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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 21:25

Les cendres du Phoenix

 

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I'm Still Here marque une nouvelle étape dans la façon de concevoir la fiction. Phoenix, anti-star, se laisse filmer en rappeur raté. Un rôle [peut-être] de composition plus que fascinant.

 

« J'arrête le cinéma, je me lance dans le hip-hop », telle était l'annonce choc de Joaquin Phoenix fin 2008. Le sublime Two Lovers n'était pas sorti que le meilleur acteur de la décennie décide de se tirer une balle dans le pied. Trois ans plus tard, on comprend en partie la supercherie. Il s'agissait d'un docu-fiction de son beau-frère, Casey Affleck. C'est clair ? A vrai dire, pas franchement. La frontière entre le réel et le jeu vole en éclat. Constamment, on se demande s'il s'agit d'une vraie grosse blague ou d'un projet véridique. Joaquin n'aurait donc jamais voulu devenir une star du hip-hop ? Il n'aurait que simulé ses colères et sa descente aux enfers ? Il n'aurait pas non plus projeté de se faire produire par Diddy ? Ça en avait l'air pourtant.

 

article-i-m-still-here.jpg

Le rôle de la fiction atteint alors sa quintessence, celle de faire admettre, même aux plus aguerris, que le faux est en fait vrai. Le travail de l'acteur, mais aussi de ses complices les plus proches, consiste à croire à la fumisterie, à la mettre en scène 24h sur 24. Un pari suicidaire pour le mental, et, plus pragmatiquement, pour la promo du film de James Gray. Tout le drame du personnage Phoenix rappeur, c'est que tout le monde flaire le canular. De son épopée peu glorieuse nous sont parvenues des vidéos de lui rappant mal, quelques photos de sa mine patibulaire, une promo chez Letterman drôle et pathétique. Pathétique aussi la session d'écoute de démos avec P. Diddy. A ce moment, on pense perdre le soldat Phoenix. On se dit « merde, et si c'était vrai ». C'eut été logique quand on connait les trajectoires fulgurantes de la famille. Perdre Joaquin après River, là on ne rit plus, on pleure.

 

article-i-m-still-here-2.jpg

I'm still Here questionne sur la place du spectateur devant la réalité. A l'heure des télé-réalités intégrées aux quotidiens des chaines du petit écran, jusqu'où la frontière entre vrai et faux peut-elle être mise à mal ? Phoenix pousse même l'actor-studio dans ses retranchements ultimes, où la transformation physique touche au chant du cygne. Il semble détester DiCaprio, adulé de tous. Plus fascinant encore, le regard de Casey Affleck, toujours présent, jusqu'au bout. Impossible de savoir ce qu'il a mis en scène. Impossible de voir qui était tenu au courant. I'm Still Here ne donne aucune réponse. Il explore des pistes, redéfini les canons de la narration à l'instar d'un Alain Cavalier. C'est stupéfiant, un peu malsain mais indispensable.

 

I'm still Here, de Casey Affleck, avec Joaquin Phoenix, Casey Affleck, Jack Nicholson (U.S.A., 1h48, 2011)

 

Sortie le 13 juillet

 

La bande-annonce de I'm Still Here -The Lost Year of Joaquin Phoenix :

 


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Published by alexandre mathis - dans sortie en 2011
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commentaires

Bruce Kraft 26/06/2011 22:15



Pour Cavalier je trouvais ça bien de parler de lui étant donné qu'on le met (enfin!!) sur le devant de la scène. Non pas que je connaisse son travail mais plus sa manière de travailler et sa
vision du cinéma.



alexandre mathis 27/06/2011 00:32



il faut dire qu'il est à part dans le paysage cinématographique. d'ailleures j'ai publié ma critique entre un film pour gonzesses et Transformers 3. Le grand écart ça s'appelle ^^



Bruce Kraft 21/06/2011 21:50



Voilà un acteur jusqu'au boutiste comme j'aime!! énorme performance car je suivais ses pérégrinations depuis son "départ" d'Hollywood et ça me faisait halluciner!!


Bien joué de parler d'Alain Cavalier en ce moment!! ;)



alexandre mathis 21/06/2011 22:16



moi aussi j'ai suivi ça, je le trouve dingue !


pour Cavalier, c'est pas pour faire genre, de ce que j'ai vu de son dernier film, ça a de vrais points communs (j'en reparle bientôt). ;)



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