Partager l'article ! Max et les maximonstres : l’enfant-roi: Poétique et gracieux, le nouveau film de Spike Jonze se blottit dans l’ima ...
Poétique et gracieux, le nouveau film de Spike Jonze se blottit dans l’imaginaire d’un gamin de 9 ans. Hormis quelques longueurs, un pur moment de magie un poil mélancolique.
Une œuvre presque trop grande pour le talentueux Spike Jonze qui aura dû batailler ferme pour pouvoir sortir l’adaptation du livre de Maurice Sendak (d’ailleurs, si vous ne savez pas quoi offrir à Noël à un gamin de 8 ans, voici un super cadeau tout trouvé !). Entre retards de tournages, difficultés techniques et obligation par la Warner de remonter un film trop effrayant dans sa première version, Max et les Maximonstres a connu un chemin de croix. Le projet est ambitieux. Le livre de Sendak raconte l’évasion d’un gosse de 9 ans dans son imaginaire, peuplés de gros monstres un peu bruts mais généralement attachants.
Spike Jonze réussi à se réapproprier le bouquin en se concentrant sur ce qui façonne la construction de l’enfant dans un monde où il doit trouver sa place. Cela provoque quelques lourdeurs scénaristiques quand le clippeur fou filme le réel. Mais dès que le jeune Max, turbulent et créatif, se barre au plus profond de son esprit, Jonze nous sort le grand jeu. Il y a d’abord les grosses peluches : Carol, KW, Alexander… Subtils mélanges de numérique et de vrais costumes, on s’attache immédiatement à ces bêtes aux grosses paluches et à l’esprit bourru.
Poésie envoutante
Mais attention, Max et les Maximonstres ne s’adresse pas franchement aux enfants. Si la tendresse est très présente, les grognements de Carol, les colères, la mise en scène caméra à l’épaule alliée à de nombreuses contre-plongées (pour avoir le point
de vue de l’enfant), risquent d’effrayer les plus jeunes. De plus, pas évident qu’ils
comprennent quoi que se soit à la subtilité du film. Le côté psychanalytique est poussé (de façon très légère et poétique) en montrant parfaitement la transcription des humeurs de Max à
travers les monstres.
Afin d’étoffer son propos, Spike Jonze compense ses carences de story-telling grâce à un travail de rythme par moment époustouflant. La lumière (de la sombre forêt à l’éblouissant désert) sert cette impression d’un univers gigantesque créé par Max. On pourrait comparer cet univers à un mix entre les bébêtes des Greemlins, le côté artisanal aventureux de Willow et l’épique force d’un jeu Zelda. Reste à évoquer la principale force de cette expérience : sa poésie ! Il y a quelque chose de profondément mélancolique chez ce garçon si imaginatif qui perçoit qu’il n’est pas en accord avec les responsabilités qui lui incombent. Il y a aussi une tristesse à voir les adultes ne rien comprendre aux envies du gamin. A la manière de ses anciens clips, Jonze utilise à merveille le ralenti sur de magnifiques musiques de Karen O. afin de plonger le spectateur dans un gigantesque cocon exotique.
La relation Carol/ Max est profondément touchante et sincère. Jusque dans son dénouement, on savoure ces moments
suspendus, rendus possible par l’imagination débordante de Max, concrétisés par les équipes du film. Les décors scotchent le spectateur ; leurs similitudes avec nos inventions d’enfants nous
ramènent à de tendres souvenirs d’inconsciences tristement perdues au plus profond de notre jeunesse. Si l’on ne peut occulter les défauts de ce Max et les maximonstres, qui cherche sa
cible et qui peine à garder le même niveau d’excellence durant 1h 40, on ne retient que ces incroyables moments de magies. On ne sait pas si l’on est ému par l’histoire de Max, qui devient notre,
ou si l’on est renvoyé à son propre passé quand on rêvait de faire une cabane avec ses peluches.

A fuir !
Pas Mal.
Indispensable !
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