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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 11:09

 

La boxe au cœur

 

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Art non reconnu comme tel, la boxe a pourtant à voir avec la danse. Une salle comme le Lord's Gym est aussi un lieu de partage. Une plongée enivrante dans un microcosme bouillonnant.

 

Wiseman, près de quarante films au compteur, ne déroge pas de sa ligne directrice. Ses documentaires ne doivent comporter ni commentaire, ni interview. En somme, il fait confiance au réel. Souvent penché sur les institutions (hôpitaux, police, comédie française), il les délaisse pour aller dans une salle de sport. Au Lord's Gym, Richard Lord a fondé sa propre petite salle. Une sorte de grand garage aménagé. Il suffit d'une poignée de secondes pour plonger tête baissée dans un microcosme en constant mouvement. C'est bien simple, on a envie d'en être, de faire un peu de corde à sauter, quelques rounds à la poire et partager avec ces gens.

 

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Wiseman a vu en ce lieu un cadre de partage. Tout type de personnes se croisent. Des pros, plus ou moins en forme, des jeunes venus ici pour découvrir le sport, des mères de famille avec leurs enfants. Richard accepte tout le monde. Ce mec est une crème au regard bienveillant et un pédagogue magnifique. « T'es pas venu ici pour mettre des coups aux autres » avertit-il gentiment un gamin surement pleins de clichés sur la boxe. « Garde le même écartement de jambes » explique t-il à un pré-ado plus préoccupé de cogner le punching-ball que la technique de déplacement. Boxing Gym permet de voir tous ces exercices, par petits bouts. Parfois ce sont des débutants, pas très à l'aise avec des gestes faussement simples (l'exemple de la poire est le plus visible), à d'autre moments des plus expérimentés, rodés aux pratiques. Le contact de ces deux mondes offre le surplus de passion d'une salle véritable cocon et exutoire de la violence. Les uns conseillent, les autres demandent. Tous partagent leur passion et des tranches de vie. Il y a la jeune mère toujours un regard sur le petit, l'habitué dégouté de déménager sous peu à Houston, le pro qui revient de blessure. Des histoires anecdotiques dans leur contenu mais très pertinentes dans ce qu'elles disent de la société.

 

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Des affiches de films, des bips incessants, le souffle de fatigue des sportifs, tout au son et à l'image recrée l'ambiance des lieux. La profondeur de champ permet de regarder en périphérie de l'échange central. Il se passe toujours plusieurs choses à l'écran. L'absence de voix off permet une libre interprétation, un choix personnel de hiérarchisation de ce qui nous est donné. La preuve que cette méthode porte plus ses fruits que les horribles travaux de Michael Moore et consorts. Wiseman s'avère moins âpre que quand il égratigne indirectement le fonctionnement des institutions. Il montre juste la façon de canaliser la violence dans un sport qui ressemble à de l'art. La boxe comme une danse, avec ses gammes, ses pas, sa récurrence dans les gestes mais aussi cette capacité à emmagasiner tout cela pour un combat telle une improvisation de jazz. Que ceux qui doutent encore que la pratique sportive n'a pas à voir avec l'art du corps aillent voir Boxing Gym, ils comprendront.

 

Boxing Gym, de Frederick Wiseman, avec Richard Lord (U.S.A., 1h31, 2011)

 

La bande-annonce de Boxing Gym :

 


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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 19:29

Petit bras et cracks de pacotille

 

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Pas vraiment un film de boxe, le long-métrage sur les frères Ward offre une magnifique occasion de voir ce que l'actor-studio fait de pire. Ce que la jolie morale américaine aussi. Autant revoir Ali ou Raging Bull.

 

27 février 2011. Au cours d'une soirée chiantissime, Christian Bale et Melissa Leo raflent chacun un Oscar de meilleur second rôle pour leurs prestations dans Fighter, nouveau bébé de David O'Russell (Les rois du désert) et projet cher au cœur de Mark Wahlberg. Injuste et même inquiétant que de récompenser un cabotinage aussi total, insupportable, putassier. Fighter fait vaguement penser à ces émissions de real-TV américaines type MTV diffusées à longueur de temps. Le propos est toujours à peu près le même : regardez nous vivre, chialer, crier, rire parce qu'on a des vies qui vont vous passionner. Un déballage de l'intime sans vergogne, reléguant les émissions françaises type Confessions Intimes au statut de gentilles productions sociales avec un fond de bienveillance.

 

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Là où ce film est pire que tout, c'est qu'il conte bel et bien une histoire vraie. Brandi comme un label de qualité (argument bancal) censé justifier que la barque soit autant chargée. Une embarcation avec la vie de Micky Ward, espoir éternel de la boxe et de son frère sur le déclin, Dicky. Le film revient sur leurs parcours de combattants pour atteindre les sommets ou ne pas complétement sombrer. Il développe en même temps les rapports tumultueux avec la famille. C'est là que le numéro de cabrioles commence. Bale tente la variation monochrome de noir sur noir, accent forcé, yeux écarquillés, posture de victime, comme du mauvais De Niro. Melissa Leo lorgne vers l'hystérie permanente d'une fratrie de cas sociaux à baffer. Paraît que ces gens existent vraiment, notamment cette maisonnée de sœurs harpies, déchainées contre la petite amie protectrice. Pourquoi pas. Mais il y avait bien plus à voir des mœurs et des abus de crétins dans le récent Winter's Bone par exemple.

 

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O'Russell oublie trop vite la boxe pour se plonger dans une histoire de famille où la drogue ravage les relations. Raging Bull est passé par là, mentionnant bien mieux la déchéance du corps, la colère et la rédemption. Ici, le duo Bale/ Wahlberg joue à Abel et Caïn dans un premier temps pour finalement se réunifier. Le seul intérêt digne réside dans ce portrait d'un mec à peu près normal, dont Wahlberg fait une prestation très juste, jamais dans l'excès. Voici un homme qui aimerait sortir du carcan familial. On voudrait crier à sa place, balancer un bon vieux « fuck you » à la mère et se barrer à Las Vegas. Mais Wahlberg/Ward ne fait rien. Il résiste. Fighter aboutit à un compromis mou où tout le monde a droit à sa part du gâteau. Maman et joli cul ne peuvent pas se piffrer ? Tant pis, faisons bonne figure, le boxeur ramène de la thune à la maison. C'est agaçant et affligeant d'empathie.

 

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Même les passages boxés déçoivent. O'Russell utilise comme vernis un parti pris séduisant : filmer comme ESPN. En découle un vrai dynamisme, une approche documentaire en adéquation avec l'ensemble de la mise en scène et avec la mise en abîme du reportage initial. Or, la sauce sur le ring ne monte pas assez. L'abus d'ellipses enlève de la tension. Le réalisateur filme plus le public et la famille que les deux combattants eux-mêmes. Reste les entrainements, plus punchys, mieux amenés, sans rajouts. Comme un écho d'un film que l'on espère démarrer mais dont on assisterait qu'aux répétitions avec engueulades en coulisses. Ce déballage sans vergogne de la jolie morale américaine de la lutte intérieur fout les boules. La crétinerie de la déclaration du vrai Micky Ward en atteste: "J’ai adoré faire ce film parce qu’il montre que quand tout va mal, vous pouvez en sortir vainqueur si vous ne baissez pas les bras, si vous travaillez dur, si vous restez fidèle aux personnes que vous aimez et si vous faites les bons choix. J’en suis la preuve vivante." Allo? Je suis bien sur le répondeur de Toute une Histoire? C'est pour y inscrire une famille.

 

Fighter, de David O'Russell, avec Mark Wahlberg, Chritian Bale, Amy Adams (U.S.A., 1h53, 2011)

 

La bande-annonce de Fighter:

 


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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 21:58

Quand t'es dans le désert

 

Film vu dans le cadre du club 300 Allociné

 

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Encore un cinéaste qui passe par l'animation pour livrer ici avec légèreté une réflexion sur la valeur de l'eau et un hommage appuyé aux grands westerns.

 

Le mexicain en 2001 n'avait rien à voir avec le western. Gore Verbinski, connu du grand public pour son remake de The Ring et pour la saga Pirates des caraïbes, se rattrape avec Rango, hommage malin à ce genre si américain. On trouvera les principales qualités du film surtout dans cette impressionnante capture d'un monde aride, agrémenté d'une métaphore sur la richesse. Le lézard Rango se retrouve malgré lui héros du Far-West à devoir régler un problème crucial : aider les habitants de Poussière à avoir encore de la flotte.

 

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« Celui qui contrôle l'eau contrôle tout » ressasse le maire de la ville. L'or bleu, nouveau rêve miroitant de l'Ouest comme si le véritable or en lingot n'était rien. Enfin, si on oublie que l'enjeu final est de s'attaquer à la construction de Las Vegas. Verbinski arrive pour la première fois à une lisibilité dans ses scénarios. Rango met un peu de temps pour se mettre en place et laisse craindre une gentille parodie balisée pour un large public. Sa seconde partie étonne par le ralentissement rythmique. Quelque part entre les paysages des westerns crépusculaires et l'hommage appuyé aux spaghettis, Rango débouche sur une contemplation du désert et sa modernité. Il place des figures archaïques dans un environnement plus proche du nôtre. Le travail sur les coloris et l'éclairage, que l'on doit à Roger Deakins appelé ces derniers temps pour les déserts de True Grit, No Country For Old Men ou l'assassinat de Jesse James..., offre une belle aridité à l'image.

 

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Sous ses aspects parodiques au hasard de la Chevauchée Fantastique ou Le bon, la brute et le truand -parfois un peu léger- se cache donc un film envoutant, plus agréable dans sa maladresse que dans cette espèce de sureté de grosses productions. Un peu comme son personnage principal, héros malgré lui mais à l'adaptation trop aisée. La désinvolture de Johnny Depp en voix originale ajoute en décontraction, au même titre que les compositions hommages de Hans Zimmer. Niveau musique, le coup des rapaces mariachi illustre à la fois la drôlerie relative de l'ensemble et une once de facilités. Reste que Rango compense son manque d'émotions tendres par un hommage en règle. Jusque dans des souterrains tirés tout droit des mines de la Moria. Le passage à l'animation réussit aux réalisateurs classiques. Moins grandiose que Wes Anderson et son Mister Fox, Rango parvient à mêler le subtil et l'accessible, enivré par un décor captivant mais qui donne soif.

 

Rango, de Gore Verbinski, avec les voix originales de Johnny Depp, Isla Fisher, Abigail Breslin (U.S.A., 1h40, 2011)

 

Sortie le 23 mars

 

La bande-annonce de Rango :

 

 

 


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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 10:46

Argent à flot

 

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Le renouveau suédois passe par le film noir. Après la saga Millenium, voici Easy Money, portrait bordélique mais finalement assez habile du Stockholm sombre.

 

Venu du grand Nord -la Suède précisément-, Easy Money rappelle à la fois le compère Vintenberg (Submarino ) et le polar noir sud américain. Immense succès en salle au pays de Millenium, ce blockbuster glacial rôde, cogne, s'exécute. Son esbroufe relative permet de gagner en intensité. Easy Money, malgré sa traduction un peu maladroite et son affiche pas très avantageuse peut ainsi faire valoir une construction assez passionnante. JW, gueule de petit sarkozyste en école de Commerce, se fourvoie en plongeant dans le trafic de drogue.

 

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Héritage du film chorale d'Innaritù, Easy Money scinde en fait son histoire en trois. En plus de JW, on croise Jorge, dealer en cavale et Mrado, tueur à gage, mais surtout père. En découle une œuvre qui ne s'arrête jamais, quitte à ne pas poser de regard assez profond sur ses personnages. JW a beau avoir un rôle primordial, ça n'est pas le segment le plus abouti. L'intérêt réside plutôt dans la partie sur ce tueur à gage des balkans. Espinosa construit une intrigue en superposition de trois hommes au pied du mur, tous embarqués dans un tourbillon de violences et de contraintes. Le jeune étudiant tombe amoureux, Mrado se voit confier la garde de sa fille de quatre ans et Jorge tente de renouer les liens avec sa famille. La première heure, un peu confuse et molle, fait craindre un résultat creux. Puis les choses s'accélèrent, les destins se croisent de manière cohérente et la testostérone déployée se revigore par une mise en scène musclée.

 

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Adaptation d'un roman noir de Jens Lapidus, Easy Money rejoint Vintenberg dans ce portrait sans concession d'une ville faussement propre. L'argent y coule à flot autant que le sang. Les gangs et les trafics ne sont pas que l'apanage des villes du Sud ou des grandes capitales type Los Angeles. Stockholm devient le théâtre de magouilles rarement vues. Son principal attrait vient de la description du crime organisé, fait de négociations entre communautés étrangères et des voies du passage de drogue. Si JW a tout de la tête à claque monolithique, l'irritation que son jeu produit est un mal pour un bien. De ses grands yeux égarés et ses comportements de fausses petites frappes découlent l'idée que les affaires de drogues ne sont pas qu'histoires de caïds. La pression de réussite sociale joue beaucoup. Dans sa plus belle scène, Espinosa rejoue à sa manière Barry Lyndon au cours d'un diner aux chandelles où tous les enjeux d'une nouvelle aristocratie se cristallisent. L'étudiant cherche alors à s'imposer en tant que personnage qui compte, un peu comme Lord Barry au XVIIIème siècle. Reste un film calibré par la morale, moins coup de poing que Vintenberg mais extrêmement soigné.

 

Easy Money, de Daniél Espinosa, avec Joel Kinnaman, Matias Padin Varela, Dragomir Mrsic (Sue., 2h04, 2011)

 

Sortie le 30 Mars

 

La bande-annonce de Easy Money :

 


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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:51

 

Missouri crépusculaire

 

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Quand la marque de Rossellini se frotte à une Amérique contemporaine, cela donne le dérangeant Winter's Bone. Drôle de plongée au cœur d'un Missouri sombre mais humain pour une œuvre assez loin des rivages de Sundance.

 

Du néoréalisme italien, on retrouve régulièrement un goût pour le document, la véracité d'un portrait de société. En cela, Winter's Bone, énième film au succès galopant à Sundance, se rapproche des modèles de Rossellini et compagnie. Le film hérite clairement de son dispositif, hormis pour l'ancrage temporel. A savoir une plongée dans une Amérique inconnue du grand public, celle des bourrus de campagne du Missouri. Le monde clos de Winter's Bone apparaît hors du temps, sur un fonctionnement de clans. Là où les néo-réalistes créaient un choc culturel en intégrant un personnage extérieur à un microcosme qu'il ne parvient pas à comprendre, Debra Granik procède autrement. Sa caméra implique plus directement le spectateur.

 

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Ainsi, l'envoutement provoqué ne fait que grandir une gêne évidente. Décor de western crépusculaire, le long-métrage en hérite sa rudesse, ce monde d'hommes où la loi est malmenée. Ici c'est un flic, inquiet pour son image, qui réclame à la jeune héroïne de ne pas le faire passer pour une lopette. Plus généralement, le droit américain prévaut (Ree, jeune fille courage, lutte pour que les autorités ne lui retirent pas la maison familiale). Pourtant, c'est bien une lutte intestine au sein d'une communauté un brin anarchique où la sombre histoire se déroule. Le genre de portrait glaçant qui rappelle un peu la famille White du documentaire déglingué The Wild and Wonderful Whites of West Virginia. Or, pas de place pour l'humour. Étrangeté suprême, la drogue semble altérer le déroulement normal de la vie de ces gens. Nous sommes bien loin des douceurs folks de Sufjan Stevens ou des sonorités country d'un Townes Van Zandt.

 

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Un héritage italien de l'après-guerre ressenti jusque dans l'écriture du scénario. La recherche du père n'apporte pas tant un suspens qu'une inquiétude quant aux possibilités de vérité. Où s'arrêteront ces gens ? Menaces, regards en coin, passage à tabac, intimidation en tout genre, le périple statique de Ree s'assimile au parcours du combattant. Celui d'une adolescente qui nourrit comme elle peut ses frères et sœurs, qui met de côté son honneur pour sauver sa peau et qui cogne à toutes les portes pour trouver une aide inespérée. Pendant presque une heure, le film se résume presque à cet état de fait. Un peu comme chez Guiseppe De Santis ou plus certainement Vittorio de Sica, le matériaux social se parcourt sans que l'histoire n'avance vraiment. Là n'est de toute façon pas l'essentiel.

 

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Le plus étonnant, c'est que Winter's Bone n'a rien de monolithique. La rudesse cache une bienveillance insoupçonnée. Ces têtes de camés ne cherchent pas nécessairement du mal et la trajectoire ne trouve son salut que dans un réflexe communautaire salvateur. La loi prévaut réellement et les protagonistes se voient bien obligés de couvrir leurs arrières. Les illuminations colorées d'une lumière pâle, pleine de brume et de vent des montagnes, s'accordent magnifiquement à la musique country distillée à bon escient. Sundance a rarement fait émerger film aussi fouillé. En dépit de ses faux chemins balisés, le second film de Debra Granik offre une imprégnation rare, aux odeurs de clopes refroidis, de poudre et de sang. La violence sourde se mêle à une force de solidarité à peine visible, mais prégnante. C'est là que toute la clarté morale du néoréalisme refait jour. Comme Ingrid Bergman en son temps dans Stromboli, l'incompréhension demeure mais l'attachement existe. Film hermétique par excellence, Winter's Bone apporte cet envoutement en créant un microcosme visuel. Une lumière saturée, des visages jamais embellis et une Jennifer Lawrence époustouflante de retenue savamment dosée.

 

Winter's Bone, de Debra Granik, avec Jennifer Lawrence, John Hawkes, Kevin Breznahan (U.S.A., 1h40, 2011)

 

La bande-annonce de Winter's Bone :

 

 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 22:23

 

Le dernier « dernier exorcisme »?

 

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Le retour d'Anthony Hopkins aux personnages troubles et flippant. Encore aurait-il fallu qu'il les ait quittés et que cela serve à des films novateurs. Or, le Rite est d'une inutilité confondante.

 

Difficile de se souvenir d'Anthony Hopkins jeune. Malgré une longue carrière, l'un des plus vieux souvenir cinéphile remonte à Elephant Man de David Lynch en 1980 et quelques films de renoms avant le triomphe du Silence des Agneaux (citons seulement le Dracula de Coppola et Desperate Hours de Cimino). Sauf que depuis cette époque, l'étrange sentiment nous étreint de voir le légendaire Hannibal faire toujours le même rôle. Il reproduit régulièrement les mêmes partitions d'homme troublant, aux confins du fantastique, des suites Dragon rouge et Hannibal en passant par La faille ou the Wolfman. Un reproche un peu exagéré vu sa carrière, mais qui reflète une lassitude. C'est avec appréhension que l'on plonge dans Le Rite, du réalisateur suédois Mikael Håfström. Une histoire dont on nous assomme tout de suite le caractère authentique. Un magnifique discours de culs-bénis aux délires mystiques.

 

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Dans un style pompeux, tout en longues focales et plans rapprochés pour appuyer le mystère, le cinéaste pond une histoire d'exorcisme dans les bas quartiers de Rome. Le Rite appelle bien sûr à penser au mythique L'exorciste de William Friedkin. Le comparatif ne tient évidemment pas, tant le nouveau projet mise tout sur Hopkins, cabotin au possible. C'est pourtant là que réside le véritable attrait de Le Rite. Sur sa première heure, l'acteur semble s'éclater, alternant cocasserie du regard et posture  d'homme de Dieu. On s'amuse d'autant plus face au stoïcisme engourdi de Michael Kovak, le héros du film. L'interprétation sans vague de Colin O'Donoghue en pseudo-prêtre septique rappelle plutôt une version fade de Michael Fassbender. Peu d'intensité pas même contrebalancée par des seconds rôles trop peu exploités de Ciaran Hinds à Alice Braga.

 

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Reste un récit un peu amorphe, intriguant par quelques scènes, dont le premier exorcisme. Le manque de patte personnelle se compense sans trop de souci par son approche pointilleuse. « Vous vous attendiez à des têtes qui tournent ? » balance laconique le père Lucas devant l'air déçu du manque de spectacle qu'attendait son acolyte septique. Et le film aurait dû s'en tenir là, à sa retenue, certes un peu ennuyeuse. La deuxième moitié tombe dans l'horrifique bas de gamme. Aucune originalité, aucune idée de mise en scène, Le Rite semble réciter une leçon mal apprise, tel un quota de film d'horreur à atteindre chaque année pour le grand public. Le dernier Exorcisme l'an dernier, en dépit de ses défauts tentait au moins une approche amusante de l'imposture du pasteur et un décor de Nouvelle-Orléans envoutant. Hopkins y aurait brillé.

 

Le Rite, de Mikael Håfström, avec Anthony Hopkins, Colin O'Donoghue, Alice Braga (U.S.A., 1h 52, 2011)

 

Sortie le 9 Mars

 

La bande-annonce de le Rite :

 


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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 21:58

 

 

Polar fade

 

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Un polar sans âme et sans envie. En résulte un ennui non maitrisé, une intrigue plane et une prestation sans sommet.

 

Le cinéma français qui bande les muscles pour se croire américain agace. Pas besoin de nier la singularité de l'Europe. Il est envisageable de faire des thrillers sombres et torturés sans pour autant négliger l'environnement social et vouloir filmer comme outre-Atlantique. D'ailleurs, les grandes œuvres de références américaines sont toujours éprises d'un univers social très fort, de Scorsese à Gray. Pierre Lacan pour son premier long-métrage semble avoir malheureusement oublié ce facteur indispensable. Son Légitime Défense travaille sur la famille déchirée, le quarantenaire marié, jeune père et inquiet pour son père, détective privé. Rien d'original, mais surtout, aucun effort pour nous attacher à sa situation.

 

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Comme si un casting de valeurs sûres suffisait. Lacan s'entoure de Jean-Paul Rouve, Gilles Cohen, Olivier Gourmet, Claude Brasseur et laisse tourner sa caméra sans plus d'envie qu'un exercice d'école de cinéma. Dans la course poursuite pour retrouver un père au passé plus trouble qu'il n'y paraît, Rouve se retrouve confronté à la mafia locale, celle du Nord de la France. Le bistro comme couverture du vilain mafioso aurait pu servir de véritable encrage à un polar impersonnel. En lieu et place, on assiste à une avalanche de péripéties pas tellement crédible. Pas évident de saisir les motivations des personnages et encore moins comment ils en sont arrivés là.

 

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L'espèce de suspens mis en place à travers des photos compromettantes et des loubards pas très fréquentables a été vu mille fois en plus violent, plus pointu, plus terrifiant. Dommage car Lacan tente une once de cruauté et on devine ici et là qu'il rêve de distiller une touche personnelle (notamment les flashes-forward). Il est desservi par une mise en scène pleine d'esbroufe, un peu comme un bodybuilder se dope aux médocs pour gonfler plus vite. Ses acteurs ne le sauvent même pas, surtout pas Jean-Paul Rouve, pas très à l'aise dans le registre sérieux. En tout cas, beaucoup moins que dans Poupoupidou. Et puis, il va falloir en finir avec la sempiternelle figure du fils écrasé par le père pour un polar classique, cela marche de moins en moins souvent.

 

 

Légitime défense, de Pierre Lacan, avec Jean-Paul Rouve, Claude Brasseur, Olivier Gourmet (Fra., Bel., 1h 22, 2011)

 

Sortie le 16 mars

 

La bande-annonce de Légitime défense :

 


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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 17:11

 

Bio et tics

 

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Film sur le clonage et la bioéthique déguisé, Never Let Me Go abandonne trop vite le joli travail de la première demi-heure pour virer au tire-larme le plus superficiel possible. On appelle ça du gâchis.

 

Dans le petit monde merveilleux des films indépendants branchés, il est de bon goût d'aimer le vent et le soleil couchant. Le romantisme et les sentiments se réduisent de plus en plus à une guimauve sans nuance. Il faut aussi être poignant, parler aux gens, les vrais, et si possible les faire pleurer tellement le monde est beau. Une mode qui nous a offert des films bien foutus, parfois somptueux, de Garden State à Little Miss Sunshine et passant par Juno. Never Let Me Go, sous ses airs plus gris, emprunte en partie cette lignée. Sauf que Mark Romanek est ambitieux et tente d'y inclure une complexité des sentiments. En fait, Never let Me Go est, contrairement aux apparences, un film de science-fiction. Une uchronie plus précisément où les humains sont guéris par des greffes d'organes.

 

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Et puisque greffe il y a, sacrifice il faut. Des clones sont élevés, inconscients de leur situation. Rien ne présage de ce postulat de science-fiction audacieux, puisque le film se met à hauteur de ces pauvres enfants de laboratoire. Proche d'eux, le point de vue se veut émouvant, à la découverte de la campagne anglaise. L'île britannique devient un cocon de contre-utopie faussement doux. La rudesse du monde est implacable. Romanek traite sans peine de l'acceptation d'une situation tragique et montre des corps passionnés chercher à vivre en dépit d'une durée de vie trop courte. Le discours se double d'un avertissement maladroit sur le clonage, le mensonge et la bioéthique.

 

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Un déroulement bien parti, sur toute la section enfance. Le destin s'efface pour laisser toute sa place à la cruauté et les rêves contrariés des gamins. Kathy, Ruth et Tommy forment un trio amical, fait de regards malicieux et d'amours plus ou moins avoués. On explore ce pensionnat à l'ancienne avec un plaisir glaçant. La chape de plomb n'est que l'arrière-plan et des figures vivantes se mouvent dans un espace clos. On pense lointainement à Poudlard, ou aux élèves du Cercle des poètes disparus. Puis les petits deviennent ados et les choses se gâtent. Déjà par l'inattendue débandade en terme de direction artistique. Les enfants s'en sortent mieux en terme de jeu que leurs ainés. Carrey Mulligan, l'actrice qui fait déjà vieille alors qu'elle est toute jeune, chiale à chaque scène, Keira Knigtley fait comme toujours sa tronche de travers. Plus étonnant, le très doué Andrew Garfield en rajoute, pas aidé par un travail sur le maquillage et les costumes là pour appuyer une niaiserie ambiante.

 

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Plus globalement, la tonalité ressemble au long brame de la mort, une expiation morale de ses petites cachoteries passées. La candeur proscrite laisse place au déchirement perpétuel de corps décharnés petit à petit. On tombe dans la tragédie tire-larme sur l'horreur des maladies, à grands coups de violons et de pianos en osmose avec le vent frais. Mark Romanek, dépassé par le poids de son récit, manque de recul sur l'attachement potentiel de ses personnages. Ne reste finalement que la tentative forcée de nous arracher quelques larmes de crocodile, le tout dans un moule moral louable et une photographie bien adaptée à la grissaille ambiante. Pas top quand même.

 

Never let Me Go, de Mark Romanek, avec Carrey Mulligan, Andrew Garfield, Keira Knightley (G.-B., 1h43, 2011)

 

La bande-annonce de Never Let Me Go :

 

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 19:07

 

Sur de bons rails

 

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Ce coup-ci, François Damiens s'illustre à travers un couple, une fratrie en prolongement de la Famille Wolberg. Sauf qu'ici, il est question de classes moyennes embarquées dans une histoire de folie autour du trafic de cocaïne. Une comédie délicieuse.

 

Il suffit parfois d'un plan, d'une bonne idée toute bête pour poser son intrigue. Dans une Pure affaire, premier film d'Alexandre Coffre, cela se joue dans une petite voiture, une construction géométrique de l'espace. François Damiens, avocat raté, avertit en voix off de sa désillusion quand à ses espoirs anciens. C'est en le voyant monter dans son pot de yaourt entouré par les 4X4 massifs de ses voisins que l'environnement social est posé. Une fois n'est pas coutume, ce sont les classes moyennes qui nous occupent dans une comédie française. Un élément faussement anodin. Rares sont les œuvres à s'intéresser à eux.

 

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David Pélame (François Damiens) vit une existence normale mais un peu décevante. Il ne se plaint pas de sa femme, la charmante Christine (Pascale Arbillot), ni de ses deux marmots. Une pure affaire montre pourtant un noyau familial aussi soudé que victime. La blague n'est jamais gratuite, comme lors de ce Noël où David n'offre rien à sa femme. S'il passe pour un homme indélicat, on lit en filigrane une lassitude du couple et une précarité financière. Coffre aime ses personnages et ça se sent. Damiens, dont on loue si souvent le jeu à juste titre, ne serait pas grand chose sans Pascale Arbillot. Ils rendent plausible cette histoire d'une famille dealeuse de coke dans tout Paris. Charmant demeure un terme trop réducteur. Pour une fois, les bourgeois parisiens ne sont pas visés (bien qu'on voit que ce sont les premiers consommateurs de coke) ni les habitants des cités.

 

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C'est un joli portrait d'une France vivante mais fragile. François Damiens, peut-être le moins perché de tous pour une fois, adopte une posture intéressante. Sa clownerie légère n'explose que lorsqu'il perd le contrôle. La plupart du temps, il est un homme qui espère ne plus décevoir. La petite concurrence avec Laurent Laffite, sa manière de tenter la rébellion face au Patron (Gilles Cohen, impérial) et sa quête de rachat envers ses proches a quelque chose de touchant. La pire ingratitude des comédies de ce type vient du manque de reconnaissance. Personne ne louera une photographie subtile et réaliste, personne n'y verra un travail sonore abouti alors que le hors-champ s'y insère à merveille. Et surtout personne ne relèvera la mise en scène précise, jamais théâtrale, toujours proche de ses personnages. Coffre utilise la plan fixe et l'ellipse avec une finesse d'écriture rare. Les bonnes comédies qui ne rechignent pas sur leur identités française, ça existe, sans forcément virer dans la fresque populiste-vulgaire (suivez mon regard).

 

Une pure affaire, d'Alexandre Coffre, avec François Damiens, Pascale Arbillot, Laurent Lafitte (Fra., 1h28, 2011)

 

La bande-annonce de Une pure affaire :

 


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Published by alexandre mathis - dans sortie en 2011
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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 19:13

 

Pécores périmés

 

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Pas évident que l'on trouve pire cette année au cinéma. Catastrophe dans absolument tous les domaines, Mais y va où le monde  ? ne parvient même pas à se sauver avec une prétendue tendresse pour le monde paysan.

 

Le premier film de Papagalli aurait dû offrir une forme de tendresse. Homme de théâtre, connu du grand public pour incarner l'un des paysans bougons de la série Kaamelott, l'acteur passe derrière la caméra pour une comédie lunaire. Il y présente une famille d'agriculteurs en crise, pas franchement au fait des réalités du XXIème siècle. Le père est tellement arriéré qu'un simple rendez vous chez le banquier est une abomination. Surement plein de bonne volonté, Papagalli voulait créer un univers propre. Le drame commence alors. Pour ceux qui connaissent la série d'Alexandre Astier, il faut imaginer que le jeu du paysan est étiré en pire sur 1 heure 20. Autant dire un supplice.Et c'est pas faute d'avoir voulu aimer.

 

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Le peu de moyen n'excuse pas tout. La direction d'acteur calamiteuse et les pseudos idées de mises en scènes ne font que précipiter un naufrage. Mais y vas où le monde ? joue le jeu de l'absurde attachant. Malgré la meillleure volonté du monde, ça ne passe pas. Le pire, c'est qu'on peut déjà voir venir d'ici les attaques de « parisiens qui ne comprennent rien à la campagne ». Pourtant l'auteur de ces lignes connait plus que bien le monde rural et le portrait fait par Papagalli n'a pas grand chose avoir avec l'univers agraire. Il y a bien une volonté de railler le système, de rappeler que l'Europe et les capitalistes spolient les petites gens, le principal problème vient réellement du traitement. Astier pour Kaamelott avait compris qu'il ne fallait pas trop en faire avec ces personnages de paysans relous, volontairement un peu con.

 

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Les tics de langages fatiguent, toujours moins que l'hystérie constante de gens insupportables et franchement crétins. Le film joue sur l'unisson, à savoir le délire constant. Aucune pause, aucune variation, tout doit beugler, suer, en rajouter dans l'accent. La tendresse inhérente ne transparait jamais et c'est plus l'envie de tarter des arriérés qui se fait jour. Plus encore que Astier qui sait jouer des rapports entre les « grands » et les « petits », on pense tristement aux délice des Deschiens, magnifiques sketches sur le prolétariat encore inégalés jusqu'ici. Mais y vas où le monde ? est à l'image de son titre, pas assez fin pour l'absurde, trop grotesque pour le pastiche, trop passionné pour se rendre compte du naufrage intégral. Et c'est bien triste.

 


Mais y va où le monde ? De Serge papagalli, avec lui-même, Véronique Kapoian, Valère Bertrand (Fra., 1h24, 2011)

 

La bande-annonce de Mais y va où le monde ? :

 


 


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