Partager l'article ! Bright Star : étoile frileuse: La passion dévorante du poète John Keats pour la fraiche Fanny Brawne. 2 heures de longue ...
La passion dévorante du poète John Keats pour la fraiche Fanny Brawne. 2 heures de longues pérégrinations sentimentales plus qu'ennuyeuses.
On connait tous Jane Campion avec sa très célèbre Leçon de Piano, palme d'or en 1993. Mais hormis ça, il faut bien avouer que nous sommes bien nombreux (en tout cas c'est mon cas) à ne pas franchement se passionner pour le travail de la néo-zélandaise. En ce début d'année glacial, Bright Star essaie de nous réchauffer le cœur avec l'histoire du poète romantique John Keats. Parsemé de ses écrits aux vers si doux à l'oreille, on nous conte son histoire d'amour pour Fanny Brawne.

La traduction des poèmes de ce grand auteur du début du XXème siècle perd de sa superbe écrit en français, mais la douceur de ses mots caresse agréablement le tympan. Problème : Campion tombe dans l'écueil de l'histoire niaise, où une fugace envolée lyrique alourdit considérablement un sujet délicat. Cette manie de montrer des personnages empruntés où chaque geste se doit d'être aussi délicat que le maniement d'un verre en cristal agace. Du coup, ça gémit, rit, pleure comme des ados amoureux. Toute la légèreté de l'auteur Keats est outrageusement utilisée pour une narration décevante. Même les (très) beaux plans de natures ou les visages d'Abbie Cornish (Fanny Brawne) et de Ben Whishaw (John Keats) n'adoucissent pas ce sentiment.

Bright Star est un film aussi ampoulé que l'époque qu'il conte, où la façon de se parler et de se comporter fatigue vite dans une intrigue du 7e art. Ça rappelle le décevant Orgueil et Préjugés. Les rôles principaux s'en sortent plutôt bien pour nous faire adhérer à leur amour, mais tous les protagonistes gravitant autour sont énervants tant ils jouent mal. Face à une mise en scène sirupeuse et le décalage entre la légèreté des poèmes et l'emphase du reste des dialogues, on ne peut que regretter que le talentueux John Keats est eu droit à son film. La délicatesse de ses vers racontait tellement mieux cet amour si fragile.
Bright Star, de Jane Campion avec Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider (II) (britannique, 1h59, 2010)
La bande-annonce de Bright Star ci-dessous :
A fuir !
Pas Mal.
Indispensable !
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