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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 21:24

Sur les traces de Butch Cassidy

 

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En inventant une autre fin de vie à Butch Cassidy, Mateo Gil signe une lettre d'adieu aux bandits du grand Ouest et un appel à la modernité.

 

Devant l'éternelle renaissance du western en ce début de XXIe siècle, Mateo Gil, scénariste de renom pour Amenábar (Tesis, Ouvre les yeux puis son remake de Cameron Crowe Vanilla Sky), offre une proposition intéressante. Armé de la figure mythique Butch Cassidy, il hypothèse une fin de vie différente pour le bandit. Les recherches archéologiques conduisirent une remise en question de la date de mort de Butch Cassidy. Les ossements prétendument à lui datant de 1908 ne lui appartiendraient pas. Gil imagine alors un exil en Bolivie sous le nom de James Blackthorn. Il s'y cache depuis vingt ans et prépare un retour en forme d'adieu au pays de l'oncle Sam.

 

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Un peu à contre-courant du western contemplatif type La dernière piste ouL'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, Blackthorn se construit néanmoins en opposition à l'un des films phare Peckimpah : La horde sauvage. Il embrasse le même thème du contemporain mais lui offre une douceur plus palpable. La violence n'a rien de centrale dans ce Blackthorn, contrairement à La Horde Sauvage. La modernité se retrouve surtout dans le décalage de Butch et de son meilleur ennemi Makinley. Le premier n'a pas conscience que le XXème siècle a sonné le glas du far-west quand le second a abandonné ce jeu de chat en sombrant dans l'alcool. S'interpose le passionnant personnage d'Eduardo, jeune loup cherchant à voler les richesses d'un propriétaire de mine puissant.

 

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La chevauchée forcée d'Eduardo et de Blackthorn ouvre la voie à une prise de conscience. Au contact d'un voleur sympathique, le vieil héros prend la mesure de l’apaisement intérieur. Le travail épistolaire sert de démonstration paradoxale à un héros terré (personne ne connaît sa véritable identité) qui veut refaire surface. Les flashbacks de son passé de malicieux bandit du far-west attestent de cette thèse du pur héros. Là où la mode est au anti-héros sardonique- True Grit avec Jeff Bridges l'a encore prouvé en début d'année- Sam Shepard incarne un Butch tendre dans son allure. C'est dans son travail d’interprétation que recèle la plus fascinante part du film. Rien de forcé, rien de superficiel. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas un animal blessé capable de mordre. On oublie tous les anciens Butch et Blackthorn devient une personne à part.

 

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Mateo Gil en profite pour glisser un message sur la modernité et à l'autodétermination des peuples. La loi du plus fort n'a rien de reluisante. Pis, dans un final que nous ne pouvons pas révéler, la spoliation des travailleurs apparaît comme honteux au regard de la société et des élites armées. Si bien que le politique s'ancre malicieusement, aussi bien au sujet des États-Unis que de la Bolivie. Reste les grands espaces sud-américains qui offrent un cadre magnifique aux aventures arides du film. Verdures montagnardes et cabane perdue suffisent au bonheur de Blackthorn. Les courses poursuites en plein désert, fatales aux chevaux changent le programme du retour à la vie de Butch Cassidy. Épopée enivrante, le dernier souffle de bravoure d'une figure de l'Amérique se nourrit du monde en mutation.

 

Blackthorn la dernière chevauhée de Butch Cassidy, de Mateo Gil, avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Stephen Rea (Esp., 1h38, 2011)

 

Sortie le 31 août

 

La bande-annonce de Blackthorn :

 

 

 

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Published by alexandre mathis - dans sortie en 2011
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