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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 17:44

Le carnaval des animaux

 

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Le récit initiatique d'un jeune faon aura marqué le cinéma par sa poésie et le traumatisme qu'il crée. Petite replongée dans l'un des plus grands Disney. En comptine bien sûr.

 

Il était une fois Bambi. Un petit être de la nature, fragile et timide. Bambi, comme tout enfant, prend conscience de l'environnement en grandissant. Il naît tel un prince, où tous les proches sont aux petits soins. L'enfant-roi se dresse de ses pattes frêles et épate son monde. Le faon inaugure un nouveau cycle, rythmé par les saisons, ses joies et ses risques. Il faut d'abord apprendre à regarder son congénère, lapin farceur comme Pan Pan, cerf respecté de tous ou hiboux acariâtre. Le regard enamouré de la forêt résonne comme un appel à la Fable. Bambi ne le sait pas mais il est comme un enfant sauvage. Une créature naturelle mais créée ici à l'image de l'Homme.

 

Le jeune garçon apprend alors à parler et chahuter, découvre les fleurs et les moineaux. Les petites pattes apprivoisent la neige et la glace. Le nez remuant se frotte aux herbes. L'estomac résiste à la disette hivernale. Le printemps, théâtre des rêves et des découvertes, initie Bambi au monde. Les allées escarpées des bois font place à la clairière. Ici un crapaud rigolo, là un joli petit canard visiblement frileux. De ce carnaval des animaux coule une musique quelque part en Camille de Saint-Saëns et Pierre et le Loup. Les vents soufflent sur les branches, le clapotis de l'eau par les feuilles mortes cadence l'automne. La Chanson du printemps initie en comptine l'appel au monde. Les voix scandent la douceur de la nature. Ne manquent plus que les pas des éléphants sur les tambours.

article bambi 3

Plus âgé, Bambi profite du printemps pour y découvrir l'amour. Nouveau périple plus enivrant encore. Celui où le monde s'efface pour se faire terre de nuages. « Mon ami Pan Pan, prête moi ta plume pour lui écrire un mot » semble demander Bambi, hébété devant sa Féline. Mais le jeune lapin n'est plus là, accaparé par sa fée des bois. Fantasia et Bambi forment un ensemble philharmonique ; une ode à la découverte des sens. Ces animaux parlent, comme l'oiseau dialogue avec Pierre chez Prokofiev.

 

La mort de la mère, en hors-champ (cadre) et en plein champ (clairière), reste un traumatisme majeur. Les flocons jouent les parasites pour ajouter à la confusion du jeune faon qui ressort groggy de ce drame. La violence des chasseurs n'avait pas trouvé pareille terreur depuis La mort du Loup d'Alfred de Vigny. Les coups de fusils pleuvent et les perdrix y laissent des plumes. Les gazouillements laissent place aux aboiements de chiens aux crocs acérés. Les trompettes de la mort trépassent face aux cors de chasse. Le calme des hôtes de ces bois se voit troublé par le pas broyeur de l'Homme.

article-bambi-2.jpg

 

« Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon. »*

 

De Vigny ne se doutait pas que Bambi subirait un vrai incendie. Cataclysme suprême. Les flammes dévorent les arbres. La rougeur incandescente réduit en cendre ce qui auparavant brillait de ses variations fruitées d'ocre, d'azur ou d'ambre. Bambi, jeune cerf, y apprend le courage et le sens du sacrifice. Fier comme son père, il se dresse désormais du haut de la colline pour y apercevoir son royaume. Le petit monde sauvage survit à l'incendie géant en se réfugiant au plus profond de la forêt. Un îlot fait office d'arche de Noé en attendant que la verdure ne reprenne ses droits. Un cycle redémarre. Une nouvelle génération arrive. Et les enfants qui découvrirent cette fable extatique la montreront un jour aux petits faons de leur foyer.

 

Bambi de Walt Disney et David Hand (U.S.A., 1h08, 1942)

 

* La mort du Loup, Alfred de Vigny

 

Un extrait de Bambi :

 

 

 

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Published by alexandre mathis - dans les années 1930-1949
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