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Eric est postier, est paumé dans sa vie et n'a d'yeux que pour son dieu: Eric Cantona. Il l'imagine alors le conseiller. Un film (trop) léger du vieillissant Ken Loach.
Ken Loach a toujours aimé s'attacher aux petites gens, à raconter l'histoire tragique du quotidien. Avec Looking for Eric, il delaisse pourtant le côté dramatique pour qu'un vent de légèreté se lève. Eric Bishop a une petite vie de postier tristounette. Il ne gère plus ses deux beaux-fils, ne s'est jamais remis de sa séparation de sa première femme. Le film commence plutot bien ave un portrait naissant d'une angleterre grisonnante, maurose, qui ne cherche la fête et son salut qu'à travers le foot.
Loach imagine alors une thérapie pour son postier (pas Besancenot, son soutien politique officiel). Eric n'admire qu'un homme: Cantona. Pour les cro-magnons qui ne connaitraient pas le « king Eric », disons simplement que c'est l'un des plus grands footballeur de l'histoire, au coeur et à la gueule grande comme ça, et que même si l'on est pas d'accord avec lui, on n'ose pas le dire trop fort. Canto, c'est aussi un accent français du Sud terrible, un sens du spectacle magnifique et l'inspirateur de nombreuses vocations. La nouvelle vocation de ce dernier est le cinéma. Il joue dans ce film son propre personnage imaginé par le postier. Il ne parle que par proverbes, par enigmes. Cantona acteur n'est certes pas aussi génial que le sportif mais il se caricature avec talent et drôlerie (le fameux « I'm not a man, i am Cantona » est déjà culte). Un bon début. Pour tous, Canto n'est que dans l'esprit de Bishop, mais pour ce dernier, il est son conseiller. Avec ce support, il ose changer sa vie.
C'est dans cette deuxième partie du film que Looking for Eric perd pied. Le héros se noie dans une sorte de rédomption christique assez étonnante de la part du réalisateur trotskiste. Ce n'est ni vraiment drôle, ni vraiment touchant. Canto disparaît presque de l'écran au fur et à mesure que Bishop se débrouille par lui même. Pourquoi ne pas parler plus de l'univers social du football, de sa corruption, de sa face sombre. Tout juste est-ce évoqué lors d'une scène où des supporters dans un pub déplorent un Manshester United coupé de son origine ouvrière. On aurait aimé, à la manière des Virtuoses qui comptait la survie de mineurs des années 60 à travers le brass band, un lien plus fort travail/football. Du coup, la dernière demi-heure cherche une issue logique à son histoire sans jamais nous apporter grand chose. Si tous les acteurs sont plutôt bon, on ne retiendra que l'amour sans faille et l'admiration infinie du réalisateur pour le « King Eric ». Mais avait-on besoin d'un film pour le comprendre ?
Looking for Eric, de Ken Loach, avec Steve Evets, Eric Cantona, Stephanie Bishop (G.B., Fra., It.,
Bel., 1h59, 2008)
La Bande-annonce de Looking for Eric ci-dessous:
A fuir !
Pas Mal.
Indispensable !
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