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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 15:42

Égérie photographique

 

 

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Nouvelle occasion de découvrir le premier film du méconnu Jerry Schatzberg. Entre curiosité, élégance et indifférence finale.

 

On connait peu Jerry Schatzberg. Pas assez populaire pour être admis communément dans la grande famille du Nouvel Hollywood (pourtant son cinéma a des accointances), peu aimé de la critique à ses débuts, le new-yorkais sort des ornières de la mode pour une carrière dans le 7ème art. Il côtoie de grands noms comme Bob Dylan de temps à autres mais ne se fond dans aucun mouvement. Reconnu pour deux films notamment, Panique à Needle Park et L'épouvantail (palme d'or 1973), il démarre sa carrière de réalisateur avec Portrait d'une enfant déchue. Malgré la présence vedette de Faye Dunaway, le film fut un échec retentissent, peu distribué et malmené par la critique. S'il est en voie de réhabilitation (et il faut découvrir cet étrange objet filmique), il demeure une certaine circonspection à la découverte de l'œuvre.

 

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Tout commence pour le mieux. Dans une maison au bord de l'océan, Aaron Reinhart vient voir sa vieille amie Lou Andreas pour préparer un film sur elle. La voix vient de nulle part, les hautes herbes laissent apercevoir une jolie baraque perdue, le grain de l'image offre immédiatement un cachet, le travail de restauration des copies force le respect. Les deux amis discutent de souvenirs, on y entend la mer, les rayons pénètrent dans la maison. Parfait pour se livrer aux confessions. Schatzberg livre alors une histoire par fragments. Difficile de dire d'où sort la voix qui raconte. On la pense off quand en réalité c'est bien Lou à l'écran qui parle. Le cadre masque la vérité. Le choc des souvenirs s'entremêle dès lors qu'il s'agit d'intime. Dans le plus beau passage du portrait s'exhume un amusement malsain. Lou en voiture avec Aaron lui propose de jouer aux inconnus qui se séduisent dans un bar. Alors qu'elle lui raconte le déroulé de son scénario, les images s'intercalent sur les supposés faits. La séquence floute le réel et le rêvé jusqu'à ne pas savoir si leur jeu de dupe fut un simple fantasme ou une réalité amoureuse.

 

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Dès que Schatzberg conte l'univers de la mode et ses photographies léchées dans un monde de crocodiles voraces, le film perd de sa fraicheur. Son passé dans le milieu revient au galop. Il semble y décrire un univers aussi fascinant qu'artificiel. Portrait d'une enfant déchue ère dans un entre-deux monotone. Les élans de la première heure tournent en rond. Alors que Lou sombre dans une folie dépressive, on décroche vers une forme d'indifférence totale. La faute à un regard hautain quand la folie déboule. Le crépuscule de la star, inspiré de la vie de Ann Saint Marie, abandonne la mélancolie douce pour se faire plus psychologique et psychotique. La grâce de Faye Dunaway ne contrebalance pas le peu d'intérêt qui découle de ces instants de vie. Égérie oblige, elle semble constamment prendre la pose, arrêter ses mouvements pour capter l'instant. Schatzberg n'inocule que partiellement le mouvement à un art de l'image qu'il maitrise fixe. Pour preuve, la sublime affiche du dernier festival de Cannes issue d'une série de portraits préfigurant du film.

 

Portrait d'une enfant déchue, de Jerry Schatzberg, avec Faye Dunaway, Barry Primus, Viveca Lindfors (U.S.A., 1h45, 1970)

 

Reprise nationale le 28 septembre

 

Un extrait de Portrait d'une enfant déchue :

 


 


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Published by alexandre mathis - dans les années 1970-1979
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