certaine décrépitude du genre. Le grand savoir des meilleurs Farrelly ou Apatow venait d'un mélange de crétinerie absolue et de situations plausibles. Cas le plus emblématique : 40 ans, toujours puceau fondait sa farce sur le cheminement pas si débile que ça d'un mec qui n'avait jamais profité des plaisirs corporels (comprenez : qui n'a jamais niqué). Bad Teacher permet d'illustrer son exact inverse. Déjà comment croire à cette prof maquée à un riche qui se fait larguer sans raison apparente ? Si son côté vénal n'a rien de surréaliste, l'exercice de son métier de prof en façade laisse songeur. Et puisque madame se fait lourder dans la scène de rupture la moins drôle du cinéma récent, la voilà à se coltiner une caisse pourrie et un appartement avec un gros lard.

 

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Le comble de l'improbable vient de sa capacité à rester enseignante malgré des méthodes pédagogiques flemmardes. Des profs borderline, du poète John Keating dans Le cercle des poètes disparus à Dewey Finn dans Rock Academy, construisaient bien mieux leur différence. Le défi pédagogique devenait même le moteur de l'histoire. Or, dans Bad Teacher, la nonchalance d'Elisabeth ne sert qu'à créer un conflit avec Amy, autre prof loufoque au potentiel comique infiniment plus prometteur. Pis, la méconnaissance du système scolaire U.S. se conjugue à l’inexistence des personnages d'élèves. Des clips commePopular de Simple Plan ou Baby One More Time de Britney Spears caricaturaient mieux en trois minutes le monde des couloirs de lycée.

 

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Troisième problème essentiel à Bad Teacher : son incapacité à jouer avec les seconds rôles. Justin Timberlake, le seul à surnager, n'a pas la place de s'exprimer en collègue riche et beau gosse mais un peu neuneu. Les présences de Jason Segel, Phyliss Smith et Lucy Punch auraient mérité plus de soin. Cameron Diaz ne peut à elle seule se sortir d'un film mal dialoguée, rarement drôle et sans vraie surprise. Et encore, le final ne réhabilite pas le bon goût sinon nous aurions perdu la seule once de plaisir que provoque cette comédie. Bad Trip.

 

Bad Teacher, de Jake Kasdan, avec Cameron Diaz, Justin Timberlake, Lucy Punch (U.S.A., 1h30, 2011)

 

La bande-annonce de Bad Teacher :

 

 

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 15:31

L'amour et la violence

 

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Moche, misogyne, crétin et violent, Run Bitch Run est une horreur. Et c'est ça qui est génial, enfin un vrai hommage Grindhouse.

 

On aura de cesse de le répéter ici, mais Robert Rodriguez est une belle fumisterie avec ses faux films décalés. Son Machete se voulait un hommage aux série B américaines des années 70. La montagne accouchât d'une sourie tant la moindre idée n'était jamais menée à bout. Issue d'un coffret dvd/bluray Grindhouse avec les très délicats Nude Nun with Big Guns et Samourai Avenger, Run Bitch Run est ce qu'on appelle communément un rape & revenge. En gros, une meuf se fait violer et sa survie lui permet d'en découdre avec ses agresseurs. Si tout laisse à penser que Run Bitch Run nous vient tout droit des années 70, en réalité, Joseph Guzman a réalisé ce film en 2009 avec environ 25000 dollars.

 

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Les images vidéos souvent très laides en attestent. Guzman parie sur l'énergie et le second degré. Un film à voir entre potes (ce terme se décline aussi au féminin évidemment) pas trop coincés avec de la bière et des chips. Car tout n'est que violence, sexe et sang. Deux jolies envoyées de Dieu se retrouvent chez des rednecks où prostitution et crimes font bon ménage. L'une des deux survit à son calvaire et décide d'en découdre. La misogynie générale cache pourtant une sorte de girl-power. Celle qui dit que les hommes se feront trahir par leurs couilles.

 

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L'énergie déployée excuse les mises au point foireuses, la musique répétitive (effet comique garanti) et autres horreurs de réalisation. Run Bitch Run parvient sans mal à retranscrire les déviances sexuelles écrites par des hommes aux fantasmes clairs. La vengeance noyée sous un second degré visible rend digeste l'ensemble. Le sanguinolent et les jouissances perverses offrent un écho à la violence lancinante d'une Amérique profonde toujours opaque. Le but de Run Bitch Run n'est pas de réinventer un cinéma bis comme Tarantino mais d'en restituer sa saveur originelle. Pari réussi.

 

Run Bitch Run, de Joseph Guzman avec Ivet Corvea, Cheril Lyone, John C. Crow (U.S.A., 2009, 1h30)

 

Film disponible dans le coffret M6 vidéo avec Samourai Avenger et Nude Nun with Big Guns

 

La bande-annonce de Run Bitch Run :

 

 

 

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