Partager l'article ! La merditude des choses : des brelles dans la vie, du Brel dans l'esprit: Véritable phénomène en Belgique, cet étrange film suscit ...

Véritable phénomène en Belgique, cet étrange film suscite un enthousiasme mérité tant son sujet crasseux se retrouve traité de la plus belle des manières.
Quoi de mieux en ce début 2010 (au fait, bonne année) que de parler de Merditude. La Merditude des choses – quel titre génial !- correspond à une définition vague de ce qu'est une vie assez pourrie, mais finalement pas insupportable. En voyant la bande-annonce, on s'attend à un film drôle dans le pur délire belges à la manière de Louise-Michel ou Eldorado. Quelques beuveries bien beaufs, aux chansons paillardes sur une « chatte humide », le tout en flamand et sortant de la bouche d'une gamine innocente de 10 ans, ça fait franchement poiler !

On se marre aussi devant la course de cyclisme à poil ou devant ces 4 frères Strobbe fans de Roy Orbison en pleine engueulade familiale. Mais le réalisateur Felix Van Groeningen ne cherche pas à masquer son sujet derrière des apparats marrants. Ce sujet : la vie de merde, teintée de bêtises d'enfants, d'alcoolisme, d'accidents de vie, de gosses pas assumés. C'est grâce à la dérision des situations que la plupart des moments regardent avec une empathie honorable ces héros du quotidien.
« ma mère? Une pute ! »

D'abord Gunther, dont on suit en parallèle sa vie d'adulte, qui cherche à honorer sa famille, la décrit aussi pure que brute. Son père, alcoolique et violent, ses oncles, plus ou moins gravement atteint mais toujours attachants. Tous ressemblent à un mélange de Lorenzo Lamasse de la série « le rebelle » et les héros des Beaux gosses qui auraient gardé leur tenues vestimentaires. Il y a aussi la fée du logis : « mémé », femme au dévouement exceptionnel, où avec son courage quotidien les souffrances sont effacées par des bonheurs simples.

La Merditude des choses est bien un film généreux. Alors on ne rigole pas autant qu'espéré, l'univers s'avère même carrément glauque par moments. Les longueurs de la dernière demi-heure ne plombent que peu la tendresse avec laquelle le réalisateur s'attaque à son sujet. Avoir une vie de merde, malgré tous les dégâts que cela peut engendrer, ça n'est pas grave, tant qu'on le fait dans la bonne humeur. Et comme le dit si bien un ami : « un film en flamand où la phrase qui sonne le plus poétiquement signifie : « ma mère? Une pute » est forcément un film Arte à voir. »
La merditude des choses, de Felix Von Groeningen, avec Johan Heldenberg, Koen De Graeve, Kenneth Vanbaeden (Bel., 1h48, 2009)
La bande-annonce de la Merditude des choses ci-dessous :
A fuir !
Pas Mal.
Indispensable !
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